L’AS Monaco, un club unique

Nommé directeur sportif en novembre dernier, Michael Emenalo est arrivé à l'AS Monaco après dix années passées à Chelsea, où il a été recruteur, assistant de Carlo Ancelotti puis directeur technique du club.

Ancien joueur professionnel, Michael Emenalo a pas mal baroudé durant sa carrière (Etats-Unis, Israël, Belgique, Allemagne, Angleterre). International nigérian à 43 reprises, il présente un parcours atypique. Rencontre avec un homme qui aurait pu devenir avocat.

Pourquoi avoir choiside venir à l'AS Monaco ?

Tout a été une question de timing et d'histoire. J'ai toujours eu une très bonne impression de l'AS Monaco. Quand j'ai commencé ma carrière de footballeur professionnel en Belgique, à Molenbeek, le coach de l'AS Monaco était Arsène Wenger. A chaque fois que je lisais des articles sur lui, sur le club, sur son travail, tout était toujours très sophistiqué, très excitant. Il y a eu une série de résultats, des top joueurs comme Henry, Petit, Trezeguet ou Djorkaeff sont venus et sortaient du club. Plus récemment, je connaissais le travail qu’ils faisaient. J’ai été amené à rencontrer Vadim il y a 5 ans et nous avons noué des liens. Quand j'ai quitté Chelsea, l'approche a été faite, je me suis simplement dit, "Mike, c’est un excellent challenge à relever." 

Comment s'est faite votre venue au club ?

Il y avait déjà un lien puisque j'avais rencontré Vadim, j'étais venu ici pour voir des matches, faire du scouting et j'ai apprécié voir les équipes qui ont évolué sur les deux dernières saisons. Quand je me suis libéré, je voulais prendre un peu de temps. J'ai eu un appel de Vadim. Je savais qu'Antonio Cordon allait partir et je n’étais pas sûr de vouloir prendre cette place. Mais quand j'ai eu cet appel, je savais que c'était l'endroit où je devais aller. C’était une belle opportunité.

Quelle est votre mission au club ?

Quand on me pose cette question, je trouve que c'est assez facile de répondre parce que, selon moi, directeur sportif revient à prendre soin à moyen et long terme du club. Sans pour autant en négliger les besoins à court terme. Pour un club comme l'AS Monaco, c'est de se qualifier en Champion's League, être compétitif dans toutes les compétitions. C'est aussi une question de recrutement, mais pas juste dans le sens où un joueur est bon et on le signe. C'est dans l'idée de créer une équipe. Recruter, c'est avoir le meilleur groupe de joueurs, faire attention à ce qu'aucun ne soit mis de côté, qu'on prenne soin de tout le monde. Les autres choses que l'on a à faire, c'est aussi de représenter le club. Quand on est à Monaco, on représente les Monégasques, on représente l'investissement du propriétaire, qui n'est pas juste intéressé par le fait de gagner, mais aussi par la manière dont on gagne parce ce que l’image que renvoie l’équipe est importante. Quelqu’un comme lui, qui vient du business, est habitué à la perfection et la recherche. 

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Comment se décline une journée type pour vous ?

J'essaie d'éviter au quotidien le département communication pour ne pas avoir d'interview (rires). Une journée typique serait d'aller à mon bureau, au centre d'entraînement, de voir le coach, discuter avec lui, car c'est toujours bien de faire cela. Ça permet de savoir si tout va bien et de pouvoir échanger sur telle ou telle chose, sur l'équipe. S'il n'y a pas de réunions de prévues, j'assiste à la séance d'entraînement, cela permet de sentir comment sont les joueurs, pas seulement physiquement, mais aussi moralement et mentalement. Vous êtes présent pour eux, pour discuter, pour leur donner l'opportunité de s'exprimer. Ensuite, retour au bureau, on fait un point avec le chef du recrutement, voire ce que les scouts ont trouvé, où ils ont été, s'il y a de nouveaux rapports. Nous avons des catégories d’informations, comme pour la météo, avec des feux verts qui disent : il faut voir tel ou tel joueur. Donc je vérifie, je lis les rapports et je les suis. Après ça, il y a toujours d'autres réunions, avec les parents, les agents, les joueurs. 

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Photos

Les moments marquants de Michael Emenalo

L'expérience de joueur
qui vous a le plus marqué ?
La Coupe du Monde 1994 a été une expérience merveilleuse. Cela a été l'opportunité de voir la différence de niveau. Jouer contre des garçons comme Maradona, Redondo ou avec mes coéquipiers, comme Jay-Jay Okocha, Sunday Oliseh, Rashidi Yekini, Finidi George,  ce sont des joueurs de talent et avec eux même les séances d’entraînements étaient agréables.
Le souvenir marquant de la Coupe du Monde 1994 ?
A mon époque, tout le monde voulait jouer en Italie. C'était "The place to be" du football. Ils faisaient le football de cette époque. Et jouer contre eux, contre ces gens que tu admires… J'ai juste échangé avec Paolo Maldini, qui avait dominé Yekini tout le match et avec la manière. C'était incroyable.
L'adversaire qui vous a le plus marqué ?
Maradona. Il avait 34 ans, mais il avait toujours une solution pour se sortir des plans qu'on pouvait mettre en place contre lui. Il avait un talent à l'état pur.
Votre plus beau souvenir de football ?
Remporter le match face à la Grèce lors de la Coupe du Monde 1994. Ce fut un grand moment que de gagner un match de Coupe du Monde. D'autant que nous avions joué ce match à Boston, où j'avais fait mes études, et mon coach de l'université était présent en tant que membre de l'organisation. En tant que directeur sportif, je dirais la saison dernière et le titre de champion d'Angleterre remporté avec Antonio Conte. Je suis sûr que je vivrai de grands moments à l’AS Monaco.