Cannes international triathlon : Faure et Morel s'imposent

Embarqué sur le Cannes international triathlon

Deux distances, un bon millier d'engagés, de nombreux spectateurs et une ambiance digne d'une épreuve déjà bien rodé. Retour sur une matinée rythmée lors de la première édition du Cannes international triathlon.

7 heures du matin

Les clubbers invétérés ont déserté depuis longtemps le dancefloor du Bâoli. A quelques pas de là, ça s'active sacrément. Une autre population, moins embrumée, a pris place aux abords du square Verdun. 

Dans une heure, ce sera le moment de se jeter à l'eau, littéralement. En attendant, les concurrents du parcours L (2 kilomètres de natation, 80 km de vélo et 16 km de course à pied) se préparent et se font prendre en photos par leurs proches. Des proches qui ont le droit d'engloutir quelques viennoiseries en guise de petit déj'. Quand même plus sympa qu'un tube de gel énergétique…

7 h 30

La pression monte doucement, mais sûrement. C'est le moment d'enfiler sa combinaison. Et visiblement, pas question de faire preuve preuve de fantaisie : tenue en néoprène noire pour tout le monde et c'est (presque) parti.

Tandis que le speaker au débit survitaminé déroule le programme, quelques lêve-tôt égarés se rencardent sur la manifestation. "Ils vont nager où ? De là à là ? Ça parait court", lance un papy. L'équivalent de 40 longueurs dans une piscine olympique, ça doit quand même piquer un peu.

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7 h 45

Près du parc à vélo, une longue file se forme devant les WC chimiques. Le moment ou jamais. On contourne le groupe pour rejoindre Benoît, le motard qui nous mènera sur les routes de la partie cycliste de l'épreuve. 

Solide carrure, épaisse moustache, il nous attend en fumant un cigarillo à côté de sa Varadero. L'homme n'en est pas à sa première fois. A plusieurs reprises, il a suivi l'Ironman de Nice.

"Avec plusieurs amis, on est souvent présents sur les courses. On fait partie des Flying crapot's, un moto club basé à Antibes qui rassemble d'anciens sapeurs-pompiers", détaille Benoît.

8 heures

Agglutinés sur le sable, les triathlètes reçoivent le signal de départ. Le début de 4 heures (au mieux) d'effort. Les pros prennent les devants, tandis que les moins téméraires prennent un peu de recul pour éviter la foire d'empoigne.

Ceux qui, comme nous, sont restés sur le rivage, essayent de savoir ce qu'il se passe en tête de la meute. Et… c'est plutôt vague. Sans les précieux éclairages du commentateur embarqué sur un pneumatique, ce serait encore pire.

8 h 28

Après une première sortie à l'australienne (avec un passage sur le sable avant d'attaquer la deuxième boucle d'un kilomètre), un homme quitte la Méditerranée pour de bon. Il s'agit de de Robin Pasteur. Derrière, ça ne traîne pas. Tous les cadors se dépêchent d'enlever leur combi et de rejoindre leur bécane rutilante.

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8 h 45

Avec Benoît, on décide de se laisser décrocher et de remonter le peloton petit à petit. On laisse le Palm beach dans le rétro et on démarre tranquillement. Sur la voie rapide entre Cannes et Golfe-Juan, on trouve notre rythme de croisière. Les sportifs, eux, moulinent avec entrain. Sur la piste cyclable, quelques promeneurs tentent de les suivre un moment.

9 h 10

On fait une halte pour mieux observer les attitudes. Dans cette compétition qui mêle amateurs bien préparés et machines de guerre, on repère vite qui est qui. Tandis que certains glissent sur l'asphalte sans donner l'impression de souffrir, d'autres grimacent sévère au-dessus de leur guidon, notamment dans la montée casse-pattes vers la gare routière de Valbonne.

10 heures

Les écarts sont déjà conséquents. Sur la Honda de Benoît, on se faufile entre les différents groupes, alternant entre les dérivations paisibles et les accélérations rageuses. Pour la première fois de ma carrière, j'ai réussi à prendre des notes tout en roulant à moto. Jean-Paul Belmondo peut aller se rhabiller.

10 h 30

Opio, Le Rouret, Mougins, Châteauneuf-de-Grasse, Biot… On voit du paysage pendant que les triathlètes suent à grosses gouttes. D'ailleurs, il y en a un ou deux qui ne semblaient pas très heureux de nous voir les rattraper à l'aise sur notre grosse cylindrée. Du coup, on a dû éviter quelques pièges, comme ces bidons lancés sur la chaussée sans crier gare, telles des peaux de banane dans Mario Kart.

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10 h 45

Passage par les chemins pleins de nids de poule de Super Cannes. C'est bientôt le moment de poser le vélo. Parmi les premiers, on repère les favoris annoncés. En revanche, pas de trace d'Hervé Faure et Nicolas Fernandez, pourtant aperçus dans le groupe de tête peu de temps avant. Mystère.

11 heures

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Nous voilà de retour dans le centre névralgique du Cannes international triathlon. Les supporters ont tenu bon. Une partie d'entre eux a même participé à une course à pied de 8 km appelée "court métrage".

Embarqués dans l'ultime tranche de leur triple effort, les engagés du parcours L vont en parcourir le double. Les participants au format M, de leur côté, commencent à nager.

Les deux "disparus", Faure et Fernandez, ont été retrouvé. Partis sur le mauvais chemin, ils ont été arrêtés pendant deux minutes avant d'entamer la course à pied.

11 h 35

Cela fait déjà plusieurs minutes que le speaker fait monter l'ambiance sous le portique d'arrivée. Les pom pom girls l'accompagnent, les petits fours de l'espace VIP attendent sagement d'être dévorés.

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Après 3 h 36' 45" d'effort, Hervé Faure est le premier à couper la ligne. Pas d'effusion de joie pour ce spécialiste de l'Ironman (il s'est imposé à Nice, en 2005). Après une courte période de répit, le vainqueur du jour enchaîne par la case interview, mitraillé par une bonne rangée de photographes.

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12 h 09

La première féminine, Charlotte Morel, en termine. L'ancienne spécialiste des Coupes du monde (disputées sur courte distance) a réussi son baptême au long court. Elle savoure ce moment.

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Tandis que des hommes et des femmes en bavent encore (le dernier arrivé a mis 6 h 50' 20" pour venir à bout de son périple), les plus véloces foncent vers le village des partenaires, où un gigantesque repas les attendait. La solidarité ? Ok, mais pas devant l'assiette.

13 heures

Le leader du parcours M, Asa Shaw, est sur le point de décrocher la victoire. Pendant ce temps-là, Frederik van Lierde (quatrième sur le L), ambassadeur du Cannes international triathlon et véritable star de son sport (il a été sacré champion du monde à Hawaï en 2013 et a remporté les trois derniers Ironman de Nice), signe des autographes à tour de bras. 

La journée n'était pas encore terminée, mais les organisateurs pouvaient pousser un "ouf" de soulagement. Malgré un raté durant la partie vélo, la première édition de leur "bébé" avait de l'allure.

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