As Monaco football: Mission accomplie

Champions 40 ans après

Il y a 40 ans, une équipe promue en première division raflait le titre de champion de France. Cette équipe, c'était l'AS Monaco 1977/78. Pour fêter ce sacre, la quasi-totalité du groupe de l’époque était présente pour la 35e journée et la réception d'Amiens (0-0). Une journée placée sous le signe des souvenirs.

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L'image est forte. Et ravivera les émotions des plus anciens supporters de l'AS Monaco. Sur la pelouse du Louis-II, à quelques dizaines de minutes de l'arrivée des joueurs, ce sont d'anciennes gloires qui foulent un pré qu'elles n'ont, pour la majorité, pas connu. Et pour cause, tous ces joueurs d'un autre temps ont évolué à l'AS Monaco alors que le club jouait encore sur l'ancien stade Louis-II. "Pour la plupart, ils ne l'ont pas connu. J'ai eu la chance de le connaître et de jouer dessus. Mais ce club marque les gens. Certains comme moi ont passé beaucoup de temps ici, d'autres un peu moins, mais ils sont marqués au fer rouge. Je pense que tu es conscient de défendre les couleurs d'un club, d'une ville, d'un pays, ça construit quelque chose de fort." Jean-Luc Ettori, mythique portier de l'AS Monaco, au club de 1975 à 2009, sait de quoi il parle. 

Flashback

La saison 1977/78 débute. A l'époque, la Ligue 1 n'existe pas et c'est le championnat de 1ere division. L'AS Monaco est un promu qui retrouve l'élite après une année passée en D2. Pour son retour, quelques joueurs viennent garnir les rangs Rouge et Blanc. Parmi eux, Rolland Courbis, défenseur dur sur l'homme, ou les milieux Raoul Noguès et Alain Moizan. Et très vite, les choses s'emballent. Avec 5 victoires sur les 5 premiers matches, dont l'ouverture du championnat à Bastia, comme l'avait vu Delio Onnis dans un rêve à quelques jours du début de saison, les Monégasques surprennent tout le monde. Sous la houlette de Lucien Leduc, 2e entraîneur à avoir dirigé le plus de matches de l'histoire de l'AS Monaco (345), l'équipe remporte ainsi 22 victoires, concède 9 nuls et s'incline à 7 reprises tout au long des 38 journées de championnat. 

A la baguette de l'équipe, un certain Jean Petit. Milieu de terrain, capitaine, il a su habilement mener les siens au titre, distillant les passes comme la direction à suivre sur le pré. Et il faut dire que l'AS Monaco était armée dans tous les secteurs de jeu pour faire face à de solides adversaires. Car on parle d'une époque où se côtoyaient en D1 les Carlos Bianchi, Johnny Rep, Michel Platini, Dominique Rocheteau, Didier Six, Nenad Bjekovic, Olivier Rouyer, Maxime Bossis, Henri Michel, Marius Trésor ou Jean-Michel Larqué. Mais Monaco avait aussi ses armes. La première, Delio Onnis. Meilleur buteur de l'histoire du club, l'Argentin "aux pieds de canard" a inscrit la bagatelle de 223 buts au cours des 278 matches disputés en 7 ans à l'AS Monaco (1973-1980).  Avec lui, Christian Dalger, "aussi fort que Platini" d’après Jean Petit, 18 buts cette saison-là (29 pour Onnis). 

Un jeunot dans les cages, en la personne de Jean-Luc Ettori, qui connaissait alors sa première saison en pro. Devant lui, une arrière-garde solide, avec Rolland Courbis, Albert Vanucci, Bernard Gardon et Alfred Vitalis. Et le championnat s'est terminé comme il avait commencé. Par une ultime victoire face à Bastia, qui scellait un titre surprise pour un AS Monaco qui ne comptait finalement qu'un point d'avance sur le FC Nantes. "Un des plus beaux exploits du championnat de France", disent-ils à l'unisson.

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Célébration

Après un titre obtenu de la plus belle des manières l'an dernier, la célébration de l'un des plus grands exploits du championnat cette année tombait à point nommé. Et comme l'a rappelé Vadim Vasilyev, vice-président directeur général du club lors de son discours, Jean Petit, "l'un des meilleurs milieux de terrain de l'histoire de l'AS Monaco, a encore été parfait dans l'organisation du jeu pour cette soirée." Si tous n'ont pu honorer la journée de leur présence, ils sont 12 à être venus, ainsi que le président de l'époque, Jean-Louis Campora. Autour de Jean Petit, on retrouvait ainsi Rolland Courbis, Delio Onnis, Raoul Noguès, Roger Ricort, Jean-Luc Ettori, Michel Rouquette, Jean-Pierre Chaussin, Alfred Vitalis, Jean-Claude Fagès, Serge Perruchini et Thierry Guidimard. 

Mais plus qu'une équipe, c'est une bande de copains qui s'est réunie le temps d'une journée, après des années passées sans se voir pour plusieurs d'entre eux. "On s'est tous retrouvés ce matin, ça a été un grand moment d'émotion", glissait d'ailleurs Jean-Luc Ettori avant d'entrer dans le salon Honneur à quelques minutes du coup d'envoi du match. "On a été reçu au Palais, où on a déjeuné avec le Prince Albert II et on a fait les vieux (rires). On s'est raconté des souvenirs et on s'aperçoit que plus le temps passe, plus on prend de l'âge, plus on a été bon à l'époque." De son côté, Delio Onnis, qui n'a jamais réellement quitté le Rocher, s'est montré ému devant cette journée passée avec ses vieux copains. 

"J'ai plein de souvenirs, mais ce que je me rappelle surtout, c'est qu'on était une vraie bande d'amis. A l'époque, je venais à l'entraînement en vélo moteur et on se retrouvait une heure avant à La Turbie pour boire le café dans un petit bar où on avait nos habitudes. Ça me fait énormément plaisir de revoir tout le monde aujourd'hui et c'est quelque chose que je vais garder dans mon cœur". Reçus dans le salon Honneur du Louis-II avant le début d'AS Monaco-Amiens, ils ont pu continuer d'évoquer leurs souvenirs au gré des photos d'époques installées aux murs tout en échangeant avec d'autres gloires plus récentes du club, à l'image de la discussion entre Onnis et Giuly. Une soirée qui s'est finie à la terrasse d'un hôtel voisin autour d'un dernier verre, en comité restreint. Entre copains. De quoi terminer l'histoire comme elle a commencé. 

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