Claudio Ranieri : "J'espère 
rester 
ici très 
longtemps"

Centre d'entraînement de la Turbie. En survêtement du club, l'air à la fois malicieux et plein de courtoisie, Claudio nous rejoint dans le préfabriqué destiné aux conférences de presse. Lorsque nous nous présentons, il fait de même : "Hi, I'm Claudio". Et c'était parti pour trois quarts d'heure d'échanges vifs et instructifs ponctués de quelques traits d'humour du coach. Rencontre.

Connaissiez-vous le niveau de la Ligue 2 française avant d'arriver à Monaco ?

J'ai regardé quelques matches de la saison de Ligue 2 l'an dernier. J'avais noté qu'il y avait beaucoup d'activité, de course et que les matches étaient très disputés. Maintenant j'en sais un peu plus. Il y a de bons joueurs, c'est un très bon championnat.

Certains de vos proches n'ont pas compris pourquoi vous êtes venu ici…

Eh bien parce que le projet est vraiment intéressant. C'est un gros projet. Nous allons faire une très bonne équipe monégasque. Et entraîner en Ligue 2 n'est pas un problème pour moi puisque l'objectif est de construire une super équipe.

Que pensez-vous du groupe mis à votre disposition ?

C'est un très bon groupe. J'étais content en début de saison, et je le suis toujours (entretien réalisé le 5 septembre, ndlr). Il y a de bonnes recrues, celles que j'avais choisies. Maintenant, tous les postes sont doublés. 

Lorsque vous avez construit votre équipe, vous avez privilégié les joueurs techniques ?

Oui, mais pas uniquement. Les joueurs techniques sont nécessaires parce que c'est important de gagner cette saison. Nous posons les bases. Et les fondations sont vraiment importantes.

Atteindre la Ligue 1 dès la fin de la saison et retrouver la Ligue des champions rapidement, c'est l'objectif que l'on vous a fixé ?

C'est un but vers lequel tendre, bien sûr. Ce serait fantastique qu'à la fin de la saison on réussisse à remonter en Ligue 1 et qu'on arrive à jouer cette coupe d'Europe ensuite. Je sais que ce sera très dur d'y arriver mais ça fait partie des objectifs.

Vous apprenez le français ?

Oui, je commence et ce n'est pas facile. Je ne connais que les mots basiques pour me faire comprendre sur le terrain. A l'entraînement, je parle anglais, espagnol, italien, avec un peu de français. C'est un grand moment, vous savez ! (rires)

Surpris par quelqu'un, ici à Monaco ?

Je suis très satisfait de Stéphane Dumont. C'est un bon joueur, un homme bien. Je ne le connaissais pas vraiment. C'était dur pour lui la saison dernière. Mais je pense que le groupe commence à bien se connaître. Ils connaissent les points forts et faibles des uns et des autres. 

Après votre limogeage de l'Inter Milan, vous n'êtes resté que deux mois sans emploi. Vous n'avez jamais eu envie de ralentir un peu la cadence ?

Je préfère être ici avec les jeunes plutôt que de rester sous pression à la maison avec ma femme ! (il sourit). Je suis le chef ici. À la maison, c'est elle le chef. (éclat de rire sonore)

Quels sont vos loisirs à Monaco ?

La première fois que je suis venu ici, j'avais 16 ans. C'était il y très longtemps (rires). Ici, la vie est très agréable. Mais je n'ai pas de loisirs pour l'instant ! Je suis concentré sur l'équipe. 

Y a-t-il tout de même un endroit que vous préférez à Monaco ?

Je suis déjà allé au Beef Bar, j'ai découvert quelques restaurants sur le port Hercule, je suis aussi allé manger des sushis au Maya Bay.

Comment est la vie de Claudio Ranieri lorsqu'il n'est pas au bord d'un terrain ?

Ma vie n'est faite que de foot. Même si j'ai un mois de vacances je pense aux joueurs et au mercato… Je suis toujours au téléphone. Avant d'arriver à Monaco, j'ai pris des vacances en Crète. Je garde un peu de temps avec ma famille, sinon ma femme me tue (il éclate de rire, content de son effet).

Aimez-vous la pression ?

Oh, je trouve mon équilibre dans la pression. En Italie, il y en a énormément. Dans mon pays, le monde du foot est fou. Si je changeais de travail, je deviendrais nerveux. 

Ici, vous travaillez avec beaucoup d'Italiens. Avez-vous choisi votre staff ?

Oui, bien sûr. Il y a des Italiens, mais en fait je mélange. J'ai aussi Jean Petit avec moi, Dédé Amitrano aussi. C'est simple, je veux m'entourer de gens qui travaillent dur pour atteindre leur objectif. 

Est-ce important de conserver l'identité du club ?

Oui, absolument. Partout où je suis allé, j'ai essayé de le faire. Quand je suis allé en Espagne, j'ai pris avec moi des Espagnols. Et j'ai fait la même chose en Angleterre. C'est très très important, l'identité.

Un mot sur le retour de Flavio Roma ?

C'est un très bon joueur et un homme bien. C'est presque un héros ici. Même si c'est une nouvelle époque, un nouveau club maintenant.

Avez-vous instauré des règles de conduite spécifiques au sein de l'équipe ?

Oui, mais ce sont les joueurs qui les ont écrites. Je leur ai dit : "Ecrivez les règles qui vous semblent justes, et respectez-les". Ils ne les respectent pas ? Ils payent. Ces règles de base sont importantes. Je suis très démocrate. Tant qu'ils font ce que je veux ! (rires)

Quelle est votre philosophie ?

Elle est très simple. Ils doivent mouiller le maillot , qu'ils aient la balle ou qu'ils la perdent. Je suis mes idées. Lorsque j'étais en Espagne, j'ai essayé de souder l'équipe doucement. J'ai fait la même chose en Angleterre, avec Chelsea. Et je reproduis ce système ici. Petit à petit, ils comprennent ce que je veux et me suivent. J'espère rester ici très longtemps.

Page 1/2

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos
1 Vidéo