RC Cannes : l’année d’après

En mai dernier, le RC Cannes savait que la saison prochaine serait compliquée à cause du départ à la retraite de l'immense Victoria Ravva. Quatrième de Ligue A, le club de la présidente Annie Courtade n'avait plus connu ça depuis 20 ans.

Lors de ses quatre dernières saisons, le RC Cannes n’avait perdu que deux rencontres de championnat. C’est autant que depuis le mois d’octobre dernier où les Cannoises ont déjà perdu à Saint-Raphaël (3 à 2) et à Nantes (3 à 0). "Maintenant, c’est quand on perd qu’on fait le buzz" avouait Victoria Ravva, pour le journal Le Monde en mai dernier. Aujourd’hui reconvertie en responsable marketing, l’ex-capitaine n’avait que très peu connu la défaite avec son club de coeur la menant à 19 titres de championne de France, 18 Coupes de France et deux Ligue des champions.

Alors oui, le RC Cannes a pris l’habitude de survoler le classement avec, chaque année, de très nombreux points d’avance. Mais cette saison, les choses sont différentes avec cette quatrième place après neuf rencontres (sept victoires pour deux défaites). Compliqué pour un club qui, depuis 1998, est champion de France à chaque fin de saison. Car cette année, même si l’entraîneur Yan Fang est resté (en place depuis 1993), ce n’est pas le cas de la plupart de ses joueuses parties à l’intersaison. Des départs pouvant expliquer des résultats plus mitigés qu’auparavant.

Un effectif complètement bouleversé

Par rapport à la saison dernière, seules trois joueuses sont toujours présentes. Déborah Ortschitt, Sanja Bursac et Alexandra Lazic. Pour le reste, dix nouvelles recrues sont arrivées à l’intersaison, avec plus ou moins d’expérience. Cannes a misé sur la jeunesse avec notamment Margaux Bouzinac, âgée seulement de 19 ans. 

Kodola Face à St Raph

Alors, forcément, pour que l’équipe retrouve le niveau qui est le sien depuis vingt ans, il faut du temps. Passer d’une équipe construite autour de Victoria Ravva à une équipe qui a subi un tel changement, c’est comme demander à Yan Fang de repartir à zéro. Cela même si Myriam Kloster et Rachel Sanchez Perez (arrivées cette saison) figurent parmi les trois meilleurs centrales du championnat.

La coupe en consolation ?

Comme si ces difficultés ne suffisaient pas, le RC Cannes a perdu ses quatre rencontres de Ligue des champions. Les Cannoises n’ont d'ailleurs remporté que deux sets (défaite 3-2 face à Ekaterinburg). Une difficulté récurrente puisque lors des cinq dernières éditions, le RC Cannes n’est apparu qu’une seule fois en phase finale. Pourtant, le club a souvent joué les premiers rôles en Europe en remportant la compétition à deux reprises (2002-2003) et en terminant vice-champion d’Europe à deux reprises également, en 2006 et 2012.

Seul point positif, les coéquipières de Déborah Ortschitt sont toujours en lice en Coupe de France (quart de finale) après avoir éliminé Mougins (Division Elite Féminine, 2e division nationale) 3 à 0 au tour précédent. Cependant, malgré cette qualification, il semble bien que cette année soit plus une année de transition qu’une année de titres pour les Cannoises.

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :