Surfin' Méditerranée

Mode de vie

Des riders tout-terrain, qui s'éclatent sur les pistes enneigées du département dès qu'ils le peuvent, qui conservent une certaine nostalgie pour leurs vieilles planches de skate aussi. 

"Le surf, c'est vraiment un mode de vie. Il y a pas mal de thèmes autour de ça, comme le yoga, l'écologie ou la musique", explique Jérémy, qui arbore un inévitable "boardshort". 

Un vocabulaire technique indéchiffrable pour le profane (le swell, le leash, le shore break, ça vous parle ?), une propension à faire des signes avec les doigts quand ils tapent la pose, un look en décalage total avec les branchouilles de la Côte : la famille surf se situe volontiers à la marge, entièrement dédiée à sa passion.

"Les périodes où il se passe presque deux mois sans qu'il y ait de vague, c'est dur, vraiment. Certains n'en peuvent plus et partent vers les Landes. Là, je suis au repos forcé à cause d'une opération des ligaments croisés. Je tiens pas en place, tu peux me croire ! Je vais passer six mois en rééducation au CERS de Boulouris, sans toucher l'eau…", fulmine Jérémy. 

A une époque, ce touche-à-tout avait même réussi à mêler sa vie professionnelle avec son sport de prédilection, comme son meilleur ami, Sébastien Zanella, qui a lancé Desillusion magazine, une revue au graphisme soigné. 

Pendant sept ans, il avait fait d'un petit bar de Juan-les-Pins, l'Iguana café, le QG de tous les amateurs de glisse. "Mon pote Tom Frager, qui est surfeur et musicien, venait souvent faire des concerts. Tous les gars venaient nous voir. On partageait nos passions, nos délires, les groupies. C'était une bonne époque !"

Chasse gardée

Face à la moue ironique de leurs homologues de l'Atlantique, qui appellent la Grande bleue "le lac", la famille azuréenne reste stoïque. Les riders, fiers de leurs terres, sont aussi peu diserts quand il s'agit d'évoquer leurs "spots". 

"On essaye de ne pas en parler à tout le monde non plus. On a fait en sorte que ce soit le moins médiatisé possible dans les magazines. D'ailleurs, là je t'en parle, mais bon…" 

On sent qu'au moindre faux pas, on finira la tête sous l'eau. Et on ne serait pas les premiers à constater l'énergie que déploient les Sudistes pour conserver leur terrain de jeu vierge. 

"On va dire qu'il y a une mentalité spéciale, qui peut parfois tourner au localisme. Mais on veut préserver ces endroits. Alors, oui, on peut dire qu'on surfe à Cannes, à Villefranche, à Hyères, en Corse ou du côté de Vintimille et San Remo. Mais on ne donne pas tout", expose Jérémy.

Au creux de la vague, il y a tout autant de codes à respecter. Et quand des petits nouveaux grillent la politesse aux "anciens", ils se font reprendre de volée illico. "Quand tu prends une vague, il faut regarder autour de toi, il y a des priorités. Quand tu "taxes" une fois, ça va. Après… Certains en viennent aux mains, mais c'est rare."

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