Monte-Carlo : un jour sur terre…

Pendant la semaine monégasque, le spectacle est sur les terrains. Mais tout ce qui se passe autour fait partie intégrante de la réussite d'un tournoi à l'atmosphère particulière.

Du sport, du glam', de la sueur, de l'élegance, de la passion de l'émotion. Monte-Carlo, c'est un peu tout ça à la fois. L'étonnant mélange entre le sport, le raffinement et la ferveur populaire. Pendant que certains vont faire quelques emplettes dans la boutique éphémère ouverte par Rolex, sponsor titre du tournoi, d'autres déambulent avec leur casse-croute préparé à la maison. Le plus drôle dans tout ça ? C'est que les uns sont aussi heureux que les autres. La lutte des classes n'aura pas lieu sur la planète jaune.

A vrai dire, le soleil tape si fort qu'il serait quand même un peu déplacé de dépenser son énergie pour se faire la guerre. Chapeaux, casquettes, lunettes, programme de match. Tous les moyens sont bons pour éviter l'impact des rayons, parfois aussi dévastateurs qu'un coup droit de ce bon Rafa. 

Justement, à l'heure du repas, c'est au tour de l'Ibère d'entrer dans l'arène où il fut si souvent fait roi. Face à lui, l'Australien Marinko Matosevic. Sa particularité ? C'est d'avoir sorti un Espagnol (Fernando Verdasco) au tour précédent. Et, accessoirement, de se présenter sur le court central avec un t-shirt de la même couleur flashy que la feutrine des balles. Les fashionistas installées dans les loges prient saint Karl Lagerfeld de l'absoudre.

Le syndrome du Petit poucet

En tribune de presse, les discussions sont nettement plus pointues. Ou pas.

-  "Matosevic, ça vient d'où, ça ?" 
- "Il doit être Serbe ou Croate."
- "Ah ok. Mais il doit être un peu Serbe quand même."

On vous épargne les conseils pour ne pas voir sa peau prendre feu en tribunes, le meilleur moment pour aller se restaurer, les pronostics sur le temps que mettra Nadal pour renvoyer Matosevic à ses chères études…

Le public, lui, est plus concerné. Il souffre avec Matosevic, qui encaisse les coups sans jamais vraiment pouvoir les rendre. Lorsqu'il marque son premier point, dans le troisième jeu, la foule l'acclame comme s'il venait de remporter le trophée. Comme souvent, la foule prend fait et cause pour le challenger. L'Australien entre dans la combine et lève les bras au ciel après une amortie qui a laissé Nadal planté dans ses Nike.

Le premier set est expédié en 24 minutes (6-1 pour l'Espagnol). "Mato" change de t-shirt et opte pour une tunique vert pomme. Guère plus seyant. Nadal fait sauter son maillot pendant un changement de côté, les spectatrices se pâment devant le torse de buffle du gaillard. Le numéro 5 mondial ne la joue pas petit bras et enlève la deuxième manche 6-2. Des débuts en pente douce pour lui.

La chasse aux paraphes

De cette confrontation, certains n'auront pas perdu une miette. D'autres en revanche, auront du mal à la détailler ce soir en rentrant à la maison. Car Monte-Carlo est aussi un endroit où l'on "socialise", où l'on aime venir, sans spécialement être fondu de tennis. Incroyable, mais vrai. Dans les restaurants qui jouxtent les courts, le bruit des couverts en argent le dispute au bruit des balles smashées.

Les spectateurs qui n'ont pas de billet pour le court central naviguent entre le court des Princes, le n°2, le n°9 ou les surfaces dévolues à l'entraînement des joueurs. Là encore, le profane pourrait être surpris. Car entre les têtes d'affiche que sont Nadal, Djokovic et Federer (quand il est là) et les très bons joueurs, il y a un monde. La session matinale de Tomas Berdych, tête de série numéro 4, ne passionne pas outre mesure. 

Deux heures plus tard, ce sera une autre histoire avec l'arrivée de Djoko au même endroit. Un accueil digne d'une rock star pour le Serbe, escorté par des dizaines d'enfants en quête d'une signature sur leur balle géante. Les adultes ne sont pas en reste et les collectionneurs sont d'une patience à toute épreuve.

Del Potro ne lève pas le coude

Benoît Paire, en claquettes et en bermuda de touriste, est repéré par un petit groupe à la sortie du bâtiment des joueurs. En toute simplicité, il enchaînera les photos. Dans le village VIP, la même scène se reproduit. Entre la voiture de luxe exposée dans les allées et une formation de jazz qui déroule de la note bleue sous le cagnard, une grande carcasse apparaît. 

C'est celle de Juan Manuel del Potro, l'Argentin au service de tueur. Hors du terrain, le géant est moins intimidant. Il démarre une petite tournée des popotes mise sur pied par l'ATP, se rend chez plusieurs partenaires du circuit professionnel pour quelques photos-souvenir. Au stand Corona, il refusera poliment la bière proposée par ses hôtes. Mais il posera de bonne grâce avec les deux hôtesses graciles qui l'attendaient en robe jaune.

Ça chahute en salle de presse

Une atmosphère détendue qui est également de mise en salle de presse, où chacun décompresse entre deux sujets. Mais lorsque l'inévitable Rafael Nadal arrive pour raconter son match du jour, ça se tend. Les cameramen fusillent du regard les impétrants prêts à entrer par effraction dans leur cadre, les journalistes radio voient rouge quand leur captation est perturbée par des collègues à la langue bien pendue… Rassurez-vous, aucun reporter n'a été maltraité pour cette séquence.

Autour du rectangle d'ocre ou dans les allées, chacun aura ses petites histoires à raconter. Et au-delà des résultats, c'est peut-être ce qui fait le charme d'un jour sur terre (battue).

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