Charlotte Morel : "Un autre aspect du triathlon"

Ambassadrice du Cannes international triathlon, Charlotte Morel est à un tournant de sa carrière. A 25 ans, la native de Draguignan a décidé de s'aligner sur longue distance, où elle espère jouer les premiers rôles rapidement. Deux jours avant de lancer sa saison sur les plages de la pointe Croisette, elle nous livre ses impressions.

Son large sourire, ses performances et ses origines géographiques font de Charlotte Morel l'ambassadrice idéale pour la première édition du Cannes international triathlon. Un honneur que la Varoise partage avec le Belge Frederik van Lierde, vainqueur des trois des derniers Ironman de Nice et de la mythique épreuve d'Hawaï en 2013.

Pour Charlotte Morel, le rendez-vous cannois sera également synonyme de top départ dans sa saison. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'année 2014 est celle du changement pour la triathlète. Nouveau club, nouvelle distance, nouvelles ambitions…


Comment s'est déroulée votre préparation hivernale ?

J'ai connu une période un peu difficile, parce que je me suis blessée en course à pied. Je suis relativement fragile au niveau osseux, mon fémur a été touché. A cause de ça, j'ai dû couper pendant un mois. Pour le moment, je n'ai pas pu rattraper ce retard. Et même si je vais donner le maximum, je n'arriverai pas au top à Cannes. L'épreuve compte 16 kilomètres de course à pied. Sur le bitume, ça risque d'être assez violent pour moi, je resterai prudente.

Jusqu'alors, vous vous entraîniez au Creps de Boulouris, avec le Pôle France. Pourquoi avoir décidé de changer de structure ?

Je crois que j'avais besoin de me tourner vers quelque chose de différent, de rejoindre un nouveau groupe. Cela faisait huit ans que j'étais au Creps. On était de moins en moins nombreux, ce n'était pas évident de trouver les ressources pour se remotiver.

Maintenant, vous vous préparez avec Saint-Raphaël triathlon…

Oui, et je m'y plais bien. On a fait un stage de deux semaines aux Canaries.  Je suis dans un super groupe, je sens qu'il y a une vraie dynamique, avec un entraîneur (Morgan Steinackre) qui est déterminé. Avec moi, il y a Anne Tabarant, une autre Française très performante. C'est une bonne chose, c'est plutôt rare de pouvoir s'entraîner avec une autre fille de ce niveau.

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En 2013, vous avez terminé à trois reprises sur les podiums européens et vous avez également décroché une troisième place en Coupe du monde. Pourquoi abandonner la courte distance ?

Ça faisait à peu près six ans que j'étais sur le circuit international. Même si j'avais atteint un très bon niveau, je commençais à m'essouffler. Bien sûr, j'aurais aimé faire les Jeux olympiques, c'était mon objectif. Mais à chaque fois que j'avais l'impression d'avoir franchi une étape, les exigences fédérales étaient toujours plus grandes.

A Cannes, vous serez alignée sur le parcours L (2 km de natation, 80 km de vélo et 16 km de course à pied). Quel regard portez-vous sur cette nouvelle épreuve ?

Ça s'annonce bien. Je vais me plonger dans une autre ambiance. Sur longue distance, on côtoie la masse, sans dénigrer personne. C'est un autre aspect du triathlon, avec plus de contacts et d'échanges que sur les Coupes du monde. L'événement a une belle image, la ville est aussi très belle. Je suis ravie d'être ambassadrice, d'autant plus qu'il s'agit de la première édition.

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La semaine dernière, vous avez effectué la reconnaissance du parcours vélo. Votre avis ?

Le parcours est vallonné et difficile, c'est une bonne chose pour moi, je suis plus forte dans ce contexte que sur un tracé plus roulant. Après, je trouve un peu dommage qu'on ne puisse pas un peu plus profiter des paysages de l'arrière-pays, qui sont plus jolis que certaines zones industrielles qu'on traverse. Mais je sais bien que les autorisations sont difficiles à obtenir, surtout quand on passe parfois d'un département à l'autre.

Vous prendrez le départ avec votre compagnon, Frédéric Belaubre. Est-ce un atout de partager sa vie avec un triathlète ?

Oui, vraiment. Parce qu'à part lui et ma famille, il n'y a pas grand monde qui comprend ce que je fais, pourquoi je m'entraîne 30 heures par semaine… Même s'il faut garder du temps pour les loisirs, je n'ai pas toujours l'énergie suffisante pour sortir ou faire la fête. Avec Frédéric, on a le même rythme. On s'entraîne ensemble, on se soutient. Là, on participera à la course avec mon frère, Jérémy. Lui, c'est encore un novice. Il s'y est mis il y a deux ans, j'ai dû lui donner envie d'essayer.

Après Cannes, quelles seront vos prochaines échéances ?

Déjà, je vais pas mal travailler la course à pied pour rattraper le temps perdu. Puis le 4 mai, je serai au triathlon du Cap Sicié. La semaine suivante, je ferai peut-être celui de Toulon. Après, il y aura les Grands prix de Division 1. Mon objectif principal, ce sera le championnat de France longue distance, début juillet.


Reconnaissance du parcours natation
et séance de dédicace demain

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