Monaco Europa Cup - Laser : Retour gagnant

En décembre, le Yacht Club de Monaco a organisé une étape de l'Europa Cup - Laser. Un événement pour la Principauté qui n'avait plus accueilli de compétition de cette catégorie depuis près de 20 ans.

Des Lasers sur le plan d'eau monégasque. L'image est loin d'être inhabituelle. Les jeunes régatiers de la section sportive du Yacht Club l'arpentent fréquemment lors de leurs sessions d'entraînements. En ce dimanche ensoleillé de début décembre, pourtant, c'est toute une flottille, de surcroît en compétition, que l'on apercevait au pied de la Principauté. 

20161204 Laser Mesi 054

Une première depuis bien longtemps en mer princière qui n’avait plus accueilli de régates de Lasers depuis 1999, ni d'étapes de l’Europa Cup depuis 1996. "Nous avions décidé de s'orienter vers d'autres genres de manifestations. C'était un choix sportif", explique Damien Desprat-Lerale, le représentant de la Principauté lors des épreuves de voile aux Jo de Londres, qui est désormais responsable compétition au sein de la section sportive du Yacht Club. "Mais depuis que nous avons ce merveilleux bâtiment, nous essayons d'organiser un maximum d'événements sportifs. Nous avons ainsi recréé notre activité avec des classes qui nous sont chères : les J70, les Melges 20 et les Smeralda, que nous continuons à développer car la formule a pris en hiver. Du coup, on a décidé de tenter notre retour sur les classes olympiques, dont le Laser."

Dans le Top 5

Si la volonté était bel et bien présente, l'organisation de cette étape s’est faite, elle, un peu par hasard. "Nous avons des connexions avec l'Eurilca (European Region of ILCA - International Laser Class Association)", explique Damien Desprat-Lerale, qui est par ailleurs district manager au sein de l'association européenne. "La régate n'était pas prévue chez nous au départ. Nous l'avons récupérée car un pays organisateur s'est désisté. Il faut dire que nous avons la faculté de rapidement structurer les choses. Quand on nous a sollicité, la question ne s'est pas posée très longtemps. Et pour une première, depuis si longtemps, ça a été une belle réussite." 

20161202laser Mesi 033

Ainsi, 230 régatiers venus de onze pays d'Europe, ont participé à cette étape, qui ne fut inscrite au programme du circuit que l'été dernier. Un succès auquel ne s'attendait pas forcément le responsable compétition du club. "Ça tombait sur des dates où il n'y avait pas de vacances scolaires donc ce n'était pas forcément évident. Mais je suis persuadé que la Principauté attire dans ce genre d'événements" souligne le district manager pour qui ce retour "entre dans le top 5 de la participation aux Europa Cup. Cela représente même la 4e participation en nombre de participants sur cette année, ainsi que sur les trois dernières". Un classement non négligeable quand on sait que le circuit comptait jusqu'à cette année 20 étapes disséminées aux quatre coins du continent…

Du familial à l'international

Mais au-delà même du pouvoir d'attraction de Monaco, il faut dire également que ce dériveur en solitaire d'un peu plus de 4m de long, créé dans les années 70, connaît un engouement qui ne s'est jamais démenti. "C'est un bateau référence, un bateau école", confie Damien Desprat-Lerale. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il maîtrise son sujet. Sa carrière, il l'a menée pendant de nombreuses années en Laser, jusqu'à Londres où il a repr senté les couleurs de la Principauté lors des Jeux Olympiques de 2012, avant de prendre sa retraite une année plus tard. Son embarcation de prédilection, il la connaît sur le bout des doigts et transmet maintenant sa passion et son expérience aux nouvelles générations de régatiers. "C'est un bateau très formateur car on fait tout, tout seul : à la fois barrer, régler vos voiles, décider où aller ou ne pas aller. Tout le monde a le même bateau, venu du même constructeur. La différence ne se fera pas sur le matériel, même si on peut travailler sur les formes des voiles, les réglages du bateau. C'est véritablement la personne à bord qui va faire toute la différence", précise l'expert. "C'est enrichissant car vous êtes obligés de vous remettre en question pour progresser. Et quand vous êtes confrontés aux meilleurs, qui font eux aussi des erreurs, il faut les comprendre et savoir les exploiter".

20161204 Laser Mesi 070

En plus d'être formateur, ce bateau convient à tout âge, aux petits comme grands, mais également à tous les gabarits. C'est d'ailleurs ce qui fait le succès de ce dériveur monotype. "C'est aussi bien familial que d'un niveau international", confirme l’ancien sportif qui, sur le plan d'eau ce week-end là, retrouvait un ancien sociétaire du Club, Thierry Peyre, déjà présent lors de la dernière régate hivernale de Laser en 1999, qui naviguait en senior, aux côtés de ses enfants Manon et Théo engagés en 4.7. 

Destinée initialement aux adultes, cette classe touche aujourd'hui un large public grâce à la création, au fil des années, de plusieurs déclinaisons. "C'est la même coque, seule la taille de la voile change, ainsi celle du mât pour correspondre à un âge et à un gabarit de nos jeunes". Le 4.7 pour les plus jeunes, idéal pour ceux dont la taille ne leur permet plus de naviguer en Optimist et qui souhaitent continuer à progresser. Vient ensuite le Radial pour les adolescents et les femmes, pour qui ce format est olympique, et enfin le Standard pour les hommes. "Si leur gabarit ne dépasse pas les 72 kg, les jeunes hommes restent sur le Radial qui n'est pas olympique pour eux", souligne Damien Desprat-Lerale. "Par contre, ils se confrontent à des femmes qui, elles, peuvent participer aux Jeux. C'est très motivant pour tous. Les femmes sont obligées de s'accrocher physiquement aux hommes et les hommes sont d’autant plus motivés pour pousser tout le monde vers l'avant. C'est un bon concept". D'autant que si la discipline peut se commencer tôt, "dès 12-13 ans", ses adeptes n'arrivent réellement à maturité que "vers les 28-30 ans". En 2012, l'athlète monégasque avait d'ailleurs 38 ans. Et ce n'était pas le plus ancien. "C'est plus tardif chez nous car on mélange à la fois le physique et l'aspect tactique, ce qui fait que l'on a besoin d'expérience. C'est un jeu d'échec en trois dimensions."

La nouvelle génération en action

Si la manifestation a battu des records de participation, elle a également attiré du beau monde. "On avait quelques concurrents qui font partie des équipes nationales. Le niveau était quand même assez élevé. C'est un peu une répétition pour tout le monde en vue des échéances de fin d'année. Et pouvoir rencontrer des athlètes qui vont ou ont déjà participé aux JO, cela représente quand même une certaine motivation pour les plus jeunes, comme pour les plus expérimentés, qui ont envie de se frotter au haut niveau international"

20161204 Laser Mesi 043

D'ailleurs parmi eux figuraient bon nombre de jeunes issus de la section sportive du Yacht Club. Au total 13 régatiers qui se sont entraînés sans relâche trois fois par semaine depuis cet été. Du plus jeune, Dylan Casini, 12 ans, qui participait à sa première coupe d'Europe, à Alexandre Elhen, plutôt un passionné de catamaran, qui souhaitait revenir aux bases, seul sur une embarcation. On retrouvait également le Suisse Nicolas Rolaz, vainqueur d'une étape de l’Europa Cup en octobre, qui s'entraîne à l'année à Monaco. 

Notons par ailleurs le beau parcours de Jérémy Moutout, Monégasque de 17 ans, qui pratique le Laser depuis longtemps et s'était engagé cette année sur de nombreuses étapes du circuit, allant de l'Espagne au Portugal, en passant par l'Allemagne ou les Pays-Bas. L'investissement a d'ailleurs porté ses fruits puisqu'il remporte la Coupe d'Europe de Laser Radial 2016. Une première pour un marin de la Principauté ! Sa passion l'a même entraîné à l'autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande, à l'occasion du Youth Sailing World Championship qui se déroulait au lendemain de la Monaco Europa Cup. "C'est le premier aboutissement de sa carrière puisqu'il bascule cette année dans la discipline reine de l'olympisme. Il s'est donné les moyens d'y arriver", estime Damien Desprat-Lerale, qui voit en ce jeune Monégasque la relève qu'il attendait. 

20161203 Laser Mesi 099

Et côté résultats, les jeunes régatiers de la section sportive n'ont pas démérité puisque deux d'entre eux ont fini dans le top 10. Jérémy Moutout décrochant la 6e place, avec Nicolas Rolaz sur les talons en 8e position. Alors que la première journée de régate a été annulée faute de vent, les conditions changeantes de vent le samedi et la très belle journée du dimanche ont donné à tous l'occasion de prouver leur adresse et leurs capacités d'adaptation. "On a eu toutes les conditions de vent, tout le monde y a trouvé son compte", souligne le responsable compétition. Retour réussi !

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos
Photo_thumb_20161203_laser_mesi_111

Jérémy Moutout remporte la coupe d'Europe de Laser Radial 2016.

La saison 2016 a été couronnée de succès pour le jeune régatier de la section sportive, Jérémy Moutout, qui a terminé l’année en tête du classement annuel Europa Cup, composé de 20 étapes, et devant plus de 558 concurrents (34 nationalités). Le Monégasque, âgé de 17 ans, va désormais poursuivre l’aventure en Laser Standard, dériveur solitaire olympique pour les hommes.