Esprit club

Avec l’arrivée de son nouveau président, le club pongiste de la Principauté a mis le cap sur un nouvel axe, qui place au même niveau équipe compétition et pratique loisirs. Le tout, avec dans le viseur, la convivialité avant tout.

En entrant dans le gymnase de l’Annonciade, on est accueillis par le bruit des balles qui résonne, tantôt grave, tantôt aigü, à un rythme des plus intensifs. Dans cette belle salle, où ils s'entraînent depuis deux ans et qui leur permet d'installer une dizaine de tables, ils sont une quinzaine ce mardi soir-là à assister à l'entraînement compétition d'Éric André, l'entraîneur général de l'AS Monaco tennis de table. Le club, qui a fêté en novembre ses 80 ans, s'offre aujourd'hui une nouvelle impulsion, amorcée par le nouveau président du club. Un nouveau qui n'en est pas vraiment un, puisqu'Antony Warmbold, licencié depuis 2006, occupait jusqu'à sa prise de fonction début 2018 le rôle de secrétaire du club (voir son interview).

La convivialité avant tout

Aujourd'hui, le club veut revenir à "ses racines, à ses bases". En mettant sur un pied d'égalité les équipes compétition, vitrines de l'ASMTT, et loisir. "On essaie avec Antony de refaire un club un peu plus convivial. Je ne renie en rien le passé, parce qu'on a vécu une belle aventure, avec l'accession en Nationale 1, alors qu'on était en N3 au départ, et les montées chaque année en demi-phase. C'était très bien, mais ça a été trop axé sur l'élitisme. On a délaissé les joueurs et les catégories en dessous. Aujourd'hui, on garde l'élitisme avec la Nationale 1, qui se gère plus ou moins toute seule. Mais j'essaie maintenant, grâce aux possibilités qu'Antony me laisse, de mettre plus l'accent sur la convivialité pour les autres joueurs", souligne Éric André. On sent le coach en parfaite harmonie avec ce président qu'il a lui-même affranchi aux subtilités du "ping", comme l'appellent les initiés. 

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Et pour atteindre cet objectif, la section loisir a été réorganisée cette année. "A une époque, un des pongistes les encadrait, jouait avec eux et leur donnait des conseils. Et ça fonctionnait très bien. Quand il est parti dans une autre équipe, il y a trois ans, nous n'avons pas pu le remplacer. Les loisirs ont un peu déserté le club, car l'encadrement était vraiment important pour eux. On a trouvé une solution cette année, on a recommencé à encadrer", explique Antony Warmbold. La solution ? Le nouveau président lui-même, qui a pris en charge les loisirs le lundi soir. "Je suis là pour m'assurer que tout se passe bien. Et je fais venir des joueurs des équipes compétition de temps en temps pour jouer avec eux, leur donner des conseils. Ceux qui veulent jouer jouent, ceux qui veulent des conseils écoutent. On a de tout. Et si le joueur loisir s'améliore et veut passer le cap de la compétition, on l'invite". Et après seulement une demi-saison, la formule semble prendre. Ils sont aujourd'hui 6-7 à se partager les quatre tables de la salle du Louis-II, sur les quelque 80 licenciés que compte le club.

Sport individuel, esprit d'équipe

Si le club souhaite remettre en avant les loisirs, pas question pour autant de délaisser ses autres membres. Ses jeunes tout d'abord, un vivier d'une trentaine de licenciés de 6 à 18 ans qui constitue la moitié de l'effectif du club et s'entraîne tous les mercredis. Certains ont même rejoint le groupe compétition, le coach ayant favorisé l'intégration des plus prometteurs dans l'équipe 4, qui évolue en Départementale 2, pour "qu'ils commencent et se fassent les dents". D'ailleurs, côté compétition aussi, le tennis de table monégasque a connu quelques restructurations. A commencer par le nombre de formations, passées à quatre cette saison : la N1, la Régionale 1, plus deux en Départementale (1 et 2). L'équipe 2, que le club avait réussi à faire monter en N3, a été supprimée. "Comme on a perdu des joueurs, on n'a pas pu la maintenir", explique le coach qui, au moindre aléa, notamment les blessures, doit jongler avec des effectifs tendus pour constituer ses groupes. 

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Quant à l'équipe fanion, après deux années difficiles, marquées par une descente en N2 après avoir tutoyé la Pro B, elle a retrouvé cette saison la Nationale 1. Oriol Manzo, dont le club avait dû se séparer il y a deux ans pour des raisons financières, a fait son retour dans les rangs monégasques, aux côtés des deux Anthony (Peretti et Geminiani), de Martin Tiso et du jeune Lorenzo Cortese. "Ce sont de bons gars qui ont l'esprit club et c'est ce que je demande en premier. Je ne veux pas de mercenaires qui arrivent et s'en vont l'année d'après parce qu'ils sont mieux rémunérés ailleurs. C'est un chouette groupe qui peut se surpasser sur des matches compliqués, grâce à cet esprit. Quand vous jouez pour l'équipe et en équipe, vous soulevez des montagnes", témoigne Eric André, qui prévoit cependant une fin de phase compliquée pour tous ses joueurs. "L'équipe 1 est tombée sur une poule très forte, et cela va être aussi très dur pour les autres. Ce n'est pas négatif parce que si on redescend, c'est qu'on n'a pas le niveau et qu'il faut continuer à travailler".

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