Dossier

Les cinq années de Vadim Vasilyev à l'AS Monaco

Vadim Vasilyev fête ses 5 ans à l’AS Monaco. L’occasion pour nous de revenir sur ses cinq années au cours desquelles ses talents de diplomate, homme d’affaires et visionnaire l’ont notamment conduit à obtenir le trophée de meilleur dirigeant de l’année.

Nous sommes en mars 2013 et Vadim Vasilyev est nommé directeur sportif de l'AS Monaco. Directeur général puis vice-président directeur général, l'ancien diplomate est devenu un acteur incontournable du football européen.

 Le jour où vous êtes rentré dans le monde du football ?

C'est un jour qui m'a marqué. C'était le 7 janvier 2013, pour la cérémonie du ballon d'or à Zurich. C'est la première fois que je suis entré dans le foot, mon premier jour, c'était une très belle cérémonie et j'ai pu voir toutes les légendes, les acteurs les plus importants du football. Je me suis rendu compte que j'entrais dans un monde passionnant. Il y avait beaucoup de supporters devant le bâtiment où se déroulait la cérémonie et quand les joueurs passaient, ils criaient si fort, il y avait tellement d'émotion. C'est là-aussi que je me suis dit que j'allais vivre une très belle aventure.

Le jour où vous avez vécu votre meilleur moment à la tête du club ?

La victoire à Arsenal (3-1 en 1/8e de finale aller de Ligue des Champions le 25/02/2015). C'était la première en Champions League, contre un grand club, dans un stade plein et il faut surtout noter qu'il y avait plus de 3 000 Monégasques qui avaient fait le déplacement. C'était vraiment impressionnant de les voir à l'Emirates et de les entendre dans ce stade. Nous avions été les saluer, c'est une grande soirée qui m'a marqué. Cette victoire reste (tout en montrant la photo où il est sur le banc de l'Emirates avec le Prince) la plus belle émotion que j'ai ressentie au club.

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Le jour où vous avez été élu dirigeant européen de l'année ?

J'ai eu deux prix l'année dernière : meilleur dirigeant européen (lors des Football Business Awards 2017 à Londres) et meilleur dirigeant 2017 (lors de la 8e édition des Globe Soccer à Dubaï). J'ai également été classé 7e dans "les 30 qui font le foot français" (et premier dirigeant du classement réalisé par le journal L'Equipe).

 Gagner ces deux prix a été une chose vraiment inattendue et très très spéciale. Je n'y ai pas pensé sur le moment, mais peu de temps après, quand j'ai pris quelques jours de vacances, je me suis dit qu'il y a 5 ans, je ne connaissais personne, je ne connaissais pas le monde du football. J'étais un simple supporter, comme nous le sommes tous, juste un amoureux du foot. Et 5 ans plus tard, recevoir ces prix à Londres et Dubaï, c'est quelque chose de fort.

Je ne me rends peut-être pas complètement compte, mais on a fait tellement de chemin en 5 ans. Il y a eu tant d'étapes de passées, que ce soit footballistiquement ou autour du club, envers les instances nationales, européennes, les développements, les changements, les records de transferts, les résultats. On a eu tellement de choses. 

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Le jour où vous êtes entré au conseil d'administration de la LFP ?

J'ai ressenti comme un sentiment de fierté, parce que si on regarde le temps qu'il s'est écoulé entre le moment où la décision contre Monaco a été votée à l'unanimité et le jour où j'ai été élu, il s'est passé environ 3 ans. Au départ je ne connaissais personne et 3 ans plus tard j'ai été élu avec plus de voix que d'autres présidents par un vote à bulletin secret. J'ai eu le sentiment qu'à ce moment on a vraiment commencé à faire partie de la famille du football français et qu'on était devenu légitime. Car le vote à bulletin secret donne une vraie légitimité. J'étais très heureux pour moi, pour l'AS Monaco mais aussi pour la Principauté.

Le jour où vous avez piqué votre plus grosse colère ?

Je m'en rappelle bien (rires). C'était la fameuse défaite 6-1 à Lyon, où j'étais présent avec le Prince Albert II et le président Rybolovlev. On avait encore l'espoir de pouvoir terminer à la deuxième place en championnat et ces espoirs ont été éliminés de façon brutale, car ce n'était pas une simple défaite. C'était vraiment dur à digérer. 

Le jour où vous avez négocié votre premier transfert ? 

Je suis arrivé comme directeur sportif au départ et je ne connaissais rien (rires). Le président m'appelle en janvier, me parle de transferts, qu'il faut renforcer l'équipe pour remonter en Ligue 1, mais je ne savais pas trop comment ça marchait. Alors j'ai commencé à travailler et on m'a proposé le dossier de Mounir Obbadi. Ce n'était pas un deal compliqué, mais le transfert qui m'a le plus marqué, c'est bien évidemment celui de Radamel Falcao. Là, ce n'est pas uniquement le fait que ce soit un grand joueur et un gros transfert à négocier, mais il y a tout ce qui est lié à la complexité du deal, avec le contrat, les avocats. C'était assez difficile à faire, il y avait plusieurs éléments à voir, et réussir à tenir cela secret, c'est très rare dans le monde du foot.

 Je crois qu'il y avait quelques rumeurs qui étaient sorties, parce que Bernard Caïazzo, le président de Saint-Etienne, qui est devenu un ami, avait dit, "s'il achète Falcao, j'achète la Tour Eiffel". Personne n'y a cru, je m'en rappelle bien, tout le monde pensait que c'était une blague et le jour où on l'a annoncé, c'était une grande surprise et ça a débloqué la situation avec d'autres joueurs. Tout le monde m'avait averti que dans le monde du foot il est presque impossible de tenir les choses secrètes, c'est aussi pour ça que cela a d'autant plus été une réussite. Surtout, c'est à ce moment-là qu'on a dit que "l'AS Monaco is back".

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 Le jour où vous avez compris que vous aviez changé de dimension médiatique ?

Ça n'a pas changé du jour au lendemain, car au fil du temps, on a commencé à me reconnaître un peu dans la rue, à me demander des photos, même à Paris. Et puis un jour, nous avons fait une interview en plateau avec Canal+ et j'ai eu une petite "bagarre" avec Pierre Ménès, c'était quelques jours avant notre 1/8e de finale à l'Emirates. Il y a eu tellement de réactions ensuite, pas qu'à Monaco, car partout où j'allais en France, je me suis rendu compte que j'étais devenu une personne médiatique.

 Le jour que vous aimeriez revivre ? 

C'est ce jour-là que j'aimerais revivre (il montre la photo du titre de champion de France). C'est évidemment lorsqu'on a gagné le titre et surtout quand je suis monté sur la scène et que j'ai pris la parole. J'étais très ému et j'ai senti tout le stade vibrer. Il y avait une telle émotion. C'est vraiment quelque chose de marquant. J'ai ressenti une immense fierté pour notre projet, pour ce qu'on a fait, que nos rêves soient devenus réalité et qu'on ait réussi à accomplir une chose que les Monégasques attendaient depuis 17 ans. Je pense que ce sera difficile, mais je reste convaincu qu'avec un bon travail, nous allons réussir à nouveau.

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 Le jour où vous avez assisté à un match depuis le banc de touche ?

C'est un souvenir que je garde (il a fait encadrer la feuille de match du 1/8e de finale de coupe de la Ligue à domicile contre Caen le 12 décembre). Ça faisait un moment que je voulais voir ce que peuvent ressentir l'entraîneur et son staff sur le banc de touche. On a échangé avec Leonardo Jardim et on a trouvé que la bonne opportunité serait ce match de coupe de la Ligue parce que ça montrait aussi aux joueurs que la compétition est importante pour le club.

C'est vraiment différent parce qu'on sent beaucoup plus de pression, on a d'autres sensations, on se sent plus proche du match. On comprend aussi que la prise de décision de l'entraîneur n'est jamais facile. Depuis les tribunes, ou devant la télévision, on a tous nos avis, mais quand on est sous la pression, qu'il faut prendre les décisions rapidement, ce n'est pas si évident. Ça a vraiment été une bonne expérience.

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