Florent Menut, "je voulais devenir profiler"

Depuis novembre dernier, le groupe juniors/seniors de la section water-polo a un nouvel entraîneur. A la veille de sa première véritable rentrée, le coach est revenu sur ses ambitions pour les poloïstes monégasques.

Florent Menut a rejoint l'AS Monaco l'an dernier en tant que joueur de l'équipe première, avant finalement d'en devenir le coach. Il faut dire qu'avec des années de pratique puis d'encadrement à l'Olympic Nice Natation, sans compter son rôle d'arbitre, ce maître-nageur de 27 ans a un beau bagage à faire valoir et surtout une expérience à transmettre.

Quel est votre parcours ?

Je suis dans l'eau depuis tout petit puisque j'ai commencé à nager à 3 ans et demi à l'ONN, et ce jusqu'en 6e, puis exclusivement du water-polo jusqu'à mes 18 ans. Je suis ensuite devenu arbitre. Après, à l'ONN, j'ai eu en charge l'équipe régionale et les U15 en parallèle de mes études de droit et de criminologie. Je voulais être profiler, malheureusement ce n'est pas très développé en France. Alors je suis parti 5 mois en Amérique du Sud et à mon retour, après avoir tenté le concours de lieutenant de police à Monaco, j'ai enfin passé mon brevet professionnel de maître-nageur sauveteur. Cela faisait des années que je voulais le faire, mais je n'en avais pas eu l'occasion. J'ai toujours eu cela en tête, que ce soit en à-côté ou en activité principale. Ensuite, tout s'est enchaîné !

Comment êtes-vous arrivé en Principauté ?

Je m'étais licencié en début de saison dernière en tant que joueur parce que je voulais m'entraîner, pour le plaisir. Je connais aussi Sébastien Dervieux depuis des années et j'avais envie de changer d'air. Du coup, j'étais déjà au club quand Sébastien m'a annoncé que le poste allait être disponible. Quand il me l'a proposé, j'ai été bien sûr intéressé. Cela faisait un mois que j'étais à Monaco, je m'y plaisais bien. Ça m'a paru naturel.

Quand on est au bord du bassin, on arrive à voir des séquences de jeu de manière assez globale et du coup, à sentir les choses. Un joueur qui reste tout le temps dans l'eau y aura les automatismes, mais pas les mêmes autour du bassin. Moi, comme j'ai été joueur, entraîneur, arbitre, je connais tous les aspects. J'essaie de coacher en fonction de l'arbitre, de l'adversaire... Je sais également quand un de mes joueurs va faire une bêtise et donc des fautes.

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Comment envisagez-vous l'organisation du groupe ?

Déjà, je proposerai le même entraînement à tout le monde. La distinction se fera pour les matches. Moi je préparerai quelque chose pour ceux qui veulent travailler. Ceux qui veulent faire un peu moins, ils feront moins. Mais d'entrée de saison, je veux connaître les aspirations de chacun. Leur dire : "cette année, tu me dis que tu veux faire ça. Pas de soucis. Je vais te suivre pour cela, mais sois juste envers toi et envers moi et agis en fonction de ce que tu dis". S'il y en a un qui me dit souhaiter vraiment progresser, je serai un peu plus derrière lui que pour celui qui me dit qu'il est là pour s'amuser. Je vais adapter mes propos, mon attention.

Vous vous occupez des deux équipes au sein d'un même championnat, cela ne va-t-il pas créer une sorte de rivalité ?

Cette adversité existe déjà à l'entraînement. Les jeunes, ils ont les poils qui poussent (rires). Ils ont envie de prouver des choses aux anciens, d'autant qu'ils sont plus nombreux dans le groupe, donc ils font un peu les cacous. Cette année, ils vont avoir fort à prouver. Et avec un enjeu : le championnat. D'autant qu'ils sont les actuels tenants du titre de N3B.

Quels seront leurs objectifs ?

Je vais m'attarder sur le groupe des jeunes parce que c'est celui-là qui a besoin de progresser et qui sera amené, pour ceux qui resteront sur Monaco, à faire partie de l'avenir du club. L'objectif, c'est d'aller le plus loin possible avec eux. Après, je n'ai pas en tête qu'une équipe surpasse l'autre au niveau du classement. Avoir les deux équipes première et deuxième du championnat, ce serait parfait. J'aimerais également que le groupe de jeunes s'émancipe, ait un niveau à peu près équivalent à celui qui a de l'expérience, voire qu'ils rivalisent vraiment au niveau du jeu. Pour éventuellement envisager de reprendre une équipe en N3A l'an prochain.

Que leur manque-t-il pour s'émanciper ?

D'entrée, je dirais la filouterie. Sous l'eau, il se passe plein de choses. Les anciens savent comment manœuvrer avec l'adversaire. Ils savent jouer avec l'arbitre et faire leurs affaires quand celui-ci ne regarde pas. Les jeunes n'osent pas forcément. Ils ne vont pas assez au charbon. Des fois ils râlent lorsqu'ils prennent un coup. Les vieux ne disent rien, mais ils en remettent deux cinq minutes après. Du coup, lors des confrontations entre les deux à l'entraînement, on demande aux plus anciens de muscler le jeu et de ne pas se laisser faire pour bien préparer les jeunes. Parce qu'en match, c'est pire, il y a une réelle opposition, sans oublier la gagne.

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