Les cinq années de Vadim Vasilyev à l'AS Monaco

Docteur Kamil & Mister Glik

Kamil Glik s'est imposé comme le patron de l'arrière-garde asémiste dès son arrivée sur le Rocher la saison dernière. Défenseur rugueux qui ne laisse que peu d'espace aux attaquants, il est aussi un homme calme dans la vie quotidienne.

Survêtement gris, capuche sur la tête. Tel un Jedi ayant un pied de chaque côté. Chevalier ou Seigneur Sith ? Un peu des deux. Comme Docteur Jekyll et Mister Hyde, Kamil Glik est un homme à deux visages. Le joueur, imposant, aux allures de colosse et mâchoire carrée. Celui qui aime le duel et qui confie que le tacle est son "geste préféré". Et puis il y a l’homme. Celui qui abaisse sa capuche au moment de vous saluer et qui confie que l’un de ses passe-temps favoris est de jouer au parc avec sa jeune fille de 4 ans. Un paradoxe qui symbolise bien le stoppeur polonais.

Forgé par la vie

Stoppeur. A croire que la nomenclature du poste a été faite pour lui. "Je suis défenseur, donc je suis là pour empêcher les attaquants de marquer, c'est mon job." S'il est né et a grandi dans un quartier difficile en Pologne, le jeune Kamil Glik a rapidement découvert les plaisirs du ballon rond. Sans pour autant se dire qu'il allait un jour devenir professionnel. "Comme tout enfant, j'ai commencé à jouer dans la rue, en bas de chez moi, et à l'école. C'est le sport le plus connu du monde, donc on jouait avec mes amis. Ce n'est qu'après que j'ai débuté en club." Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, Glik le guerrier n'est pas apparu du jour au lendemain lorsque le jeune Kamil a pénétré sur un terrain pour la première fois. Au contraire.

Kamil 2746

 C'est au fil des ans que cette grinta qui le caractérise s'est insinuée dans son jeu. Le football comme un exutoire ? Peut-être, car dans ses jeunes années, la vie n'a pas été tendre avec lui. Son père était souvent absent pour aller travailler en Allemagne. Un père qui est décédé alors que le défenseur polonais n'avait que 18 ans. "Ce côté guerrier vient de ma personnalité. Je n'ai jamais rien eu facilement dans la vie. C'était assez difficile quand j'étais jeune et mon histoire, mon parcours, ont fait l'homme que je suis devenu." 

L'idole du "Toro"

Après un essai en Espagne, où il joue une saison avec l'équipe 3 du Real Madrid, il décide de retourner en Pologne. C'est d'ailleurs à cette période que le désir de passer professionnel devient réalité. "Après mes années en Espagne, j'ai intégré une équipe de première division polonaise (Piast Gliwice). C'est à ce moment-là que j'ai été repéré par la sélection nationale." Une fierté, d'abord, mais aussi un accomplissement. "J'ai toujours rêvé d'évoluer avec l'équipe de Pologne. Jouer en 3e division espagnole ne m'aurait pas permis de l'intégrer, c'est pour ça que je suis rentré en Pologne. Evoluer en sélection m'a ensuite permis de partir en Italie." Là encore, tout n'a pas été simple. 

Kamil 7134

Une arrivée à Palerme où il ne jouera que peu et partira à Bari au bout de six mois. C'est là qu'il croise Giampiero Ventura, un coach qui a changé sa carrière. "Nous ne nous sommes vus que 3 semaines car après il a été licencié. Mais il m'a appelé à la fin de saison pour que je le rejoigne au Torino, alors en Serie B, avec pour objectif de faire remonter le club en Serie A." Une équipe dans laquelle il va jouer 5 saisons durant, finissant même par prendre le brassard. Une équipe où il va gagner ses galons de défenseur rugueux et se révéler aux yeux de l'Europe. Premier étranger à porter le brassard de l'autre équipe de Turin, il s'était signalé lors de ses deux premiers derbys en ne terminant pas le match, renvoyé aux vestiaires par l'arbitre. 

Suffisant pour lancer le mythe Glik. Surnommé le "Terrible Polonais" ou "Assassin's Glik", le colosse de Jastrzebie Zdroj s'amuse de cela. "Les deux me font rire. C'est toujours sympa quand les supporters nous donnent des surnoms", glisse-t-il, rieur. Car s'il ne rigole pas sur le terrain, en match comme à l'entraînement, Kamil Glik est une toute autre personne en dehors des prés. 

Kamil 9774

L'homme derrière le joueur

On le voit toujours à 100%, se battre comme un acharné sur chaque duel, haranguer ses coéquipiers, les replacer, et parfois même leur passer une soufflante. Mais ce formidable "destructeur de jeu", pour reprendre une formule employée à son égard, est aussi un homme très calme et posé dès lors qu'il reprend ses habits civils. "Quand je joue, je suis une autre personne, assez agressive, parce que je donne toujours le maximum.  Quand je ne m'entraîne pas ou que je ne joue pas, j'aime être tranquille en famille. Je n'ai jamais eu de problèmes en dehors du terrain", avoue-t-il. 

Kamil 2421

Et lorsqu'on lui demande ce qu'il aime faire quand le costume de footballeur est au placard, c'est un papa poule qui prend la parole. "Je ne suis pas souvent à la maison à cause des déplacements et des mises au vert et ma petite fille de 4 ans me demande souvent. Alors je m'occupe d'elle et je l'emmène souvent au parc pour aller jouer avec elle." D'un homme qu'on n'aimerait pas croiser la nuit quand il est sur le terrain au père attentionné et détendu dans la vie, l'écart est aussi grand qu'entre un tacle glissé et une reprise de volée victorieuse un soir de Champion's au Louis-II. Alors, vous êtes plutôt Docteur Kamil ou Mister Glik ?

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos

Du tac au tac

Le meilleur coéquipier ?
Robert Lewandowski (partenaire en sélection).

Le pire coéquipier ?
Valerio Di Cesare (ancien coéquipier au Torino).

Le joueur le plus drôle ?
Kamil Grosicki (rires - partenaire en sélection).

Meilleur souvenir de foot ?
Le titre de champion de France avec Monaco.

L'attaquant qui t'a fait le plus de mal ?
Amauri (ex international Italien), quand je jouais au Torino.

Ton geste technique préféré ?
Le tacle (rires).