Benjamin Balleret :  "C'était un gros combat"

Sur le court n°2, le public y est allé bon train pour soutenir son "Balou" national. Mais cela n'a pas suffi. Le Monégasque Benjamin Balleret (589e mondial, détenteur d'une wild card pour les Masters) s'est incliné face à l'Allemand Florian Mayer (5-7, 6-1, 6-2) dès le premier tour du tournoi de Monte-Carlo, en un peu moins de deux heures. Mais l'enfant du pays ne perd l'envie pour autant.

De quelle manière as-tu vécu ce match ?

J'ai gagné le premier set, c'était un gros combat. J'ai fait le break au début du deuxième. Après, Mayer a un peu haussé son niveau de jeu, et j'ai eu un bon coup de barre lorsqu'il a gagné le deuxième set, 6-1. Lors du troisième set, le niveau de jeu a encore grimpé, chez moi comme chez lui. Je me suis démené pour revenir à trois partout mais la fin a été difficile. Je me bats depuis une semaine avec une douleur en bas du dos, à la hanche. Les deux derniers jeux ont été durs à jouer et je me suis un peu refait mal. C'est dommage parce que le troisième set était vraiment un gros combat jusqu'à 4-2. Je suis un peu déçu.

Comment as-tu trouvé le jeu de Florian Mayer ?

Je m'étais entraîné avec lui cette semaine, donc je savais un peu comment il jouait. Puis on a le même âge, on se connait depuis les juniors. Mais on ne s'était jamais affrontés. Il a un jeu atypique, avec un super revers. Il se déplace très bien parce qu'il est grand, avec de grands segments, il fait de grands pas sur les côtés. Il joue assez vite et il retombe bien, il est 30e mondial donc... Il fait un peu tout bien. (Il ouvre de grands yeux et rit) Mais le revers, c'est son point fort et c'est là qu'il m'a beaucoup gêné.

Affronter un joueur de ce niveau doit être intéressant...

Oui, parce qu'on voit ce qui nous manque, on voit nos défauts, comme j'ai pu le voir avec Gulbis la semaine dernière en Coupe Davis. On remarque là où ça pêche un peu et où le niveau se creuse. Ça me permet de beaucoup apprendre. Malheureusement, j'ai plus trop le temps d'apprendre ! (Sourire)
C'est dommage, j'aurais aimé gagner ce match pour continuer ce tournoi qui me tient à cœur.

Dans la foulée de la Coupe Davis, tu as enchaîné avec le tournoi de Monte-Carlo. Il doit y avoir beaucoup de pression, non…

Ben non, c'est sympa. Il y avait aussi pas mal de monde pour la Coupe Davis. C'est aussi pour ça qu'on joue au tennis. Pour évoluer devant du monde, avec une bonne ambiance. C'est vrai qu'ici, il y a toujours une petite pression en plus parce que c'est Monaco. Hier en double, on était un peu tendus avec Guillaume (Couillard, ndlr).
Mais j'ai ressenti plus d'excitation que de pression. Quand on est jeune, on est un peu intimidé. Mais là, j'ai trente ans, c'est la huitième fois que je fais ce tournoi. C'est du bonheur d'être là et je remercie la Fédération monégasque de m'avoir fait confiance en m'accordant une wild card.

Quel est le meilleur résultat que tu aies fait à Monte-Carlo ?

En 2006, je m'étais qualifié, j'avais passé deux tours dans le tableau final et j'ai perdu en huitièmes de finale contre Federer. C'était une belle semaine.

Est-ce qu'il t'arrive de t'entraîner avec Djokovic en Principauté ?

Oui, assez souvent. Comme il habite ici, il cherche des sparring, on est trois ou quatre à pouvoir le faire à Monaco. Lorsqu'il fait appel à nous, on répond avec plaisir parce que ça nous montre son professionnalisme et son niveau de jeu qui est excellent.

Quels sont tes prochains rendez-vous tennistiques ?

Je vais jouer des tournois Future. Ce sera sur terre battue, en Europe, je pense. Je vais essayer de prendre des points pour monter au classement et me rapprocher du niveau qu'on peut voir ici. La semaine prochaine, je joue un tournoi à 15 000 dollars à Grasse.

C'est gênant de faire de plus petits tournois, moins médiatisés ?

Malheureusement, on doit passer par là pour progresser. Tous les joueurs connaissent ça. Il faut essayer d'y rester le moins de temps possible. Moi j'ai 30 ans et je continue d'y croire, et de faire le maximum. On verra ce que ça donne.

Est-ce que le quotidien est plus "galère" ?

(Dans un large sourire) Ouais, c'est sûr qu'on n'a pas toujours les meilleurs hôtels ou les meilleures conditions de jeu. Financièrement, c'est pas évident. Tout ce que je gagne dans les tournois et l'aide de la Fédération monégasque passent dans les billets d'avion et les hôtels, toute l'année. Mais je vis de ma passion et j'y crois, je veux arriver à un plus haut niveau pour gagner ma vie correctement.

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