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Danijel Subasic, "J'espère et je veux rester ici"

En janvier, cela fera déjà 4 ans que Danijel Subasic a rejoint les rangs de l'AS Monaco. Le portier croate est l'une des figures du vestiaire mais aussi l'un des plus expérimentés. De quoi ajouter un peu plus à son aura, lui qui s'affirme depuis deux saisons comme l'un des meilleurs gardiens européens.

Danijel Subasic a longtemps connu l'ombre en sélection croate avant de connaître la lumière depuis que Stipe Pletikosa a mis un terme à sa carrière. Néo-titulaire en sélection depuis plus d'un an, il est l'inamovible dernier rempart monégasque depuis janvier 2011. Gros travailleur, il n'en reste pas moins l'un des amuseurs du vestiaire. C'est après l'entraînement, au lendemain d'un retour de sélection que nous avons rencontré Danijel Subasic. Toujours avec le sourire.

Quel est votre avis sur les premiers mois de compétition ?

C'est comme l'année passée. Un début de saison difficile, on a changé beaucoup de joueurs dont 5-6 titulaires. C'est très difficile d'arriver aux mêmes résultats que l'an dernier, donc on a travaillé mais… On n'a pas marqué beaucoup de buts et on en a encaissé beaucoup, c'est surtout ça qui est difficile. Ce qui est important pour nous maintenant, c'est de travailler. Il y a beaucoup de joueurs qui ont 18-19 ans, et si c'est difficile pour nous, qui avons un peu plus d'expérience, ça l'est aussi pour le coach afin de faire l'équipe. 

La ligue 1 est-elle plus serrée que l'an dernier, en dehors de Paris ?

Oui, ce début de championnat est serré, mais je ne sais pas ce que ça va donner par la suite. Si on gagne un peu plus de confiance en championnat et en Europa League, on remontera sûrement. Pour le moment, Angers et Caen sont assez bien classés mais j'espère qu'ils vont redescendre (sourire). On n'est qu'à 3-4 points du podium. C'est serré en haut mais en bas aussi, parce que si tu perds 2-3 matches, tu tombes vite. 

Vous êtes un des plus anciens du groupe avec Nabil Dirar, comment vivez-vous ça ?

On est ici depuis le début du projet de l'AS Monaco. En janvier ça fera 4 ans qu'on est là, mais tout s'est bien passé, que ce soit pour nous ou pour le club. On était en Ligue 2, on a été champions, on a joué la Champion's League, cette année on joue l'Europa League. Après, oui c'est difficile, mais on va essayer de faire de bons résultats pour jouer une compétition européenne l'année prochaine.

Comment avez-vous vécu ces quatre années ? Sentez-vous que vous avez beaucoup progressé ?

J'ai grandi à la fois comme joueur et comme personne. Je me sens vraiment bien ici. J'ai progressé depuis que je suis arrivé, mais c'est normal parce que je travaille très bien avec "Dédé" (André Amitrano, l'entraîneur des gardiens). On a bossé dur, donc tout s'est bien passé. Il faut juste travailler. Quand tu le fais, ça paye.Vous avez souvent été défini comme le plus "fou" du vestiaire. Est-ce vrai ?(Rires). Moi j'aime beaucoup rigoler avec tout le monde. Mais quand il faut travailler et être sérieux, on travaille sérieusement en étant concentré. On a le temps après pour rire.Paul Nardi est votre doublure et un espoir au poste de gardien en France. 

Comment ça se passe entre vous ?

Notre relation est très bonne, comme avant avec Romero ou Stekelenburg. Je joue souvent, mais tout se passe très bien. Paul a besoin de jouer aussi et j'espère qu'il pourra faire quelques matches cette année. Je ne sais pas, mais c'est bien pour lui s'il fait quelques matches en Ligue 1 ou en coupe. On parle souvent avant l'entraînement, c'est normal. C'est pareil avec Seydou Si (le troisième gardien). Après la première saison de L1, vous ne faisiez pas partie des nominés aux trophées UNFP. C'était le cas l'an dernier. 

Avez-vous aujourd'hui le sentiment qu'on vous reconnaît à votre juste valeur ?

Je ne sais pas. J'espère que je vais faire une bonne saison et qu'on aura de bons résultats avec l'AS Monaco. L'aspect personnel, je m'en fiche. Ce qui est important c'est l'AS Monaco, l'équipe. Pour moi, si un jour je gagne ce trophée de meilleur gardien, c'est bien, mais ce n'est pas une fin en soi. Tout le monde dit qu'on a encaissé beaucoup de buts, mais ce n'est pas que le gardien. C'est toute l'équipe qui joue et qui défend. Votre avis sur la Ligue Europa ?Je l'avais déjà jouée en 2010 avec l'Hajduk Split, en Croatie. On a beaucoup de jeunes joueurs et cette compétition, c'est très bien pour eux. Pour moi aussi. Bien sûr c'est mieux la Champion's League, l'ambiance avant le match, après, ce sont deux choses totalement différentes.

Le plus dur c'est de jouer le jeudi et d'enchaîner le dimanche en championnat ?

Oui c'est très dur. En Champion's League on jouait par exemple le mardi et samedi ou le mercredi et le dimanche. On avait 4 jours de récupération, donc c'est beaucoup mieux. On a beaucoup de joueurs blessés et des jeunes qui ne sont pas encore adaptés pour le jeu européen, donc c'est difficile.

Quels souvenirs de votre déplacement en Azerbaïdjan pour affronter Qarabag avez-vous gardé ?

J'y avais déjà été avec la sélection un mois avant. J'avais joué dans un autre stade, un petit, une catastrophe, comme celui où on a joué avec l'ASM. Mais à Bakou c'est joli, c'est une belle ville. J'ai gardé de bons souvenirs mais le voyage est très long (5 heures), il y a le décalage horaire (3 heures). Après contre Bordeaux, dans la tête, c'était difficile. Quand on va à Anderlecht ou Londres, ça va, mais là-bas… C'est mieux si on va jouer en Croatie (rires). Mais il n'y a pas de club en Europa League, seulement en Champion's League.Vous êtes titulaire en sélection. 

Ça a été difficile de prendre la succession de Stipe Pletikosa, qui est un monument en Croatie au poste de gardien ?

Non ce n'est pas difficile. Je travaille pour ça parce que depuis le début de ma carrière, mon rêve était de jouer en sélection. Ça implique beaucoup plus de responsabilités mais c'est bien. On est qualifié pour l'Euro. On a vraiment une belle équipe. L'important est d'avoir une bonne ambiance entre nous, après, je pense que sur le terrain on a fait de bons résultats.

Vous avez de grosses ambitions pour l'Euro ?

On devra déjà passer les poules, après si on tombe sur l'Allemagne ou la France, c'est difficile (rires). Qu'est-ce que ça vous fait de jouer l'Euro en France ?Avant le début de saison, j'ai eu l'opportunité de changer de club. Je dis souvent que je me sens bien ici, comme chez moi. Mais je suis aussi resté à Monaco pour jouer l'Euro à la maison. J'espère qu'on va jouer ici, à Nice ou Marseille. Ce n'est pas très loin de la Croatie, 1 000 kilomètres, comme ça beaucoup de supporters viendront (rires). 

Qu'est-ce qui vous plaît à Monaco ?

Le calme. Avant je jouais en Croatie, c'est une ambiance presque comme à Marseille. Quand je suis arrivé ici, j'ai découvert le calme. J'aime beaucoup cet aspect. Après l'entraînement, je rentre faire une sieste puis je vais me promener. Personne ne demande quoi que soit. De temps en temps une photo. Mais en Croatie, on ne peut pas sortir sans qu'on soit interpellé. Il y a trop de pression. Ici c'est calme. L'important c'est de pouvoir rester concentré sur le football. A Monaco si tu n'es pas concentré sur le football, tu peux vite partir.

Peut-on vous imaginer rester longtemps à l'ASM ?

Oui, mon contrat va jusqu'en 2019. J'espère et je veux rester ici. 

*L'interview a été réalisée le 18 novembre, quelques jours avant Monaco - Nantes (victoire de l'ASM 1-0).

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