Yves Tastet : Le professionnel

Depuis la rentrée, le club de Raoul Viora a un nouveau manager à plein temps. Et c'est avec des idées plein la tête et une solide expérience de joueur professionnel qu’Yves Tastet s’apprête à apporter sa touche au club de squash de la Principauté.

Les courts du Monte-Carlo Squash Rackets Club (MCSRC), il les connaissait bien. Mais jamais Yves Tastet n'aurait pu imaginer, au début des années 2000, lors de sa participation à l'Open de Monaco, qu'il en serait un jour le manager. Il faut dire que le nouveau coach n'est pas du coin, loin de là. Ses racines, comme celles de sa passion, se trouvent plutôt du côté du Sud-Ouest, à Cognac, où il a grandi.

 "Mes parents ont ouvert un club de squash quand j'avais 4 ans. J'ai commencé comme cela. Je sortais de l'école, je tapais la balle. Après les premières compétitions à 8 ans, j'ai été repéré par la DTN (Direction Technique Nationale) de la fédération", se souvient le coach. "Et j'ai été pris dans l'engrenage : système fédéral, équipe de France junior, avant les tournois PSA (Professionnal Squash Association)".

N°13 français

Sur le circuit professionnel, Yves enchaîne pendant 7-8 ans, "mais financièrement, c'était difficile. On ne gagne pas beaucoup d'argent dans ce sport au début, à moins d'être très fort et de tout de suite gagner les petits tournois". S’il se hisse à la 13e place nationale et 60e mondiale, l'heure du bilan est vite arrivée pour le sportif. 

"Je suis parti m'entraîner en Angleterre deux ans et à 25 ans, j'ai pris la décision de stopper le circuit pro. J'avais déjà passé tous les diplômes pour être enseignant quand j'étais au CREPS d'Aix-en-Provence, au cas où et parce que ça me plaisait". S'il s'imaginait bien travailler dans le club familial, "l'amour m'a finalement fait changer de région, explique-t-il. Mes amis étaient dans le Sud, ma vie était déjà installée". A Aix, il rejoint alors "une grosse structure où, comme ici, je m'occupais des enfants et des équipes. On avait une équipe en première division avec mon meilleur ami Grégory Gaultier, le champion du monde avec qui j'étais en équipe de France junior". 

Malheureusement, son club est détruit dans un incendie. "J'ai vivoté pendant deux ans, c'était un peu difficile. Et puis Patrick Rubino m'a appelé. On s'était déjà vu et je connaissais Christian Billard que j'avais croisé dans les tournois. Je suis alors venu faire des repérages. C'est un club très familial, c'est ce qui m'a plu. Et je ne regrette pas".

Nouvelle génération

Avec Patrick Rubino, le passage de flambeau s'est fait en douceur, grâce à une première année à mi-temps où il a pu apprendre les ficelles du club. "Il m'a coaché, m'a permis de rencontrer les gens, de connaître le fonctionnement de Monaco". Ce n'est qu'en septembre dernier qu'Yves prend complètement la main, même s'il sait qu'il peut compter sur son prédécesseur. "Patrick est passé à quart-temps, mais il donne encore de gros coups de main. Il est là depuis 25 ans. Et puis, on a toujours besoin de lui. On espère qu'il sera toujours là".

 Côté court, le manager ne manque pas d'ambition, et espère bien voir éclore une nouvelle génération de joueurs. "Les jeunes et l’école de squash, c'était la priorité. On a démarré avec 13 enfants, là on est à 22". Du côté des grands, une nouvelle équipe homme a notamment vu le jour. "On a développé les entraînements, les animations pour les femmes avec la Ladies Night. On a également un tournoi amical chaque mois pour les membres du club et on développe des systèmes de rencontres le midi. Cela met plus de vie dans le club". Quant au Classic, le coach "aimerait le faire grandir. Et pourquoi pas, un jour, avoir un court vitré en Principauté. Ce serait une belle vitrine pour le club, pour Monaco et le squash féminin qui a quand même un niveau assez relevé".

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