La decima pour Rafa

J'ai testé pour vous : Jeu, set et match

Durant cette dizaine, la lumière clémente de fin avril combinée à l’apparente aisance des stars du tennis nous a laissé une sensation indicible de faisabilité… voire de facilité. Profitant de l’aubaine que nous offrait le tournoi de la presse, nous avons donc décidé d’aller dompter cette petite balle jaune qui, finalement, ne paraissait pas si terrible. Nadal, Djokovic, Wawrinka, Federer… Dormez tranquille.

Le tennis peut-il s'avérer être une activité ludique, voire même drôle ? Une question assez légitime lorsqu'on regarde un match. Pas de bruit dans les tribunes, des spectateurs qui se tiennent à carreau, tout cela semble donc bien sérieux. Mais avec un peu d'autodérision et un esprit de franche camaraderie, tout devient tout de suite plus drôle. J'ai donc décidé de prendre part au tournoi de la presse. Idée un peu particulière vu que je n'ai pas tenu une raquette depuis 20 ans et que ma dernière expérience avait duré dans les deux heures. J'arrive donc le samedi 15 avril au Monte-Carlo Country Club pour le début du Masters 1 000. J'en profite pour prendre quelques infos sur l'autre tournoi auprès de Stephan Laforest de Minotty, attaché de presse à la Direction de la communication, responsable de l'organisation du tournoi de la presse. Je m'inscris sur la feuille de participation où je crois bon de noter un ø dans la case correspondant au niveau. Erreur, cela voudrait dire que je suis proche de décrocher mes premiers points ATP. J'écris donc nul à la place. Histoire que tout soit clair. Notre épreuve débute dans une semaine à partir de ce moment-là. 

Récupérer les équipements

A mesure que le D-Day approche, une question prédomine. Contre qui se jouera le premier tour ? Le tableau est réalisé de manière impartiale par l'organisation et il est difficile de savoir à l'avance qui sera la personne contre laquelle on jouera. Le vendredi, veille de nos prouesses sur l'ocre, il faut récupérer les tenues. En fin de journée. Stephan installe les sacs Tacchini (sponsor de notre tournoi) sur sa table. Chacun porte le nom de son destinataire. Il me donne le mien alors que je passe par là. J'y jette un œil, intrigué et y voit tout le nécessaire du tennisman. Ou presque. Il manque une dose de talent, un ingrédient qui m'aurait été d'une très utile le lendemain. 

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De retour chez moi, je déballe mes affaires. Un polo, un short, un bracelet éponge et une casquette constituent la dotation de l'équipementier. C'est alors qu'un extrait du documentaire Les Yeux dans les Bleus, de Stéphane Meunier, me revient en tête. On y voit Lilian Thuram dans sa chambre en compagnie de Bernard Diomède. Le latéral droit des Bleus, sort alors cette phrase devenue mythique, "Le but suprême de l'Équipe de France, c'est d'avoir une sélection et de toucher les équipements. Et si tu reviens plus c'est pas grave. Parce que tu auras touché les équipements." Une pensée qui trouve écho en moi à ce moment-là. 

Le ridicule ne tue pas, il fait rire

Samedi matin, arrivée 8h30. Photo officielle 15 minutes plus tard et les choses sérieuses débutent. Mon adversaire n'est autre que Manuel Vitali, mon ami photographe de la Direction de la communication. Le duel promet d'être épique. Bel hasard du tirage… La Spider-Cam devant recevoir quelques réglages, notre match débute avec un peu de retard. 

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De quoi me laisser le temps de taper quelques balles contre le mur. Et me rendre compte que tout sera très dur pour moi ce matin. Le match débute enfin. Les points sont (parfois) disputés, même si le style est loin d'être académique. Au service, ce n'est guère mieux. Je tente d'en faire un comme les pros, mais la balle reste dans le filet et j'y laisse une épaule. Ce sera à la cuillère, comme pouvait le faire Michael Chang. Mon adversaire, bien au-dessus de moi, me laisse pourtant quelques miettes. Rapidement, j'arrive à maîtriser, partiellement, entendons-nous bien, l'amorti. J'en use à outrance, poussant l'homme au catogan à quelques accélérations dès lors que j'arrive à doser ma balle. Mais je me retrouve rapidement en difficulté dès que cette dernière arrive trop vite. Sur l'une d'elles, ne voulant rien lâcher, je me retrouve à partir à grandes enjambées vers le fond de court pour la retourner. Si je réussis à toucher la balle, je n'arrive pas à stopper ma course et c'est finalement le mur du fond qui s'en charge. De quoi provoquer l'hilarité générale chez les observateurs présents sur notre court. 

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Cependant, je n'abdique pas, tout comme mon adversaire. Je vis chaque point marqué comme une victoire, mais la supercherie ne dure qu'un temps. Techniquement supérieur, Vitali me fait courir et me pousse dans mes retranchements. Sur l'une de ses balles, mes réflexes de footballeur reviennent et j'envoie une reprise de volée, pied droit. Étonné, mon opposant regarde la balle mourir dans le fond de court. Elle est bonne, mais le point n'est pas comptabilisé. Mené 12-8, j'essaie de rester dans le match, mais une ultime accélération de Manuel lui permet de conclure rapidement ce super tie-break en 15 points. Déçu mais pas abattu, je félicite mon adversaire et quitte le tournoi dès le premier tour. Mais une chose est sûre. Je vais m'entraîner et j'aurai ma revanche.

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