L'heure de l'ocre a sonné

Mischa et Alexander Zverev, jamais sans mon frère

Dix ans les séparent mais tous deux arpentent le circuit professionnel. On les retrouve souvent dans les même tournois, même s'ils ne se sont jamais affrontés. Ce qui ne les empêche pas de se défier autrement.

L'un va sur ses 31 ans en août quand l'autre fêtera ses 21 ans à l'avant-veille de la finale du Rolex Monte-Carlo Masters. Le plus jeune est 5e mondial et son aîné pointe à la 53e place du classement ATP. Les Allemands Mischa et Alexander Zverev vivent tous deux à Monaco et rêvent de croiser le fer en finale d'un tournoi.

Pourquoi avoir fait carrière dans le tennis ?

Mischa : Je suis né dedans puisque mes deux parents étaient joueurs. J'ai grandi en les regardant jouer et en passant énormément de temps autour du terrain. Je suis très vite tombé amoureux de ce jeu car je voulais faire comme eux. Pour moi, faire carrière dans le tennis a été tout ce qu'il y a de plus naturel. Aujourd'hui, je n'imaginerais pas ma vie sans lui. Je crois que pour mon frère ça a été la même chose, il a commencé naturellement, il a grandi en me regardant jouer, bref, ça fait partie de nous.

Alexander : C'était la chose la plus naturelle à suivre puisque nos deux parents ont été joueurs de tennis, ça coule dans nos veines.

Quel rôle jouez-vous l'un pour l'autre dans vos carrières respectives ? 

M : Question compliquée, mais je pense que je l'ai guidé puisqu'il a voyagé avec moi depuis tout jeune. Il a vu et expérimenté le tour depuis son plus jeune âge à travers ma carrière, il a connu les grands courts, les adversaires avant de commencer à jouer contre eux et je pense que cela a dû l'aider. Il n'a pas eu à le découvrir en se retrouvant de l'autre côté du filet face à un joueur pour la première fois. Il a vu comment je gagnais des matches et battais de bons joueurs, je pense que ça lui a montré la voie. J'essaie également de lui donner des conseils par-ci par-là, ayant été sur le tour 10 ans de plus que lui. Quant à moi aujourd'hui, j'apprends beaucoup de lui, surtout sur le terrain car il réussit vraiment bien, il est devenu un très bon joueur et un combattant exceptionnel.

A : J'ai suivi Mischa sur le tour depuis que je suis tout petit. Il m'a montré comment réussir et j'étais vraiment impatient de devenir joueur professionnel moi-même. J'espère que je l'ai incitéà revenir sur le tour après ses longues absences et blessures. 

Mischa, sans l'arrivée de votre frère sur le circuit, auriez-vous continué après votre période difficile liée à de multiples blessures ?

Je ne crois pas que j'aurais pu continuer, c'est lui qui m'a poussé, c'est lui qui m'a fait croire en moi, en mes capacités, et c'est lui qui m'a donné l'énergie de me remettre à jouer, de m'entraîner dur et le désir de redevenir compétitif. Il est sans aucun doute la raison pour laquelle je joue encore aujourd'hui.

Quel rôle jouent vos parents dans votre carrière ?

M : Ils sont tout pour nous, ils ne sont pas uniquement nos parents, ils sont nos entraîneurs, nos mentors, nos confidents et notre plus grand soutien. Ils sont les personnes les plus importantes dans nos vies et nos carrières.

A : Mes parents nous ont tout donné ainsi que l'opportunité de jouer au tennis. Ils ont toujours été là pour nous, appuyant nos choix sans pour autant nous pousser. 

La chose que vous aimeriez réaliser ensemble tennistiquement parlant ? 

M : Se jouer dans un grand match dans un gros tournoi. Une finale ou demie d'un grand tournoi, ça serait quelque chose que j'adorerais réaliser avec lui. Ça serait sympa aussi de gagner quelques titres en double ensemble.

A : Se jouer en finale d'un tournoi ATP. 

Vous avez deux tempéraments très opposés, avec un écart d'âge important, comment cela joue-t-il sur votre relation ? 

M : Je trouve que ce n'est pas mal du tout car on joue et on se lance des défis comme des enfants, mais nous avons également des conversations sérieuses. Nos rôles changent et ça nous permet d'avoir un regard différent sur les choses, c'est assez intéressant je trouve. Des fois, je suis son meilleur ami, son grand frère et parce qu'il réussit tellement bien c'est moi qui écoute ses conseils sur le court, il me pousse toujours à faire mieux.

A : Je crois que nous avons une relation normale de frères. On est là l'un pour l'autre, on se soutient mais on est également très compétitif entre nous dans tout ce que nous faisons. 

Mischa, emmenez-vous Alexander pêcher avec vous ? 

Oui ça m'arrive, on le fait essentiellement pendant la saison off quand on est à Saddlebrook (Floride), il y a pleins d'étangs où nous allons pêcher après l'entraînement.

La plus grande qualité de votre frère ? Et son défaut ? 

M : Sa plus grande qualité est qu'il est toujours là pour moi, à me motiver, me pousser à aller de l'avant, croire en moi et s'assurer que je donne tout. Ça peut également être son plus grand défaut parce que de manière générale, il ne s'arrête jamais, ne se repose jamais, il veut toujours faire plus et mieux, et ça lui arrive d'être trop dur avec lui-même. Vous pouvez appeler cela un défaut sans vraiment l'être. Je pense que c'est une qualité de grand champion et on va sans doute le voir très rapidement.

A : Mischa est très généreux et patient mais c'est un mauvais perdant, surtout lorsque je le bats dans n'importe quel jeu que nous faisons. 

Vous avez parlé des défisque vous vous lancez souvent. Il paraît que vous pouvez "devenir fous". C'est vrai ? Quels genre de défis vous lancez-vous ? Qui gagne le plus ?

M : Oui, on se défie tout le temps, sur tout et n'importe quoi, qui mange le plus, qui court le plus vite, qui arrive à soulever le plus lourd. Je n'ai aucune idée de qui gagne le plus, on se défie  tellement sur une semaine, un tournoi, un mois, qu'on ne compte pas...

A : On se lance beaucoup de défis, de tout, des paniers au basket, jeux vidéos…

Et sur Fifa ? 

M : Oui, on y jouait beaucoup mais je dois admettre que je perdais tellement qu'on y joue beaucoup moins (rires).

A : Oui aussi, mais maintenant, Mischa est marié et il a moins de temps pour ça.

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