Pour Camille Serme, la route des Europe passe par Monaco

Tout en t'entraînant deux fois par jour, tu as obtenu un diplôme de journalisme. Est-ce un soulagement d'avoir préparé ton avenir extra-sportif ?

Oui, J'ai un diplôme en poche, je suis contente. Bon, j'ai mis six ans au lieu de trois pour l'avoir (elle sourit). Mais on nous laisse le temps, la formation (Sportcom, gérée par l'Insep) est vraiment adaptée aux sportifs. En plus du squash, j'ai aussi un emploi au Conseil général du Val-de-Marne, avec un contrat reconductible chaque année. Nous sommes dix sportifs à avoir ce genre de poste. Le cycliste sur piste Grégory Baugé en fait partie. Deux jours par semaine, je m'occupe du site internet du Conseil général. C'est bien d'avoir un pied dans la vie active. Quand je ne vais pas trop bien, ça me change les idées.

Le journalisme, c'est une vocation ?

Au départ, je ne savais pas trop vers quoi m'orienter. Après le Bac, il a fallu se décider. J'avais vu qu'il y avait de la photo dans la formation qu'on nous proposait, j'ai toujours aimé ça. Plus j'ai avancé, plus j'ai apprécié les cours. On a touché à tout, pas uniquement du journalisme sportif. Quand j'ai le temps, je fais de la photo en amateur avec mon copain. Si j'ai le temps l'année prochaine, j'aimerais faire quelque chose de plus poussé dans ce domaine.

Combien d'années supplémentaires penses-tu pouvoir passer sur le circuit international ?

Oh, je pense qu'il me reste une bonne dizaine d'années. Il y en a qui poussent jusqu'à 38 ans. J'ai 24 ans, je pense avoir encore de la marge. En général, la maturité vient vers 27-28 ans, même si je croyais qu'elle allait arriver avant.

Ton titre européen t'a-t-il donné encore plus de confiance ?

Disons qu'en France, c'est important et ça permet d'avoir plus de reconnaissance. Après, ce qui est dommage, c'est que toutes les meilleures joueuses ne participent pas forcément au championnat d'Europe. Cette année, ce sera à peu près pareil. Je sais que normalement, je n'aurai pas de gros match avant les demi-finales. C'est un peu compliqué parce qu'il y a un gros tournoi juste après en Malaisie. Mais je voulais défendre mon titre, je serais heureuse si j'en ramenais un deuxième.

Selon toi, qu'est-ce qui te manque pour t'approcher des premières places ?

Au niveau des points au classement, il y a un écart important. Mais ce n'est pas le cas sur le plan du jeu. A part la numéro un mondiale (la Malaisienne Nicol David), j'ai déja battu toutes les filles qui sont devant moi. C'est ça qui un peu… Je ne dirais pas frustrant, mais c'est un peu dommage de savoir que je peux le faire et que je manque parfois de régularité. Il faut être prête au bon moment.

En France, il n'y a personne qui peut t'accrocher, te pousser à te dépasser au quotidien ?

Non, pas vraiment. La deuxième joueuse française (Coline Aumard) est quarantième mondiale. On s'entraîne bien ensemble, c'est intéressant. Mais elle ne me pousse pas dans mes retranchements. Le plus souvent, je m'entraîne contre des garçons qui sont juste un peu plus forts que moi. Si je joue contre mon frère, c'est bien au niveau du rythme, mais je sais très bien que je ne peux pas gagner…

C'est plutôt rare de trouver des jeunes qui se mettent au squash. Comment as-tu découvert cette discipline ?

En fait, j'ai commencé un peu par hasard. J'avais testé le mini-tennis au club municipal Créteil. Il y avait des courts de squash juste à côté, ma meilleure amie de l'époque voulait essayer et je l'ai suivie. Pendant un an, j'ai voulu faire les deux. Et finalement, je suis restée au squash, parce qu'en tant qu'enfant, je trouvais ça plus ludique. On était un peu les "cobayes" de mon entraîneur, qui lançait le mini-squash. Aujourd'hui, les petits peuvent commencer à 4 ans.

Après les championnats d'Europe, quels seront tes prochains rendez-vous ?

Le lendemain de mon dernier match, je partirai en Malaisie. Le tournoi sera l'équivalent d'un Grand chelem. Après, j'aurai deux autres tournois aux Etats-Unis. Fin octobre, je reviendrai à Monaco. Et puis les championnats du monde. Mais pour le moment, on ne connaît ni le lieu ni la date…


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