La logique respectée

L'élite du squash féminin s'était donné rendez-vous du 4 au 8 décembre derniers pour le Monte-Carlo Squash Classic, 22e du nom. Si la semaine de compétition a été accrochée, elle a finalement vu la victoire de l'Australienne Donna Urquhart (17e mondiale).

Quand on arrive sur le Monte-Carlo Squash Classic, on n'est pas à l'abri d'une surprise. Et Christian Billard en sait quelque chose, puisque le juge-arbitre du tournoi, qui est depuis très longtemps membre du club de la Principauté, en a connu toutes les éditions. "Disons que c'est assez difficile à pronostiquer. La hiérarchie est souvent respectée. Mais chez les femmes, de temps en temps, on n'est pas à l'abri d'une petite surprise. Si j'étais puriste, je dirais Donna (Urquhart) et Millie (Tomlinson) en finale. Cette dernière était déjà finaliste l'an dernier, même si elle n'était pas dans les favorites. On peut peut-être aussi avoir une petite surprise égyptienne comme à chaque fois."  

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Il faut dire qu'avec 13 des 28 joueuses issues du Top 50 mondial, dont la Britannique Jenny Duncalf (n°27), la Française Coline Aumard (n°31) ou encore la championne du monde junior égyptienne Rowan El-Araby (n°40), cette édition 2017 promettait son lot de rencontres accrochées. Sur le court du Monte-Carlo Squash Rackets Club, l’heure était aux quarts de finale en ce mercredi. Et à entendre les impacts irréguliers mais rapides de balle sur la raquette et les murs, la bataille s'annonçait rude entre la Belge Nele Gilis (n°29) et l'Egyptienne Zeina Mickawy (n°43).

La crème de la crème

En 22 ans, le rendez-vous féminin de la Principauté s'est fait un nom. Deuxième compétition européenne en terme de dotation après le British Open et dans le Top 20 des plus gros tournois mondiaux, Monaco est devenu une étape obligée pour les athlètes de haut niveau. "Le tournoi fait partie d'un circuit (Professional Squash Association World Tour). Chaque événement est doté d'un certain nombre de points et les joueuses choisissent ceux auxquels elles veulent participer. Le nôtre a une bonne notoriété car nous avons la réputation de bien les accueillir. Ce n'est pas juste un tournoi pour jouer, nous essayons aussi de les connaître et elles apprécient", souligne Bruno Fissore, le président de la Fédération Monégasque de Squash Rackets. 

A cela s'ajoute également le fait que le rendez-vous de la Principauté soit généralement organisé une semaine avant une grande échéance internationale, permettant aux joueuses une dernière préparation intensive et en conditions réelles. Cette année, c'était un prélude aux Championnats du Monde individuels, qui se déroulaient du 8 au 17 décembre à Manchester. 

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Et la formule est appréciée par les internationales, comme le confirme la tête de série de l’édition 2017. "On m'avait toujours dit que c'était un super tournoi et un magnifique endroit. L'an dernier, tout le monde a été si gentil, j'ai été accueillie à bras ouverts. Du coup, j'étais très impatiente de revenir, confirme Donna Urquhart. Cette compétition a été une préparation parfaite car dans le top 30, tout le monde est bon et a un niveau proche. C'était juste ce dont j'avais besoin avant la semaine prochaine où d'entrée j'affronterai la n°1 mondiale".

Duel australo-égyptien

Alors que sur le terrain, le duel faisait rage, le public n'en perdait pas une miette depuis sa tribune provisoire installée sur le court opposé. Il faut dire que l'organisation fait tout pour rendre accessible son sport en programmant les matches le soir, après les horaires de bureau, plus entre midi et deux pour les qualifications. Et les aficionados de la petite balle en caoutchouc noir n'ont pas été déçus. Après une journée de qualification et des huitièmes de finale déjà bien accrochés, le tableau final offrait lui aussi son lot de suspens et de rencontres en quatre ou cinq jeux, qui verront contre toute attente Donna Urquhart et la jeune Zeina Mickawy se hisser en finale.

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 "La 17e mondiale, qui a pourtant beaucoup d'expérience, a eu un peu de mal sur les deux premiers tours. Mais ces joueuses sont capables, du jour au lendemain, de retrouver leur meilleur niveau et elle peut gagner cette année", prédisait Yves Tastet, le nouveau manager du club monégasque. Et il a eu du flair puisqu'au terme d'un match intense en cinq jeux, l'Australienne s'est imposée.

 "Zeina a battu la tête de série n°5 au premier tour, la n°4 au deuxième et la n°6 au troisième. Elle a fait un très beau parcours en proposant un jeu assez tourné vers l'offensive. Mais elle a eu un peu moins de réussite en finale parce que son adversaire ne lui a pas laissé l'opportunité d'attaquer comme elle l'aurait souhaité, en essayant de ne pas trop mettre de poids dans la balle, de les faire un peu plus flottantes, assez collées sur les murs. Donna a très bien réussi à la gérer même si elle perd un jeu parce qu'elle s'est relâchée, peut-être trop par rapport aux jours précédents, laissant une fenêtre à l'Egyptienne". La logique est souvent respectée, on vous l’avait dit !

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