Claudio Ranieri : "J'espère 
rester 
ici très 
longtemps"

Pensez-vous qu'il est important de discuter avec eux en dehors du terrain ?
Oui, absolument. Le côté psychologique est primordial. Je suis à l'écoute et ils le savent. Je suis là pour leur expliquer comment pratiquer le football à très haut niveau. Ils savent que j'ai cette expérience. On devient forts lorsque l'on va tous dans le même sens.

Pendant le mercato, quels étaient les profils que vous recherchiez ? Des "top players" ?
Pas forcément. C'est important d'avoir un bon joueur, mais c'est encore plus important d'avoir un homme bon. Sinon, on n'arrive à rien. J'aime apprendre aux jeunes joueurs. Regardez, Gianfranco Zola était jeune quand je suis arrivé à Naples. J'ai cru en lui, je l'ai lancé juste après le départ de Maradona. En Angleterre, j'ai mis John Terry en équipe première. Il avait 19 ou 20 ans. Et j'avais dit que ce garçon deviendrait le capitaine de l'équipe d'Angleterre. Toujours à Chelsea, j'avais pris Franck Lampard. Regardez où il est maintenant… J'en suis très fier.

Les coaches italiens semblent de plus en plus attirés par l'étranger. Il y a Roberto Mancini à Manchester City, Luciano Spalletti au Zenith Saint-Pétersbourg, Carlo Ancelotti à Paris…
En Italie, il n'y a pas trop de projets intéressants. Les clubs n'ont plus d'argent. Les coaches et les joueurs italiens cherchent à aller ailleurs dans le monde pour changer et découvrir de nouvelles cultures. 

Comme la majorité des observateurs, vous pensez que le niveau du foot italien n'est plus le même ?
Le foot italien ne s'écroule jamais. Les Italiens sont vraiment intelligents et cherchent toujours à s'améliorer. Il suffit de regarder ce qu'il s'est passé à l'Euro. On est arrivés petit à petit jusqu'en finale. On l'a perdue, c'était peut-être trop dur, mais la sélection a fait un bel Euro.

Quand vous étiez joueur qu'attendiez-vous de votre entraîneur ?
Pour moi, le coach était presque comme un dieu. Je suis un homme très chanceux parce que j'ai été entraîné par l'un des meilleurs coaches de l'histoire, Helenio Herrera. Il m'a pris quand j'étais jeune pour jouer à Rome. Il venait de gagner la coupe des clubs champions avec l'Inter pour la deuxième fois. Après j'ai travaillé avec Manlio Scopigno (photo ci-contre), un coach excellent également (qui a remporté le Scudetto avec Cagliari en 1970). Et puis avec Nils Liedholm. 

Est-ce difficile de passer de l'autre côté ?
Un peu, parce qu'au départ, tu parles comme un joueur. Et tu as tort, parce que c'est un travail complètement différent. Tu dois parler comme un entraîneur, c'est important. J'ai été très rapide. Au bout de cinq ans, j'étais en Série A.

Si vous le pouviez, changeriez-vous quelque chose dans votre carrière ?
Non. Je garde tout. Le bon comme le mauvais. C'est ma vie. Et peut-être même qu'on apprend plus dans les moments difficiles...

Un exemple de mauvais moment ?
Oh, il y en a eu… Par exemple quand je suis revenu à Valence (saison 2004-2005), ce n'était pas le bon moment. Je l'ai su une fois que c'est arrivé, une fois que j'ai été viré. Dès le départ, je savais que la saison allait être vraiment, vraiment dure. Je l'avais dit. A ce moment-là, l'équipe avait de l'argent et était au top. Mais quand tu arrives au sommet, tu doutes. Et parfois, tu tombes. En même temps, Barcelone et le Real continuaient de progresser. Au début, le président disait : "Ne t'inquiète pas Claudio !" Et finalement, il m'a viré. Ça, c'était un mauvais moment.

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