Juan Martin Diaz, l'ambassadeur

Considéré comme le meilleur joueur de l'histoire du padel, Juan Martin Diaz est actuellement numéro deux mondial (au 15/09). Mais il est aussi un ambassadeur exceptionnel pour son sport grâce à sa joie de vivre, son talent et sa disponibilité. Portrait.

Aussi loin que l'on remonte dans l'histoire du sport, et ce quelle pratique que ce soit, l'on retrouve toujours des noms associés à ces disciplines. Bien souvent, ce ne sont pas les noms de dirigeants, mais bel et bien ceux de joueurs qui ont marqué leur sport en leur temps. A n'en pas douter, Juan Martin Diaz fait partie de cette caste. 

D'ici quelques années, quand on évoquera l'histoire du padel lorsque ce dernier aura percé dans le monde entier, le nom de Juan Martin devrait ressortir régulièrement. Car à 39 ans, il continue d'étaler sa classe sur comme en dehors des courts. Et ce même s'il n'a pas encore gagné de tournoi en 2015.

Des débuts difficiles

D'autant que le padel n'a pas forcément été le premier sport vers lequel s'est tourné le natif de Mar Del Plata, en Argentine. "Au début, je jouais au tennis. J'ai commencé le padel lorsque j'avais 12 ans", se souvient Juan Martin Diaz. Alors que le tennis lui demande beaucoup d'investissement, sans pour autant en ressentir les bénéfices, le jeune homme voit l'arrivée d'un terrain de padel à son club un jour qu'il se rend à l'entraînement. "Lorsque j'ai commencé à jouer au padel, j'ai tout de suite apprécié. J'ai rapidement perdu ma motivation pour le tennis, mais j'ai continué le padel." Et bien lui en a pris. 

Dans ce sport qui lui plaît pour son aspect "dynamique, qui fait beaucoup travailler le physique et la tête", le jeune Diaz est assidu aux entraînements et cela paie lors des tournois. Le déclic intervient d'ailleurs assez vite. "A 15 ans, j'ai remporté un tournoi de première catégorie dans ma ville natale. C'est à ce moment-là que j'ai compris que je pouvais m'investir dans le padel et y devenir professionnel. On peut dire que j'ai grandi en même temps que le padel, parce que lorsque j'ai commencé, ça n'avait rien à voir avec aujourd'hui." 

Espagne, études, passage chez les pros

Agé de 16 ans seulement, Juan Martin Diaz passe pro, mais continue ses études en Amérique du Sud. Ce n'est qu'à son arrivée en Espagne, alors qu'il a 21 ans, que les choses vont s'accélerer. Pour autant, tout n'a pas été simple au départ. Car il y a près de 20 ans, vivre du padel n'était pas aussi simple qu'aujourd'hui, et ce même en Espagne où ce sport est roi. "A l'époque, je jouais mais je devais également donner des cours pour gagner de l'argent", précise celui que l'on surnomme El Galleguito. Mais pourquoi ce surnom d'ailleurs ? "Mon père est de Galice (une région au nord-ouest de l'Espagne). Quand il est arrivé en Argentine, on l'appelait le "Gallejo" (le Galicien). Donc pour moi, c'était le petit Galicien, el Galleguito." A ses débuts en Espagne, Juan Martin Diaz jouait avec Javier Porras, qui est aujourd'hui le directeur du World Padel Tour. A la fin de leur association, le longiligne Argentin a trouvé le partenaire idoine en la personne de Fernado Belasteguin. 

Domination sans partage

Durant plus de dix ans, les deux comparses vont marcher sur le monde du padel, remportant notamment 22 tournois consécutifs entre septembre 2005 et mai 2007. Imprenables sur les courts, les deux hommes n'ont pourtant pas tissé de liens d'amitié au-delà. "De 2002 jusqu'à la fin d'année dernière, nous avons été numéros 1. Nous avons beaucoup de respect l'un pour l'autre, mais nous n'avions pas d'affinités particulières en dehors du court. Nous avions des discussions dans le cadre de notre travail, mais c'est tout", confie Diaz. Et en fin d'année dernière, la séparation arrive. "C'est parce que je suis vieux", lâche Juan Martin dans un éclat de rires. "Il a vu en Pablo Lima une meilleure option pour lui et il a voulu changer." 

Depuis, Juan Martin Diaz a tenté une association avec Juani Mieres, mais cela n'a pas fonctionné. C'est donc avec Maxi Sanchez qu'il évolue désormais. "C'est une nouvelle étape, différente. Cela fait trois tournois (avant celui de Monaco) que l'on joue ensemble et tout se passe bien, même si des fois j'aimerais que Maxi soit aussi fort que "Bela" (Fernando Belasteguin), mais c'est difficile." D'ailleurs, les deux anciens partenaires se sont déjà recroisés à plusieurs reprises sur les courts. "Lors des trois derniers tournois, nous avons été en finale contre Bela, mais on a perdu à chaque fois." 

La vie après le padel

Même si la longévité des sportifs est plus élevée dans le padel que dans d'autres sports, Juan Martin Diaz sait que les années sont désormais comptées. "Cette année et l'année prochaine je serai encore là. Ensuite, on verra. J'ai une vie magnifique et je ne pourrai sans doute pas en avoir une meilleure, mais il faut bien que ça s'arrête." Papa de trois enfants de 11, 9 et 4 ans, "aucun ne joue au padel, mon fils fait du water-polo et ma fille danse", celui qui peut s'avérer être un véritable show-man compte ainsi profiter de sa famille. Car s'il aime les voyages, il regrette de ne pas pouvoir faire venir femme et enfants à chaque fois, et préfère donc "les faire pour les vacances (rires)". Surtout, il pourra de nouveau pratiquer le tennis, qu'il n'a pas complètement abandonné. "Mais je ne gagne toujours pas (rires)".

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