Stan Sutor, "On doit grandir ensemble"

Les play-offs pour l'accession en Ligue Magnus se rapprochent et les Aigles de Nice sont actuellement 3emes de Division 1. A deux journées de la fin de la saison régulière, les joueurs de Stan Sutor sont bien partis pour remplir l'objectif fixé par la direction du club : être dans les 4 premiers.Nous avons rencontré Stan Sutor pour parler hockey il y a quelques semaines. Alors que les Niçois ne joueront pas ce week-end, c'est l'occasion d'évoquer ce sport avec l'ancien gardien de but.


Un projet a été mis en place pour le hockey à Nice. Quel est-il ?

Le club est en train de grandir. On avait 170 licenciés il y a peu. On a fait une très belle saison il y a 3 ans, ça a fait un petit boum et ça a ramené du monde à la patinoire, notamment chez les jeunes. Aujourd’hui on a 350 licenciés, et je pense que c’est important d’avoir une base. Si on doit monter, j’espère assez rapidement, il faut qu’il y ait quelque chose derrière. Les joueurs, les dirigeants, les bénévoles. Pour l’organisation, surtout en France où le hockey n’est pas roi et les finances dures à aller chercher, on compte énormément sur les bénévoles, pour la gestion des matchs, des déplacements, des mineurs. Et chaque année, on est de plus en plus nombreux. Pour les entraînements c’est pareil. Avant j’étais seul, maintenant on est deux avec un préparateur physique qui fait un boulot remarquable. Ça se ressent sur la glace.

Où en est le projet aujourd'hui ?

On nous a demandé d’être dans les 4 premiers et d’accéder à la demi-finale, voire la finale. A terme d’ici 2-3 ans, ce serait très bien que l’équipe de Nice soit en Magnus de manière stable.

Comment voyez-vous le niveau de la Ligue Magnus ?

On a fait des matchs contre des équipes comme Briançon ou Chamonix, et ça joue avec plus de rythme que chez nous. Ils ont minimum 9 à 10 matchs de plus que nous, donc l’enchaînement des matches peut expliquer ça. Tactiquement, c’est plus discipliné aussi. Chez nous en D1, tout le monde le dit, on a un super championnat ou tout est assez serré. Il y a plus de spectacle chez nous, parce que c’est moins contraignant tactiquement. C’est là-dessus qu’on a des progrès à faire je pense.

Que pensez-vous du niveau français par rapport à d'autres championnats ?

Le championnat français a un très bon niveau. Ils ont ouvert les frontières aux étrangers, et on trouve beaucoup de nationalités qui ont apporté pas mal de choses au hockey. Les français ne trouvent pas tous une place dans les effectifs aujourd’hui, mais ça leur permet d’avancer. Et la Fédération est entrain de faire des règlements à ce niveau-là, raison pour laquelle on voit de plus en plus de français dans les équipes chaque année. Le championnat reste de très bon niveau. On ne peut pas le comparer avec la Suisse ou l’Allemagne où le hockey est roi, où ils ont les structures et les finances nécessaires. Mais Rouen a été champion de Ligue Continentale (coupe d'Europe) il y a deux ans. Les étrangers qui viennent aujourd’hui en France doivent être beaucoup plus performant qu’avant pour s’installer comme titulaire en club.

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Et au niveau des sélections nationales ?

Sur le plan mondial, la France est dans les dix premiers. Sur les dernières saisons, les français ont fait de super matches aux championnats du monde, et l’équipe de France a fait de sacrés progrès. Face à certaines sélections renommées, ils arrivent à faire de bons résultats et à produire du beau jeu. La formation française a beaucoup progressé. La fédération a mis des contraintes pour les équipes qui jouent en Magnus (elles doivent avoir un centre de formation), de plus en plus d’entraîneurs sont diplômés, et cela s’en ressent en équipe de France. 

Comment accentuer la médiatisation de hockey en France ?

La voie est bonne, mais ça passe par les médias. Les enfants, petits, veulent devenir ce qu’ils voient à la télévision. En France, il y a des villes où le hockey est numéro un. Rouen fait de belles choses depuis pas mal d’années. C’est un travail sur le long terme. En première division, les clubs se structurent de plus en plus, l’organisation s'améliore, on est de mieux en mieux reçus sur les déplacements, il y a de plus en plus de monde dans les patinoires. Ça fait 20 ans que je suis là, et de gros progrès ont été faits. Avant, il nous arrivait de jouer dans des patinoires vides, aujourd’hui, on ne le voit plus. 

Qu’est-ce qui manque pour attirer plus de monde, pratique et spectacle confondus ?

Ça se fera naturellement. On doit grandir ensemble. Le club de Nice aujourd’hui n’est pas capable du jour au lendemain de recevoir 200 licenciés de plus. Il manque des créneaux de glace, des endroits où les accueillir, des endroits pour stocker le matériel. On évolue doucement mais sûrement à Nice. Chaque année on grandit un peu plus, et cette croissance continue.

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