Nito Brea : "Le padel a besoin de temps"

Ancien joueur professionnel de padel, Nito Brea est une figure bien connue du milieu. Directeur du tournoi monégasque, propriétaire d'un club à Buenos Aires mais aussi capitaine de la sélection argentine féminine, il semble donc difficile de lui faire quitter le padel.

Son rôle de directeur, son implication dans le padel, sa fille, le padel féminin, Nito Brea fait le tour de ces sujets. Rencontré à la veille du début du tournoi, l'Argentin demande cependant du temps pour laisser grandir sa discipline.

En tant que directeur du tournoi, quelles sont vos attributions ?

Je suis le directeur du tournoi dans son ensemble. Mon travail ne consiste pas seulement dans les relations avec le World Padel Tour, les joueurs et les aspects sportifs. Cette année, je suis également en charge de l'ensemble de l'événement, des étapes. Tout mon travail tourne autour de cela. Ce fut très difficile cette année, car nous finissions les travaux au Tennis Padel Soleil. Il y avait beaucoup de choses différentes, les travaux, les qualifications, sans oublier l'organisation du tournoi féminin. Car cette année, le tournoi, ce n'est pas seulement 64 joueurs masculins, nous avons également 56 femmes.

Quel est votre quotidien sur un tournoi de ce genre ?

Durant le tournoi, je vérifie que tout se passe bien. J'irai* également voir ma fille de 16 ans, qui participe au tournoi féminin. Mais le plus important pour moi, en tant qu'ancien joueur, est de faire en sorte que cette semaine soit parfaite pour tous les joueurs, qu'ils ne manquent de rien sur et en dehors des courts. Je vais également continuer de travailler avec le World Padel Tour, d'avoir des réunions avec eux pour discuter des méthodes pour continuer de développer le padel. Cette semaine est très importante pour moi.

Quelles sont les choses les plus difficiles à gérer sur un tournoi de cette envergure ?

Je dis toujours que cela se calme pour moi quand tous les joueurs sont arrivés à Monaco. Tous viennent d'Espagne, où beaucoup sont établis. Ils arrivent le lundi et doivent jouer le mardi. Pour moi, jusqu'à mercredi, je supervise que tout se passe bien avec les vols et ce genre de choses. Sans les joueurs, il n'y a pas de tournoi ! Ce n'est que mercredi que je commence à être plus tranquille. Après, il y a tous les détails de dernière minute, les repas, les techniciens, la retransmission. Il faut vérifier que tout se passe bien. Je n'arrête pas de la semaine, mais le plus important, ce sont les joueurs. Ce sont eux les acteurs.

Quels rapports entretenez-vous avec les joueurs ?

Je pense qu'ils ne me voient pas comme le directeur, comme quelqu'un ayant une distance morale avec eux. J'ai entraîné beaucoup de ces joueurs. Comme par exemple Gaby Recca, qui est comme un frère pour moi, et avec qui j'ai joué il y a 20 ans. Je l'ai entraîné toute sa carrière. Nous discutons, pas uniquement du tournoi, mais du padel, du jeu. Ils viennent parfois pour des conseils. Et j'aime leur en donner. Je pense que c'est la meilleure partie de mon travail.

Cette année, le padel féminin est présent à Monaco. Pourquoi était-ce important de les mettre elles-aussi au programme ?

C'est très bien car les femmes dans le padel ont  pour moi, une grande importance et pas seulement les professionnelles. En Espagne, sur 4  millions de joueurs, 30 % sont des femmes. C'est un très bon sport pour elles, parce qu'il est facile de commencer cette discipline. On peut prendre du plaisir à jouer sans avoir pris de leçons ou sans avoir une grande technique. De plus, c'est important car si cette discipline touche les femmes, elle touchera les familles, les enfants... C'est un sport que vous pouvez partager en famille. En tennis, elles se battent pour avoir les mêmes prize money, la même égalité. Il était important pour moi de commencer à travailler dessus. Pas seulement parce que ma fille joue mais parce que toute ma carrière, j'ai travaillé avec des joueuses, avec l'équipe féminine d'Argentine. 

Que pensez-vous justement du padel féminin ?

Elles jouent vraiment bien. Elles se sont énormément améliorées ces dernières années parce qu'il y a de plus en plus de professionnelles, de femmes qui s’entraînent toujours plus pour s'améliorer. Leur niveau est très bon et je pense que les gens seront surpris.

Comment voyez-vous l'évolution du padel de manière générale ?

Elle est fantastique. Ces deux dernières années, dans des pays comme la France, l'Italie, la Suède, la Suisse, les Pays-Bas, la Belgique, chaque jour, un nouveau club s'ouvre. En Italie, cela s'est énormément développé l'année dernière avec plus de 20 clubs à Rome qui se sont ouverts. Je crois que la France sera dans le futur l'un des pays leaders, notamment en matière de joueurs parce qu'il a une bonne école, une bonne culture des sports de raquette. Je pense que la France pourrait être dans cinq ans un grand pays, terre de nombreux de bons joueurs.

Que manque-t-il au padel pour qu'il devienne aussi populaire que le tennis ?

Du temps ! Le padel est un sport très jeune. Il a été créé en 1969. Il est devenu professionnel, avec un grand développement dans les années 90 en Argentine, puis ensuite en Espagne. Je pense qu'on a besoin de plus de temps en Europe pour que le padel devienne de plus en plus populaire dans des pays comme la France, l'Allemagne, la Suède, la Grande-Bretagne. Je pense qu'il a seulement besoin de temps.

Que va apporter l'investissement de Monte-Carlo International Sport au Tennis Padel Soleil de Beausoleil ?

J'attends vraiment que cela nous aide à faire du Padel un nouveau sport, à Monaco et en France. Je veux créer cette école pour avoir des entraîneurs et des enfants. Je travaillerai dans le but de faire du bon travail là haut parce nous avons un grand club, un bel endroit, à 10 minutes de Monaco, avec les montagnes et la mer. Cet endroit est incroyable. Je travaille avec Gaby Recca pour monter cette école et attirer du monde. Etre ici à travailler sur le padel est très important. *L'interview a été réalisée la veille du début du tournoi.

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos