La mémoire du squash monégasque

Patrick Rubino n’était qu’un jeune adulte quand il a découvert le squash. Depuis les premiers courts au Monte-Carlo Country Club à la création du Monte-Carlo Squash Rackets Club (MCSRC), l'ancien manager du club monégasque a évolué en même temps que son sport.

En arrivant dans les locaux du MCSRC, difficile de louper les nombreux cadres photos qui ornent les murs. Les 21 premières éditions de la Squash Classic, les souvenirs de compétition… des heures, il en a passé à confectionner ces cadres, témoins d'une histoire à laquelle il a tellement contribué. Il, c'est Patrick Rubino, celui qui fut le manager du club pendant plus de 25 ans.

Membre fondateur

Ses premiers pas en squash, Patrick Rubino s'en souvient encore comme si c'était hier. "J'étais joueur de tennis à Menton. J'ai découvert cette discipline en venant jouer au Monte-Carlo Country Club. Ce fut une révélation physiquement car ce sport explosif me convenait beaucoup plus au point de vue caractère". A l'époque, ni le club, ni la fédération n'existaient. C'est en 1969 que le premier sera créé sous l'impulsion d'un joueur grec, Aris Vatimbella. "Mais, sans le Prince Rainier, qui était un grand amateur de squash, rien ne se serait fait", précise l'ancien manager, qui a d'ailleurs eu "le plaisir de croiser la raquette avec lui". 

Alors âgé de 20 ans, il fait très vite ses premiers pas en compétition sous les couleurs monégasques. "A l'époque, il n'y avait que deux clubs en France. Le nôtre et celui de la rue Lauriston à Paris. On faisait toutes les compétitions contre des clubs étrangers... Et ils n'avaient pas un meilleur niveau, sauf l'Angleterre et les pays anglo-saxons qui étaient bien sûr toujours largement au-dessus", souligne celui qui a notamment été vice-champion de France et plusieurs fois champion de Monaco. 

Son meilleur souvenir date d'ailleurs de cette époque-là. "C'était mon premier déplacement. J'allais en Suisse en train. Dans le wagon, j'ai rencontré une jeune fille. On a passé la nuit entière à discuter, à refaire le monde. Je n'avais pas fermé l'œil, mais en arrivant, j'ai joué le feu de dieu tellement cette petite aventure avait dû me motiver".

Retour à Monaco

Si Monaco est son club de cœur, dans les années 80, la passion de la petite balle noire entraîne ce comptable de profession à ouvrir son propre club à Antibes. Le début d'une période assez noire, comme il la décrit. "Le squash ne peut pas marcher quand c'est privé. Mais même si on me l'avait dit, je l'aurais fait quand même. C'était une aventure que je voulais vivre". Dépité, il délaisse la raquette et revient par la force des choses en Principauté. "Le président d'Héli Air Monaco jouait au squash. On a fait toute l'Europe ensemble. Je suis alors allé travailler chez lui comme bagagiste. Au bout d’un an ou deux, ils sont venus me chercher pour tenir le club". 

Rattrapé par sa passion, Patrick Rubino se remet à jouer tout en s'occupant du MCSRC. "Ce n'est pas un métier, c'est un plaisir. D'autant que j'ai toujours eu carte blanche avec la confiance du comité et du président, Raoul Viora". Le MCSRC s'apprêtait alors à faire sa mue, quelques années après avoir pris ses quartiers au Louis-II. 

"Un vent nouveau est arrivé. On a fait des tas de modifications : la mezzanine, les vestiaires, le sauna, les appareils... C'était beaucoup plus dynamique et structuré". Logiquement, l'aspect sportif s'en est également ressenti. "On a commencé à monter de niveau, on est arrivé en 2e division nationale, on faisait encore la Coupe d'Europe". Aujourd'hui d'ailleurs, ce sont ces moments-là qu'il chérit. "Les meilleurs souvenirs, les plus attachants, ce n'est pas tant la performance et le sport, mais plutôt la relation avec les gars du club, les rencontres, les voyages. C'est une dimension humaine qui est essentielle".

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