Eric Abidal : "Transmettre ce que j'ai appris"

Nous avions rendez-vous à l'hôtel Ambassador, le 3 étoiles de l'avenue Prince-Pierre dans lequel Eric Abidal avait posé ses bagages dans une autre vie, lorsqu'il n'était encore qu'un jeune footballeur amateur véloce venu de La Duchère. A l'époque, le glamour et les tentations, toujours à portée de main en principauté, ne l'avaient pas détourné de son objectif : devenir pro.

Aujourd'hui encore, le défenseur central de l'AS Monaco et de l'équipe de France se tient éloigné de tout ce qui brille et abîme sans grande difficulté. Veste à capuche en cuir, jeans et sneakers blanches, "Abi" arrive tranquillement dans le hall et salue chaleureusement Pierre-Joseph Gadeau, l'attaché de presse de l'ASM, avant de se tourner vers nous. Direction la salle de conférence de l'hôtel pour près d'une heure d'échanges. 

Nous vous livrons la première partie de cet entretien durant lequel l'ancien joueur du Barça, revenu sur les terrains après avoir subi une greffe du foie, a jeté un œil dans le rétroviseur tout en se projetant vers les derniers buts qu'il désire atteindre avant de tirer sa révérence.


La première fois que vous avez frappé à la porte de l'AS Monaco, c'était il y a près de 14 ans. Pouvez-vous nous parler de cette époque ?

Oui, j'avais fait un essai d'une semaine en février 2000. J'étais hébergé ici, à l'hôtel Ambassador. La façade n'a pas changé, mais le reste, si ! Pour moi, ça reste un moment inoubliable. J'ai passé une semaine de rêve, une semaine de travail avec une grosse récompense au bout. Le dernier jour, Emile Rossi m'a annoncé que je devais revenir en mars  pour signer un contrat de cinq ans. En peu de temps, je suis passé du monde amateur au monde pro. Le plus dur restait à venir.

A 20 ans, vous portiez encore le maillot de Lyon La Duchère, en DH. A quelle occasion aviez-vous tapé dans l'œil des recruteurs monégasques ?

Je n'ai pas fait de centre de formation. En jeunes, j'avais l'espoir de devenir pro. Puis je me suis blessé à l'âge de 17 ans, une fracture tibia-péroné. J'ai arrêté pendant un an, c'est ma mère qui m'a poussé à reprendre le football. Moi, je m'étais dit que c'était la fin. J'ai été repéré grâce à la Coupe de France.
Des gens de Monaco étaient venus voir notre match contre Nice (7e tour, victoire 4-0 après prolongation avec un but d'Abidal) pour recruter un de leurs joueurs. Au final, ils sont repartis avec quelqu'un d'autre (il sourit). Il faut avoir de la chance. Si je n'avais pas joué ce jour-là, je ne serais pas là.

 

"Le discours de Claude Puel, c'était :
"Eclatez-vous et on verra"

Vous aviez l'occasion d'intégrer un grand club, qui allait remporter le titre en D1 quelques mois plus tard. Vous n'aviez pas peur de l'échec 

Au départ, Claude Puel n'était pas spécialement partant pour qu'on vienne à l'essai, avec un autre joueur de mon club. Mais bon, j'étais très content qu'il finisse par accepter et nous laisse l'occasion de démontrer nos qualités.
A 20 ans, soit ça passait, soit ça cassait. En arrivant à Monaco, j'ai forcément eu un peu d'appréhension parce qu'il y avait de grandes stars comme Marco Simone, Martin Djetou, Marcelo Gallardo et j'en passe. Mais une fois sur le terrain, c'était oublié. Le discours de l'entraîneur, c'était : "Eclatez-vous et on verra".

Le 16 septembre 2000, vous avez débuté en championnat. Vous reste-t-il des souvenirs précis de ce "baptême" ?

Je me rappelle du match, je sais qu'on a gagné (3-0). Mais j'ai plus de souvenirs de mes débuts en Champions league, à domicile contre Glasgow (quatre jours plus tard, défaite 1-0). Entre la DH et ça, il y avait un écart immense, même si j'avais eu le temps de m'adapter entre le début de mon contrat, en juin, et le mois de septembre. On m'a accordé de la confiance et j'ai beaucoup travaillé. J'ai été bien accueilli par Ludo Giuly et Nico Bonnal, qui venaient de Lyon ou encore Marco Simone.

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