L'heure de l'ocre a sonné

Marin Cilic, "Rendre ce qu'on m'a donné"

Sans bruit, Marin Cilic (29 ans) s'est invité dans le top 10. S'il entre et sort de ce classement pas si symbolique entre 2014 et 2016, il y est installé durablement depuis la fin 2016. Et l'année 2018 a bien commencé pour lui puisqu'il est actuellement 3e mondial.

Né en Bosnie-Herzégovine, de nationalité croate mais résidant à Monaco, Marin Cilic est plutôt discret, mais cela ne l'empêche pas d'agir en dehors des courts. Notamment à travers sa fondation.

Vous êtes très discret. C'est une caractéristique de votre personnalité ou est-ce une volonté de rester à l'abri des regards ?

C’est ma personnalité. Je viens d’une petite ville, d’une famille humble et tranquille, les gens qui me connaissent savent que je suis quelqu’un de plutôt discret et c’est vrai, dans ce monde virtuel de réseaux sociaux, je devrais peut-être en faire un peu plus et être plus ouvert au public.

On dit de vous que vous êtes un gros travailleur. Qu'est-ce qui vous pousse toujours à en faire plus ?

Avant toute chose, j’adore le tennis, j’adore ce que je fais et c’est le moteur qui me fait avancer. Ce qui est bien dans le tennis, c’est que vous pouvez progresser tous les jours et l’objectif majeur de ma carrière est de devenir le meilleur joueur possible. C’est ce qui me motive à travailler dur jour après jour.

Vous êtes aussi quelqu'un d'engagé. Qu'est-ce qui pousse un tennisman professionnel à organiser des événements caritatifs et à créer une fondation ?

En ce qui me concerne, je suis très reconnaissant d’avoir eu l’opportunité de jouer au tennis dès petit, tout d’abord grâce à mes parents qui m’ont fait connaitre ce jeu. Tout au long de mon parcours, grâce à mes résultats, d’autres opportunités se sont présentées à moi et m’ont permis de tenter ma chance sur le circuit professionnel. Pour moi, il était très important de rendre cela d’où le souhait d’avoir ma propre fondation.

Quel en est le but ?

Elle donne l’opportunité aux jeunes venant de milieux défavorisés qui n’ont pas beaucoup d’options d’en sortir, de suivre un autre chemin et d’essayer de réaliser leur rêve. Elle aide et soutient ces jeunes à atteindre leur potentiel en se focalisant sur le sport et l’éducation.Vous communiquez peu sur cela. 

Pourquoi ne pas le faire plus ? 

La plupart de notre activité a lieu en Croatie pour le moment, donc c’est peut-être pour cela qu’on n'en entend pas trop parler. On espère pouvoir élargir notre action au-delà des frontières.

Qu'aviez-vous ressenti lorsque la poste de Mostar (Bosnie-Herzégovine) a édité un timbre à votre effigie après votre victoire à l'US Open ?

C’était très spécial, c’est quelque chose qui n’arrive pas souvent dans une vie. J’en ai d’ailleurs un à la maison en souvenir et c’est un évènement marquant que je n’oublierai pas.

Que pense-t-on quand on entend Roger Federer dire qu'il ne souhaite pas tomber contre deux joueurs dans un tournoi, et que vous êtes l'un d'eux ?

C’est très chouette (rires), vraiment ! C’est une autre preuve que je progresse en tant que joueur. D’ailleurs, ces dernières années, je crois que la constance de mes résultats a augmenté de manière significative sur les grands chelems, cela me donne beaucoup de confiance mais également de motivation pour continuer à avancer.

En 7 matches, vous n'avez battu Gilles Simon qu'à une seule reprise. Pourquoi est-il votre "bête noire" ?

Il a un jeu très spécifique, c’est un défenseur remarquable qui retourne également très bien. Il a un jeu qui me convient difficilement, tous nos matches sont très accrochés, souvent jusqu’au dernier set et je ne sais pas pourquoi il arrive toujours à trouver la solution pour gagner. Mais j’espère que cela va changer dans les prochaines années.

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