Stéphane Christidis : "La défaite fait grandir"

Associé à Emmanuel Dyen, Stéphane Christidis sera l'un des sérieux prétendants au podium en 49er. À Weymouth, site olympique situé à 175 km au sud-ouest de Londres, ce pur produit de l'École de voile municipale de Cagnes-sur-Mer sera également le "capitaine" de l'équipe de France. Entretien avec un garçon dans le vent.

Vous disputerez les Jeux pour la deuxième fois dans quelques semaines. On a lu que vous aviez l'impression d'avoir été spectateur à Athènes…

Oui, c'est un peu ça. Même si sur l'eau, j'étais à fond, le contexte était différent. J'avais 23 ans et obtenir la sélection pour les Jeux représentait déjà une victoire pour moi. Et puis cela ne faisait que deux ans que je naviguais sur 49er. On avait terminé onzièmes.

Pourquoi avoir opté pour ce support, après avoir couru en 420 puis en 470 ?

Déjà, le 49er est plus adapté à ma taille. Je fais 1,92 m alors en 470, j'avais un peu les genoux derrière les oreilles (il se marre). À l'époque, mon barreur (l'Antibois Nicolas Charbonnier) a voulu changer de projet, à mi-olympiade. En 49er, la France était un peu à la peine dans cette catégorie. J'ai été associé à Marc Audineau, qui avait déjà de l'expérience dans cette série.

Le 49er, c'est un bateau plus particulier ?

Oui, personnellement, je trouve que c'est la série olympique la plus fun. C'est un bateau à coque planante, on n'est jamais assis. Il ne participe aux Jeux que depuis Sydney 2000, alors le matériel évolue encore. Avec plus de recul, on a pu le rendre plus léger et mieux équilibré. Aujourd'hui, la coque pèse 94 kg et fait 5 mètres de long. Niveau vitesse, on peut apprendre 25 nœuds (environ 46 km/h).

L'hiver dernier, vous aviez souffert aux Mondiaux de Perth (18e place). Cette contre-performance a-t-elle modifié votre mode de préparation ?

Non, parce qu'on avait quand même bien bossé avant ces Mondiaux. Comme Manu (Dyen) revenait d'une blessure à l'épaule, on avait décidé d'arriver plus tôt en Australie et de participer au championnat national pour se remettre en jambes. Il s'est écoulé quinze jours avant d'arriver aux Mondiaux. On essayait de couper, mais inconsciemment on était déjà dans la compétition. On est quand même sortis deuxièmes des qualifs, puisse on a baissé de régime.

La suite de votre saison a été nettement plus encourageante…

Voilà, pour le moment, on est super contents de ce qu'on a fait. Il y a eu la victoire lors de la Semaine olympique de Hyères, une deuxième place à Palma de Majorque en coupe du monde. Aux Mondiaux 2012 à Zadar (Croatie, début mai), on finit troisièmes ex æquo. Le résultat de la dernière manche a fait la différence, en notre défaveur.

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