Futsal Académie

Le club du Monaco Futsal, au-delà de son équipe fanion qui évolue en 1ère division de district, dispose aussi d'une académie. Dès l'âge de 5 ans, garçons et filles peuvent s'y inscrire pour y apprendre les rudiments du futsal avec une formation à l'accent espagnol. Le tout sous le sceau de Fernandao, grand joueur espagnol qui a donné son nom à l'académie fondée par Jean-Claude Haddad.

S'il est une discipline qui connaît un engouement et un développement de plus en plus forts, c'est bien le futsal. Plus qu'un simple dérivé du football, c'est un véritable sport à part entière qui s'empare peu à peu des gymnases de France. Déjà très présente dans des pays comme l'Espagne, le Portugal, le Brésil, mais aussi en Europe de l'Est, où la Russie et le Kazakhstan sont de sérieux candidats à un titre international, cette discipline est en plein essor en France. Lors du dernier Euro, organisé en Slovénie, les Portugais ont remporté le titre pour la première fois (3-2 contre l'Espagne). Un tournoi auquel a pu assister Jean-Claude Haddad, président du Monaco Futsal. 

Si le club monégasque est présent chez les seniors (1ère division district), une académie forme les joueurs en herbe. En mars dernier, ces apprentis footballeurs ont d'ailleurs pris part à un tournoi élite U12 organisé à Mandelieu. Emmenés par leur entraîneur, Jonathan Haddad, ils ont fait montre de respect, sens du collectif et solidarité. Des valeurs prônées par le président et qui se retrouvent dans chaque séance d'entraînement. Le tout en appliquant des principes que l'on peut retrouver en Espagne, modèle assumé et suivi par l'Academy F6 Monaco.

Erika Tanaka Csm34 Futsal 1

L'apport espagnol

"Monaco Futsal a déjà pas mal d'années derrière lui. On avait une académie au départ, qui n'était pas avec les Espagnols. Mais à force d'aller là-bas, de pouvoir assister à des entraînements, notamment du FC Barcelone futsal, on s'est dit qu'il serait intéressant de travailler selon leur modèle. Et Fernandao m'a proposé de soutenir et aider au développement de l'Academy", explique Jean-Claude Haddad.

 D'autant que le Fernandao en question n'est pas n'importe qui (voir encadré). Exit l'ancienne méthode donc, place à la vision ibérique. Et tout cela est validé par la formation de Jonathan. Le fils du président, également capitaine des seniors et entraîneur à l'Academy, a ainsi passé ses diplômes en Espagne. "C'est aussi grâce à ça que nous pouvons travailler correctement. Fernandao a accueilli mon fils et l'a hébergé le temps de sa formation. Sans ça, on aurait fait les choses à l'ancienne, comme des joueurs de 11 et ça aurait été n'importe quoi", continue Jean-Claude Haddad. 

Si en France les entraîneurs suivent une formation avec un tronc commun football et un module futsal (une formation plus approfondie et plus spécifique au futsal est désormais disponible), Jonathan a passé la licence B de futsal de l'UEFA. Un diplôme qui lui permet d'entraîner de partout en Europe, mais aussi dans le monde. "Mon diplôme équivaut au niveau 1 de la fédération espagnole. En Espagne, il y a vraiment une spécifique futsal, avec le règlement futsal, tout ce qui est du domaine du futsal. Alors que la FFF propose un tronc commun avec une petite partie futsal. L'enseignement y est beaucoup plus développé, poussé et les entraîneurs espagnols sont parmi les plus demandés au monde. Quand j'étais en Espagne, j'ai découvert qu'il y avait plusieurs méthodes d'entraînements, avec différentes parties dans une séance, en définissant un objectif sur chaque séance", précise le jeune homme. Et dans ce sport, la technique revêt une importance particulière.

L'art de la semelle

Que l'on soit espagnol ou français, ou même brésilien, s'il y a bien une chose que l'on doit maîtriser dès lors que l'on joue au futsal, c'est la semelle. Alors que les entraîneurs de 11 et des autres dérivés du foot ont tendance à proscrire le contrôle du ballon avec cette partie du pied, c'est tout l'inverse qui se passe en futsal. "A 11, on bloque de côté en général. Mais en futsal, le contrôle se fait par la semelle, vous voyez  (il fait une démonstration avec son fils d'une passe et d'un contrôle de la semelle) ?" 

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Lui-même passé par le 11, c'est toujours dans le futsal que Jean-Claude Haddad s'est le plus retrouvé. Et aussi pour cela qu'il a décidé de mettre en place son académie pour transmettre sa passion. Mais la semelle n'est pas le seul geste spécifique que les bambins présents vont apprendre. "On va leur apprendre comment frapper dans les angles morts, se servir du talon ou de l'arrière du crâne aussi. Car au futsal, le but est d'apprendre à rapidement faire la différence, sans avoir forcément besoin de se retourner", explique Jean-Claude Haddad. 

Un travail basé sur la technique important, car c'est là l'une des caractéristiques de ce sport. Savoir jouer dans les petits périmètres tout en créant de l'espace. Et pour ce faire, toute partie du corps peut s'avérer utile. Là où le jeu peut paraître plus conventionnel à 11, il pourra facilement être plus spectaculaire en futsal. "On a de beaux gestes techniques chez nous", glisse, sourire en coin, le président. Et pour montrer de bons exemples à ses jeunes, il n'hésite pas à citer d'illustres joueurs. "Iniesta par exemple, a commencé par le futsal, tout comme les Brésiliens qui passent tous par là au départ. C'est un manque qu'on a en France et qui créé un déficit technique chez nos jeunes." 

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Photos

Fernandao, ambassadeur 5 étoiles

S'il joue actuellement en Belgique, Fernando Maciel Gonçalves, plus communément appelé Fernandao, a longtemps été l'un des meilleurs joueurs de futsal du monde. Trois fois champion d'Espagne avec le FC Barcelone, pichichi (meilleur buteur) du championnat, meilleur pivot à deux reprises, champion d'Europe en 2008 en Hongrie avec la sélection espagnole, il possède l'un des plus beaux palmarès du futsal. Après sept saisons au FC Barcelone, il a notamment joué au MFK Dinamo Moscou et est aujourd'hui à Halle-Gooik,en Belgique.