"Apporter mon expérience"

Naldo a été la première recrue du mercato hivernal à poser ses bagages en Principauté. A 36 ans et après 13 années passés en Allemagne, le natif de Londrina est venu pour stabiliser une défense en souffrance et apporter son expérience à un groupe qui en manquait.

Défenseur solide doté d'une bonne vista, Naldo est aussi un joueur marquant beaucoup de buts, surtout pour quelqu'un qui évolue derrière. Il faut dire que mètre quatre-vingt-dix-huit l'aide pas mal sur phase arrêtée, tout comme sa frappe de mûle, qui lui a permis d'inscrire quelques coup-franc directs. Des atouts non négligeables pour son nouveau club.

Après quelques matches, que pensez-vous de notre Ligue 1 ?

L'intensité est supérieure en Bundesliga. Ici, les joueurs sont forts physiquement, rapides et les équipes cherchent beaucoup la profondeur. J'espère laisser une trace dans ce championnat compétitif en réussissant de belles choses avec l'AS Monaco.

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Jeu rapide, profondeur, comment s'adapte-t-on à cela en tant que défenseur ?

L'expérience m'aide pour m'adapter. Je lis plus facilement le jeu qu'à mes débuts. J'anticipe mieux également. Mes amis me disent souvent "tu ne cours pas beaucoup et tu es souvent au bon endroit !". (rires) Je connais les caractéristiques des équipes que nous affrontons, du coup j'essaie de bien me positionner pour éviter d’être pris à défaut.

Comment se passe votre intégration dans un vestiaire assez jeune ?

Je ne parle pas encore français mais mon intégration a été très bonne. Beaucoup de joueurs parlent d'autres langues, ça facilite les choses. Tous m'ont très bien accueilli et je les remercie pour cela. Je suis là pour aider le groupe, et amener de la confiance. On apprend à se connaître, chaque joueur a sa personnalité, certains sont plus expansifs, d'autres plus renfermés. Je dois m’adapter, mais l'intégration a été très facile.

Après 13 ans en Bundesliga, quels souvenirs gardez-vous ?

En Europe, je n'ai évolué qu'en Allemagne. Je suis arrivé au Werder Brême, j’y suis resté 7 ans. 7 merveilleuses années. A Wolfsburg, je suis arrivé dans une période compliquée mais nous avons réussi à nous relever et remporter des titres. Mon expérience à Schalke a été intense aussi, avec un public extraordinaire, un stade plein de 62 000 personnes chaque week-end. La Bundesliga m'a donné l'opportunité d'évoluer en Europe. Je remercie l’Allemagne pour tout, j'ai un passeport allemand, mes enfants sont nés là-bas. L'Allemagne est une deuxième maison pour moi.

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Qu'est-ce qui vous a le plus marqué en Allemagne ?

La langue ! On ne comprend absolument rien à l'allemand au début. En français, certains mots ressemblent au portugais mais en allemand, on dirait que les gens se disputent ! Cela n'a pas été facile au départ mais je me suis rapidement adapté. J'avais l'objectif de réussir, ma femme était enceinte, nous avons appris la langue, la culture. C'est très important quand tu vis dans un pays pour t'intégrer. Nous nous sommes rapidement faits des amis allemands que nous côtoyons toujours.

L'adaptation a été compliquée à votre arrivée en Allemagne ?

Non, au contraire, ça a été très facile. J'avais l’objectif, à 22 ans, de m'imposer dans un club qui avait gagné le championnat et la coupe deux ans avant, comptait 8 internationaux allemands... J'ai eu l'opportunité de jouer dans cette équipe. Je remercie le coach Thomas Schaaf qui m'a fait confiance dès le début et m'a dit, "tu es mon défenseur central, tu n'as qu'à travailler correctement et tu réussiras à t'imposer." Je le remercie pour sa confiance.

Avez-vous toujours eu ce côté buteur ?

Jusqu'à 14-15 ans, je jouais attaquant. Puis j'ai grandi et les coaches m'ont dit, "tu es grand toi alors va derrière !" (rires). J'ai toujours marqué des buts pendant mon enfance. Aujourd'hui, ça m'aide sur les coups francs ainsi que sur corners. C'est une de mes qualités. Les coups de pieds arrêtés sont très importants dans le foot actuel. J'espère marquer rapidement avec l'AS Monaco.

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Une carrière d'attaquant, ça vous aurait plu ?

Pourquoi pas ? Les défenseurs sont souvent montrés du doigt après une erreur même s'ils ont été performants pendant 89 minutes. Alors que l'attaquant peut se permettre d'être moins bon pendant 89 minutes mais s'il marque, il devient le héros du match. C'est l'avantage de jouer devant. Certains coaches m'ont déjà fait jouer devant dans les dernières minutes, j'ai même déjà marqué dans ces conditions dans les arrêts de jeu. Si le coach en a besoin, je ne dis pas non !

Quelles sont les qualités d'un bon défenseur ?

Il faut essayer de marquer son territoire, ne pas laisser d'espace aux adversaires, analyser les qualités et caractéristiques de son adversaire direct pour mieux le contenir. La communication est également importante, notamment pour bien se placer et repositionner les coéquipiers.

Comment devient-on un bon patron de défense ?

Tu as besoin de la confiance des autres mais également de les mettre en confiance. Et ça, tu le gagnes en travaillant, en aidant les autres. Il y a des jeunes et des joueurs plus expérimentés. J'essaie de toujours aider. J’ai 36 ans mais je ne sais pas tout, j'apprends tous les jours et je peux apprendre de tous. Je dis souvent aux plus jeunes de 18-19 ans qu'ils peuvent me rappeler à l'ordre aussi, de ne pas hésiter si besoin. L'important, c'est de s'entraider.

Comment améliore-t-on sa lecture du du jeu ?

Tu progresses au fil des années, tu appréhendes mieux les situations, tu anticipes plus facilement. La concentration est très importante. Après, parfois tu ne peux pas anticiper car la situation est imprévisible, comme face à Strasbourg par exemple (défaite 1-5, Naldo a été expulsé à la 7e minute pour une faute en tant que dernier défenseur). Il faut observer les déplacements et attitudes de tes coéquipiers et adapter ton placement.

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Le livre que vous emmèneriez ?
L'alchimiste, de Paulo Coelho.

Le film que vous prendriez ?
Armaggeddon, de Micheal Bay.

Un album musical ?
"Só pra contrariar" (groupe brésilienpagode).

La seule personne qui vous accompagnerait ?
Ma femme !

Le seul objet dans votre valise ?
De la crème solaire ! (rires).


Fiche technique

Nom complet : Ronaldo Aparecido Rodrigues
Surnom : Naldo
Né le 10 septembre 1982, à Londrina (Brésil)
1,98 m / 88 kg
Défenseur central / Droitier
Numéro de maillot : 27
Signe distinctif : A toujours le sourire
International brésilien (4 sélections)