Les filles de l'ASM passent à l'attaque

À Monaco, les filles aussi jouent au foot ! Pensionnaire de DH (division d'honneur) la saison dernière, l'équipe évolue désormais en district. André-pierre Couffet, président du club, et Thierry Nagellen, vice-président, ont à cœur de donner une nouvelle impulsion à l'Association sportive monégasque de football féminin (ASMFF) pour cette saison 2012-2013 et au-delà. Le club a fait le plein de nouvelles recrues et compte bien bâtir de solides fondations.

"Pas de douleur à cause du match de dimanche ?'', s'enquiert Adnan Tijani, l'entraîneur de ces dames. ''Si, à la tête parce qu'on a perdu !'', rétorque sans traîner une voix dans le demi-cercle de nanas en crampons. Depuis ce début de saison, l'équipe monégasque a gagné 8-0 contre Cannes la Bocca, mais s'est inclinée 2 à 0 contre Cagnes-sur-Mer et 5 à 1 contre Mandelieu. Alors, le coach met les points sur les i. ''On a péché devant le but face à Cagnes. On va s'entraîner devant les cages ce soir.'' Vendredi, 20 h 30, c'est l'heure du briefing avant l'échauffement pour les joueuses de l'ASMFF. L'air est glacé et la pelouse synthétique scintille d'humidité sous l'éclairage du stade des Moneghetti. Mais pas de chichi. Les demoiselles s'entraînent tous les mercredis et vendredis, de 20 à 22 heures. Elles ont entre 16 et 43 ans. Les plus jeunes sont d'emblée propulsées dans la catégorie senior, faute de championnat spécifique à leur âge. Certaines ont gardé le sweat-shirt et le pantalon de survêtement, d'autres sont déjà en short et tee-shirt. ''Allez, conduite de balle, cinq tours de petit terrain'', ordonne le technicien. L'armada se meut en meute, le pas est rapide pour faire chauffer les muscles. Ça discute un peu, ça crie et ça rigole puis ça se fait recadrer alors ça tape dans la balle.

Sérieuses et appliquées

Adnan a joué dix ans en club, dont deux à l'ASM. À 28 ans, il entame sa première année en qualité d'entraîneur. ''J'avais de très bonnes amies qui jouaient ici. J'ai su que le club cherchait quelqu'un alors j'ai saisi l'opportunité et je suis agréablement surpris. On me disait que je commençais par le plus dur avec l'équipe senior. C'est vrai que certaines sont plus âgées que moi et qu'en tant que coach, je débute. Elles auraient pu me prendre de haut. Mais en fait, elles sont très à l'écoute, sérieuses et appliquées.'' 

Elles participent à deux championnats que l'on appelle ''district'', c'est-à-dire qu'ils opposent les équipes féminines du département des Alpes-Maritimes. Elles s'affrontent tous les dimanches. Le championnat à 7 est considéré comme du football loisir, il n'y a pas de montée en catégorie supérieure possible. En fin de saison, l'équipe gagnante remporte seulement la coupe de son championnat. En revanche, le championnat à 11, plus bas niveau national, offre la possibilité d'une montée en DH (division d'honneur) régionale, qui se joue au niveau Ligue Méditerranée.

C'est (pas toujours) le coach qui décide

''Je cherche l'homogénéité dans les deux équipes. Je me rends compte qu'être entraîneur, c'est 50% de sport et 50% de pédagogie'', explique Adnan, amusé. ''Le seul souci lorsqu'on est ''un'' entraîneur, c'est qu'on ne peut pas rentrer dans le vestiaire des filles. Donc parfois les règlements de compte se passent en vase clos et on ne voit pas s'il y a de la pression. Mais bon, sur le terrain, ça se sent de suite s'il y a un problème. Ça transpire de sincérité une équipe de foot. Les joueuses ne trichent pas entre elles.''

Lors des entraînements et des matches, c'est Adnan qui constitue les listes des filles qui jouent à 7 ou à 11. ''Moi je suis ouvert au dialogue. On peut discuter. Mon but n'est pas de faire faire aux filles ce qui ne leur plaît pas. À 11, c'est plus physique, on joue sur un terrain normal. À 7, les exigences sont différentes car on joue sur un demi-terrain.'' 

Marlène, 20 ans, minois poupin aux grands yeux bleus, préfère jouer à 7. ''Je suis capitaine de l'équipe à 7 et je joue libero'', explique-t-elle. ''J'aime bien motiver le groupe. Quand je vois qu'elles ont trop la pression, je fais le clown. On ressent beaucoup de solidarité et de soutien entre nous. Je préfère jouer à 7. À 11, c'est trop compétitif.'' Plus loin sur le terrain, pleine de pêche, Salima. À 43 ans, elle occupe le poste de milieu gauche dans l'équipe à 11. La doyenne du club est passionnée de ballon depuis l'âge de huit ans. ''J'ai toujours joué avec mes frères. Un jour, l'entraîneur de l'équipe de Monaco m'a vue tripoter le ballon dans la rue et m'a prise dans son équipe.'' ''Mima'', comme on l'appelle ici, a joué au temps où l'équipe était en DH (jusqu'à l'an dernier). Elle regrette un peu cette époque où les filles "avaient plus 'la gagne''. ''Pour l'instant, les nouvelles arrivantes sont plus jeunes et un peu plus fofolles. Mais il y a une très bonne ambiance de groupe.'' 

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