L'heure de l'ocre a sonné

David Goffin, "Je garde tout à l'intérieur"

Premier Belge à intégrer le top 10 mondial, David Goffin (27 ans) est un joueur discret en dehors des courts. Après avoir terminé 2017 à la 7e place mondiale, il espère désormais se rapprocher un peu plus du top 4.

Finaliste malheureux en coupe Davis (défaite de la Belgique face à la France) fin 2017, David Goffin a pris un peu de temps en début de saison pour récupérer d'une année 2017 très longue et chargée. 

Qu'est-ce qui vous a poussé à commencer le tennis étant enfant ? Quand a eu lieu le déclic pour la pratique à haut niveau ? 

Mes parents jouaient au tennis, mon père était prof. Automatiquement ils m'y ont mis, même si j'ai essayé plusieurs sports, mais c'est le tennis qui très rapidement m'a plu et m'a donné envie de continuer. C'est là que je prenais le plus de plaisir. J'ai été repéré par la fédération francophone de tennis en Belgique, et le déclic a eu lieu vers 16 ans. Quand j'ai commencé à grandir et que j'ai gardé mes qualités de quand j'étais petit, à savoir ma vélocité, ma rapidité, mon coup d'œil. Quand j'ai eu plus de force et de puissance, j'ai pu bien évoluer à partir de 16 ans.

Vous êtes assez discret et on dit que vous êtes quelqu'un de très réfléchi. Comment vous voyez-vous ?

C'est vrai que je suis plutôt discret, mais je me lâche toujours un peu plus lorsque je suis en confiance, avec mes amis ou des personnes que je connais très bien. J'ai besoin d'un peu de temps pour pouvoir me lâcher, mais sur le court je suis plutôt quelqu'un de très calme, je garde tout à l'intérieur, je suis assez introverti. C'est ma façon de fonctionner. 

Qu'est-ce qu'il vous manque aujourd'hui pour intégrer le Top 4 ?

Je pense qu'il me manque un peu plus d'expérience. Je dois continuer d'évoluer dans tous les domaines, mentalement, physiquement, mais aussi dans mon tennis, où je dois progresser d'année en année. Après je ne sais pas si j'y arriverai un jour. Le tennis est assez circonstanciel, parfois les choses se déroulent bien, parfois c'est l'inverse, donc il faut continuer de bosser et prendre du plaisir comme je le fais. Et je verrai où ça peut me mener.

Votre début de saison difficile a-t-il un lien avec la défaite en finale de coupe Davis ?

Pas le fait d'avoir perdu, je pense, mais j'ai terminé la saison très tard. J'ai joué presque toutes les semaines à partir de l'US Open (28 août - 10 septembre, remporté par Rafael Nadal - David Goffin a été stoppé en 1/8e de finale par Rublev), j'ai étiré la saison jusqu'au bout avec la coupe Davis. J'ai vraiment beaucoup joué et j'avais besoin de décompresser, je ne me sentais prêt à 110% pour cet Open d'Australie avec une grande chaleur, et sur un Grand Chelem c'est toujours dur d'être le meilleur sur 5 sets. J'ai pu me reposer et bien me préparer pour la suite.

D'où vous vient votre surnom "La Goff" ?

Je pense que ça vient surtout des Français, qui au départ se sont mis à m'appeler comme ça. Il y en a eu plusieurs, puisque Gaël Monfils c'était la Monf', moi, Goffin, c'est devenu la Goff'.

Que vous apporte la pratique du golf ?

Pas grand chose. C'est plus dans l'autre sens. Le tennis m'a apporté énormément pour le golf. Lorsque j'ai pris le club en main, ma pratique du tennis m'a rapidement permis d'avoir un swing, de bien taper la balle. 

Selon vous, qui est David Goffin, l'homme et non pas le joueur ?

(Il hésite). Comme je l'ai dit tout à l'heure, David Goffin est plutôt quelqu'un d'introverti, de calme, qui aime bien profiter de la vie, passer du temps avec sa famille, avec sa compagne et qui aime bien se sentir, que ce soit sur le court ou en dehors.

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