La relève

Formé au club depuis son plus jeune âge, Kévin N'Doram commence à faire son trou chez les pros. Apparu 6 fois en L1 cette saison, le jeune homme de 22 ans jouit d'un gros crédit aux yeux du coach. Pas de quoi cependant lui faire perdre pieds.

Son père portait le numéro 10. Lui a actuellement le 35 sur le dos. Et devant son nom, un "K." "C'est pour montrer ma personnalité. C'est un moyen de dire "il y avait mon père mais il y a moi maintenant." Si papa évoluait milieu offensif, le fiston est un cran plus bas, voire deux. Capable de jouer six ou en défense centrale, Kévin N'Doram fait partie de ces "fils de". Mais pas que. Bien sûr, l'affiliation est dure à oublier. Même regard malicieux, même sourire aussi, mais la comparaison s'arrête là. D'autant que le jeune homme de 22 ans veut tracer sa route, faire sa carrière, sans que cela ne soit dû à son patronyme. "Quand j'étais petit, ça m'a donné beaucoup d'avantages parce que j'allais voir des matches, des entraînements, j'étais un peu privilégié. Mais d'un autre côté ça attire beaucoup de critiques. Ce n'est pas facile d'entendre "il est fils de, c'est pour ça qu'il en est arrivé là". Mais quand tu grandis, tu ne calcules plus et tu sais ce que tu vaux."

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Un produit asémiste

Depuis deux ans, le visage de Kévin N'Doram s'affiche dans les rangs professionnels. Une intégration qui s'est faite petit à petit pour celui qui a débuté à l'AS Monaco alors qu'il n'avait que 4 ans. "La première fois que j'ai été appelé en pro c'était il y a 2 ans et demi. Bari (Frédéric Barilaro, entraîneur des U19 à l'Academy) m'appelle un soir et me dit, "demain matin tu montes avec les pros". Je n'y croyais pas trop", confie Kévin. Une annonce surprise que le jeune garçon n'a pas fêté de manière trop démonstrative. "J'étais avec des amis du centre, donc je n'ai pas trop montré ma joie", confie-t-il, avant d'expliquer que son premier entraînement était "un peu impressionnant parce que je les voyais à la télé ou au stade lors des matches à domicile, mais après ils m'ont bien intégré, c'était super cool." S'il n'a presque plus quitté le groupe depuis, tout n'a pas été simple au départ. 

Après avoir évolué dans toutes les sections de jeunes chez les amateurs, au sein de l'AS Monaco, il a pris la route d'Aix-en-Provence et du centre de pré-formation. Mais le retour au bercail s'est avéré plus délicat. "La première année c'était un peu difficile, je ne jouais pas beaucoup mais je n'avais pas à me plaindre, j'avais ma famille à côté, je ne manquais de rien. Je n'ai pas joué un match sur les 6 premiers mois. L'intensité des entraînements n'était pas la même, on faisait des séances de muscu et je n'en avais jamais fait avant. On enchaînait sur le terrain et moi j'étais K.O. Mais après, on prend le rythme et au bout de six mois j'ai commencé à jouer, ça s'est bien passé." 

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Bis répétita l'année suivante, conclue par une montée chez les U19. Une catégorie où il allait travailler avec Frédéric Barilaro, figure de la formation monégasque. Une personne qui, de l'aveu du joueur, a eu une importance particulière à cette période charnière de ses jeunes années. "Il est particulier, mais dès que tu es droit avec lui, que tu fais les choses bien, il te le rend. Je pense que je lui dois beaucoup ici." Et lorsque l'on demande à "Bari", comme tout le monde l'appelle, son souvenir du jeune N'Doram, le coach des 19 ans ne tarit pas d'éloges à propos de son ancien protégé. "C'est un garçon, déjà par son éducation, qui a toujours été respectueux, bien éduqué, et ce qui m'a surtout marqué, ce qui est important aujourd'hui, c'est un garçon qui s'est montré patient. Il a toujours travaillé, il a toujours été à l'écoute, il a fait la même chose avec les pros et aujourd'hui il est récompensé. Il doit être un exemple pour les autres."

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