La mue se poursuit

L'AS Monaco Rugby continue de se développer. Si l'équipe fanion a raté de peu la montée en Fédérale 3 et un titre territorial, le club grandit de jour en jour. Et va connaître une nouvelle étape avec l'arrivée de son stade, au complexe du Devens, pour le début de la prochaine saison.

Un groupe de costauds au milieu du terrain. Un coach qui donne des consignes aux uns et aux autres. Sous un soleil de plomb, les joueurs de l'AS Monaco Rugby disputent la finale territoriale de la division Honneur face à Draguignan. Si la défaite s'est retrouvée au bout de ce combat mené contre les Varois (22-18), les Monégasques avaient encore quelques parties à disputer ensuite avec les phases finales du championnat de France. Forts de leur place sur le podium glanée lors de la saison régulière, ces play-offs pouvaient propulser le club du Rocher en Fédérale 3. 

Il leur fallait pour cela atteindre au moins les 1/8es de finale. Après un 32e bien géré face à Aix-les-Bains (23-5), 1er de la région des Alpes, la route s'est malheureusement terminée en 16es contre le Saint-Giron Sporting Club, numéro 1 du Midi-Pyrénées (15-60). Une défaite qui a enterré les espoirs de montée pour cette année, mais qui ne remet pas en cause le projet du club, loin de là. Si cela laissera forcément des regrets au président Thomas Riqué, qui a décidé de mettre un terme à sa carrière de joueur à l'issue de cette saison, le cru 2017/18 aura tout de même été de haute facture. 

Un bilan positif

Beaucoup de choses ont changé à l'orée de l'exercice 2017/18. Dans un club toujours en mouvements depuis quelques années, où la volonté de grandir se traduit par des actes, le sportif est la face émergée de l'iceberg. Et notamment l'équipe fanion, chez les seniors, qui évolue en division Honneur, échelon régional le plus élevé. Car au-dessus, c'est en Fédérale 3 que ça se passe, où l'on quitte l'amateurisme pour rejoindre le monde semi-professionnel. Après une saison 2016/17 plutôt compliquée, où les Rouge et Blanc ont acquis un maintien laborieux, il devait en être autrement pour celle qui vient de s'écouler. 

Pour ce faire, les grands moyens ont été employés. Un renouvellement massif de l'effectif, environ les ⅔, un partenariat avec Menton (voir encadré), l'arrivée d'un entraîneur supplémentaire dans le staff, de quoi partir dans l'inconnu au départ. Mais un inconnu qui s'est révélé ultra-positif avec comme résultat une place de second sur la phase régulière et une courte défaite en finale territoriale. "Tout n'est pas parfait pour autant et on n'en est pas moins exigeant avec nos joueurs et notre staff. Nous sommes dans une période où on fait la bascule entre la construction et la vraie compétition et il faut vraiment qu'on arrive à asseoir cette culture de la gagne qui nous fait parfois défaut." Et cette culture de la gagne, Thomas Riqué peut notamment compter sur le coach, Ludovic Chambriard pour l'apporter à son groupe.

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La "patte" Chambriard

Arrivé l'an dernier alors qu'il débarquait du monde professionnel (il a coaché en Top 14 et Pro D2 notamment), le technicien de l'AS Monaco Rugby a d'abord dû en passer par une phase de transition avant de pouvoir mettre en place ses idées. "Il avait envie de revenir sur de la construction, de la formation, de l'apprentissage, de prendre des jeunes pour les faire grandir,  faire progresser l'intégralité d'un club. Il a fallu une année pour s'acclimater parce que passer du monde pro à un club comme le nôtre, qui est dans un processus de construction est assez brutal", glisse le président. 

Après un premier exercice compliqué, où ses idées se repéraient déjà, les retouches apportées à l'intersaison ont permis au coach de mettre en place un jeu où le plaisir est érigé comme principe fondamental. "C'est un amoureux du jeu. Il est parti du principe qu'évoluant au niveau amateur, les joueurs doivent prendre un maximum de plaisir et il a simplifié notre projet de jeu avec cette idée première de plaisir", explique Thomas Riqué. Aérer le jeu, toucher le plus de ballons possibles pour chacun des joueurs, des éléments permettant de faire gagner en investissement chez les rugbymen. "Techniquement, il y a tout un apprentissage individuel pour que chacun hausse son niveau. Ludovic a aussi compris que si Monaco doit devenir populaire, cela passera par le plaisir que prendront les gens en venant nous voir." 

Et pour compenser un manque de gabarits dans l'équipe, le coach a donc encore plus insisté sur un jeu avec des garçons "coureurs, joueurs, plus que des monstres physiques qui font avancer l'équipe et cela fait de nous un groupe très joueur." Aidé par son staff, Ludovic Chambriard a également vu sa troupe gagner en maturité et en qualité sur des points qui avaient fait défaut, notamment avec l'arrivée de Sylvain Masson, entraîneur des avants. "Il nous a beaucoup fait travailler sur la conquête, la touche, la mêlée", détaille Thomas Riqué. 

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Un partenariat gagnant-gagnant

Cette saison, l'AS Monaco et le Rugby Club Webb Ellis Menton ont noué un partenariat. Si chaque club a gardé son école de rugby, avec des entraînements communs le mercredi, les jeunes (cadets-juniors) jouent en entente, avec les deux écussons sur un même maillot. Du côté des seniors, tout le monde est cependant passé sous la coupe de l'AS Monaco. "Menton et Monaco sont deux clubs assez proches dans un bassin assez limité allant de l'Italie à Nice. Ils étaient en difficulté en terme d'effectif et arrivaient au bout de ce qu'ils pouvaient proposer en terme de compétition chez les seniors. On a su prendre les joueurs seniors en charge dans une structure un peu plus compétition que ce que l'était Menton. Je pense qu'ils s'y sont retrouvés, ça leur a redonné le goût du rugby et de la compétition aussi. Ils ont performé, ils étaient contents de venir à l'entraînement, ça les a fait grandir et ça nous a fait grandir aussi."