Cannes Bocca futsal, un doyen au tapis

Vice-champion de France l'an dernier, le plus ancien club de l'Hexagone a fermé ses portes. Une fin aussi triste que brutale pour le Cannes Bocca futsal, causé par une mauvaise gestion des comptes.

Sur son blason, le Cannes Bocca futsal (CBF) affichait fièrement la date de sa création, 1978. Alors qu'il était passé tout près d'un premier titre de champion il y a quelques mois, le CBF a été rayé de la carte en l'espace de quelques jours. Samedi dernier, la D1 a repris. Sans lui.

Après la rétrogradation de l'AS Cannes football en DHR en raisons de soucis financiers, la Cité des festivals est le théâtre d'un nouvel épisode du genre. Si la situation et les sommes en jeu ne sont pas comparables, l'issue est la même.

Ce qui a précité la chute du Cannes Bocca futsal, c'est une somme de 70 000 euros non restituée à la mairie. Un montant qui correspond au salaire annuel (charges comprises) d'un employé municipal mis à disposition par la Ville, le manager général Farid Benameur (qui a cessé ses fonctions le 2 septembre) en l'occurence.

L'argent utilisé pour recruter des joueurs

L'usage voulait qu'en plus de la subvention versée au club, cette enveloppe lui soit allouée. Dans le courant de l'année, elle devait être rétrocédée à la mairie de Cannes "pour que les écritures de la Ville soient transparentes", comme l'a expliqué l'adjointe au sport, Odile Gouny-Douzol.

Le hic, c'est que tout ne s'est pas exactement passé comme prévu. Et les 70 000 euros auraient été utilisés pour effectuer le recrutement et renouveler certains contrats (d'autres ont été pris en charge par l'Etat, sous forme de "contrats  avenir").

"Une escroquerie" pour Odile Gouny-Dozol, qui indique avoir relancé à plusieurs reprises le président Floren Massis, démissionnaire, afin d'obtenir des éclaircissements. Après avoir promis de rembourser 9 000 euros, le dirigeant n'a pas donné suite. "Pour nous, il a sabordé le club", insiste l'élue.

François Behar :
"J'ai la sensation qu'on assassine notre enfant"

Sur le site actufutsal.fr, François Behar, président de 2005 à 2013, a livré son sentiment sur cette affaire. "J'ai l'a sensation qu'on assassine notre enfant. […] Et dire que trois de nos matches allaient être diffusés à la télé, c'est du gâchis…"

Dans le milieu du futsal français, l'annonce de la disparition du Cannes Bocca futsal n'a pas laissé indifférent. Via les réseaux sociaux, plusieurs clubs et joueurs ont tenu à adresser un message de soutien au CBF.

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