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Marin Cilic, "Être numéro un mondial"

Marin Cilic est l’un des nombreux joueurs de tennis issus de l’ex-Yougoslavie à avoir posé ses valises en Principauté. Tennisman de talent, vainqueur de l’US Open en 2014, il voit les choses en grand pour cette année. Nous l'avons rencontré lors de la présentation des Rolex Masters 2015, qui aura lieu du 11 au 19 avril.

"Chila”, comme il est surnommé par ses amis, réside à Monaco depuis près de six ans.  Appréciant le calme de la Principauté, l'homme de 26 ans a décidé de lancer un évènement caritatif lors de l’ouverture des Monte-Carlo Rolex Masters.

Pourquoi avoir choisi de vivre à Monaco ?

Je suis venu vivre à Monaco dans le courant de l’année 2009. A cette époque, je travaillais avec Bob Brett (son ancien entraîneur), qui vivait ici et avait une académie de tennis à San Remo, qui n’est qu’à 25 minutes de voiture. Même si aujourd’hui je ne collabore plus avec lui, je suis toujours résident, je joue et m'entraîne au Monte-Carlo Country Club. J'apprécie d'être ici car ce n'est pas facile de trouver un endroit où l'on peut réellement se concentrer sur l'entraînement.

Vivez-vous seul ou votre famille est-elle ici aussi ?

Je vis seul pour le moment. Ma petite amie étudiait en Croatie et elle a terminé ses études à la fin de l'année, donc elle va pouvoir passer plus de temps avec moi. Ma famille, elle, est toujours en Croatie.

Vous aimez la tranquillité que procure Monaco ?

Oui, parce que c'est important pour se ressourcer mentalement, de recharger les batteries et d'être frais pour les tournois. J'essaye toujours de trouver de l'espace pour mon entraînement, et quand on part sur les tournois, il y a toujours le public et du monde. C'est important pour les joueurs d'être prêts mentalement et émotionnellement.

Que pouvez-vous nous dire sur votre action de charité ?

Je suis résident ici depuis plus de 5 ans, et c'était mon idée de décider d'organiser quelque chose avec des amis du circuit, qui sont aussi résidents ici, comme Novak (Djokovic), Milos (Raonic), ou Grigor (Dimitrov). Nous avons travaillé dessus pendant un an, c'est un projet qui n'a pas été facile à organiser pour avoir tous les joueurs. C'est pour les associations Fight Aids Monaco et Special Olympics Monaco, pour lesquelles nous allons récolter des dons. 

Quel est votre meilleur souvenir sur le tournoi de Monte-Carlo ?

Mon premier tournoi ici. La première fois que j'ai participé aux Rolex Masters, je suis passé par les qualifications. J'avais eu une Wild Card de la part de Zeljko Franulovic, et je jouais contre Nicolas Mahut. Je devais avoir 16 ans à l'époque (18 en réalité), et pour moi c'était une première expérience dans un Masters 1000. Malheureusement j'ai perdu lors des qualifications, mais je suis resté regarder le reste du tournoi. C'était une expérience incroyable. Cette année-là (2006), ce fut une finale Nadal-Federer (victoire de Nadal, 6-2 / 6-7 / 6-3 / 7-6 ). En demi, Roger avait battu Fernando Gonzalez (6-2 / 6-4) et "Rafa" l'avait emporté face à Gaston Gaudio (5-7/6-1/6-1). Je m'étais entraîné quelques fois avec Guillermo Coria, grâce à qui j’ai mis un pied dans le circuit. 

Quel est votre pire souvenir ?

Il n'y en a pas. C'est difficile à dire, mais peut-être l'année où j'ai perdu contre Fognini (en 2009, 6-2 / 6-0). Ce jour-là je ne me sentais pas bien, c'est une défaite difficile, mais ça fait partie du jeu. 

Qu’est-ce que les tennismen aiment dans le tournoi de Monte-Carlo ?

Les joueurs aiment venir ici, c'est la tradition, c'est la crème du circuit. Il y a beaucoup de public, des Italiens, des Français, il y a de vrais fans. Un grand nombre des meilleurs joueurs du circuit viennent, il y a de prodigieux échanges, et c'est le premier tournoi sur terre qui lance la saison en Europe. C'est un endroit où l'on peut aussi amener notre petite amie et profiter avec elle.

Vous sentez un soutien particulier depuis que vous vivez ici ?

Oui, bien sûr, Monaco est comme une seconde maison pour moi. C'est en Croatie que j'ai le plus de soutien bien entendu, mais je reçois beaucoup d'encouragements de la part de Français ou Italiens, et c'était vraiment très motivant et amusant de jouer ici ces dernières saisons. La compétition est rude sur le tournoi, on l'a vu sur ces dernières années, Rafa (Nadal) l'a remporté à de nombreuses reprises, Novak ensuite et l'année dernière Stan (Wawrinka) s'est imposé face à Federer. C'est un tournoi où vous voulez toujours bien figurer, et c’est un grand plaisir de jouer devant une foule toujours nombreuse. 

Quel est votre objectif sur le tournoi cette année ?

Monaco est l'un des plus importants Masters 1000 de l'année et dans le passé, je n'ai pas fait aussi bien que ce que je voulais. Donc cette année pourrait être la bonne pour changer ça et aller vraiment loin dans le tournoi. C'est difficile de dire jusqu'à quel tour, mais j'aimerais vraiment arriver au bout. Je sais que ce sera dur, mais aller loin dans ce tournoi est l’un de mes objectifs cette année.

Quels autres objectifs vous êtes-vous fixés ?

Avec mon équipe, on s'est donnés pour but d'intégrer le top 5 mondial. Je sens que je me rapproche du top, ce n'est pas facile, mais c'est l'un des mes objectifs. La plus grande priorité est de bien figurer sur les Masters Series et en Grand Chelem. En 2014, j'ai réussi de bonnes performances en Grand Chelem (victoire à l’US Open), maintenant j'aimerais gagner mon premier Masters 1000. 

Quel est votre tournoi favori ?

C'est difficile à dire, mais les tournois du Grand Chelem ont quelque chose de spécial. Chacun d'eux procure aux joueurs quelque chose qu'il est difficile de ressentir ailleurs. Pour les Masters Series, j’aime beaucoup jouer ici, à Monaco, mais aussi à Indian Wells. Dans les ATP 250, c’est surtout celui de Zagreb, que j'ai gagné 4 fois. 

Votre surface favorite ?

Le dur. Ça correspond bien à mon jeu, c'est vraiment la surface sur laquelle je m'exprime le mieux. 

Pourquoi avoir choisi le tennis ?

C'étaient mes parents. J'étais trop jeune pour choisir, mais j'aimais m'entraîner et jouer en compétition, gagner des trophées. Quand vous êtes un enfant, de 8-9 ou 10 ans, gagner des trophées signifie beaucoup, cela vous donne la motivation supplémentaire.

Quand vous étiez jeune, qui était votre idole ?

Goran (Ivanisevic, son entraîneur actuel) était mon idole. J'ai grandi en le regardant jouer, en l'admirant, notamment lorsqu'il a gagné Wimbledon (en 2001). En Croatie, il était l'idole des enfants qui jouaient au tennis, comme de tous les enfants qui faisaient du sport. 

Qu'est-ce que ça fait d'avoir son idole comme entraîneur ?

C’est quelque chose de très spécial. Nous avons beaucoup travaillé en un an et demi, et j'ai progressé en tant que joueur. J'ai trouvé un bon tennis pour moi, et j'ai été capable d'apporter ça à mon jeu, ce qui est très important

Pratiquez-vous d’autres sports ?

Je n'ai pas le temps d'en pratiquer d'autres, mais j'aime suivre le basket-ball et le football.

Quelle sont vos équipes préférées ?

L'AC Milan et en basket je suis les joueurs croates et la NBA. 

Votre rêve tennistique ?

J'ai gagné un grand chelem, et je rêve d'en gagner un autre. Sinon, être un jour numéro un mondial. 

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