Futsal Académie

Un retard culturel

C'est l'un des points noirs de la formation à la française que soulève Jean-Claude Haddad. "Le futsal ne fait pas encore partie du sport à l'école. Alors que chez les autres, comme en Espagne par exemple, les petits font du futsal au même titre que le handball, le basket ou tous les autres sports que l'on retrouve dans le scolaire." 

Et ce retard culturel se retrouve ensuite à chaque étage de la formation. Si l'aspect technique dépendra de chacun, le talent naturel aidant beaucoup dans ce domaine, le principe de combinaisons peut lui aussi poser un certain problème de compréhension. "On doit les mettre en place petit à petit car c'est difficile à intégrer pour les joueurs. On a d'ailleurs un peu de mal à travailler dessus", admet le président du club. 

Pour ce faire, le boss du club et son fils ont décidé de tout faire passer par le jeu chez les jeunes de l'Academy. Une méthode à part entière, mais aussi une question de nécessité. Car avec 80 enfants inscrits, et même s'ils ne sont pas tous là en même temps, difficile de pouvoir travailler dans un espace réduit avec beaucoup de petits. "On a décidé de faire des séances découpées en trois parties. Au départ, ils ont toujours entre 15 et 30 minutes de jeu libre. Ensuite on passe sur du jeu à thème et on finit généralement par des pénaltys. C'est difficile d'adapter une séance sur le modèle espagnol à 100%, on manque de temps et il nous faudrait aussi pouvoir mieux séparer les différentes catégories d'âge. Donc les thématiques d'entraînement sont imbriquées dans les oppositions qu'on met en place", explique Jonathan. 

Jeu à deux touches de balle, supériorité numérique, vitesse de transmission, déplacements sur le terrain et occupation de l'espace sont autant de thèmes qui reviennent dans les petits matches auxquels prennent part les enfants, âgés de 5 à 12 ans. 

Respect des consignes et des valeurs

Lors de ces oppositions, Jean-Claude et Jonathan sont postés chacun d'un côté du terrain. Et interviennent dès qu'une chose cloche dans le jeu des petites têtes blondes. "On joue en passe ! En match c'est pareil, on ne traverse pas le terrain tout seul", peut-on entendre alors qu'un jeune garçon s'essaie à un raid solitaire en direction du but adverse. "Deux minutes, deux minutes ! Là, tu dois faire la passe de l'autre côté. Tu sais pourquoi ? Parce que ton partenaire arrive lancé et qu'il est démarqué et donc mieux placé que toi pour marquer." 

Attentifs, les petits écoutent religieusement leurs coaches afin d'appliquer au mieux les consignes. Même si certains essaient parfois de n'en faire qu'à leur tête, cela ne dure jamais longtemps. "On leur demande d'être attentifs parce que dans notre sport, on doit être rapide et attentif justement. Il faut jouer collectif, donc savoir réfléchir vite pour décaler rapidement le ballon, où le donner, comment attaquer et comment défendre, comprendre qu'il faut suivre après une passe et ne pas rester sur place à attendre que le ballon revienne", précise Jean-Claude Haddad, qui n'hésite pas à envoyer un enfant 2 minutes sur le banc s'il joue trop les fortes têtes. 

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Et comme partout, l'effet d'essaim ou de grappe (groupe d'enfants autour du ballon) se retrouve aussi au futsal, mais moins que dans les autres formes de football. "Au début c'est difficile parce que tous les enfants veulent avoir le ballon, mais on leur fait comprendre qu'il faut bien utiliser l'espace, que rester collé ne sert pas à grand chose." Et pour faire comprendre cela, l'aspect psychologique est l'une des choses primordiales dans la méthode de l'académie monégasque. "Il faut savoir prendre les enfants. Certains ont besoin qu'on soit un peu plus dur, pour d'autres, plus fragiles, il faut prendre une autre intonation. On arrive à bien cibler ces choses-là. C'est une façon très espagnole de fonctionner." 

Si le président peut parfois sembler dur, c'est aussi qu'il veut inculquer des valeurs importantes à ses jeunes. Un moyen aussi de redorer le blason d'une discipline dont l'image n'est pas toujours parfaite. "On doit être généreux dans l'effort, se battre pour récupérer le ballon, mais sans pour autant être agressif sur le porteur de balle. On joue, on respecte le joueur. Le respect est important, surtout à cet âge-là." Une école de la vie en somme. 

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