"Sans Emotion, il n'y a pas de vie"

Après trois années sous la houlette de Zvezdan Mitrovic, l'AS Monaco basket est désormais entre les mains de Sasa Filipovski. Le coach slovène, qui arrive de Banvit Bandirma (Turquie), s'est engagé pour deux ans.

A 44 ans, Sasa Filiposvski, qu'il faut prononcer "Sacha", dispose déjà d'une solide expérience en tant que coach. Et pour cause, il a débuté sa carrière à seulement 28 ans. Passé par la Slovénie, la Pologne, la Russie, l'Italie ou plus récemment la Turquie, cet épicurien a déjà pris part, notamment, à l'Eurocup. Une bonne chose pour l'AS Monaco qui débute cette année dans cette compétition. Son parcours, son arrivée à l'ASM, son équipe, près d'une heure durant, le nouveau coach monégasque s'est confié, alternant entre le français et l'anglais.

Pourquoi avoir accepté de venir à Monaco ?

Je pense que Monaco est une très bonne équipe. J'aime travailler avec une bonne équipe et pour moi c'est un challenge de pouvoir évoluer en Jeep Elite, car je pense que le championnat français est très bon, très athlétique, avec beaucoup de bons joueurs et de bons entraîneurs. 

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Comment avez-vous été mis au courant de l'intérêt que vous portait le club ?

En premier lieu, je tiens à dire que je respecte Zvezdan Mitrovic. C'est un bon collègue et un très bon entraîneur.  Quand ils ont su que Zvezdan partait, ils ont eu besoin d'un nouvel entraîneur et c'est là qu'ils m'ont contacté. Le championnat turc, où j'étais avant, avait fini plus tôt que la Jeep Elite. Monaco jouait sa finale contre Le Mans et après cela, nous avons commencé à discuter et finaliser les détails de ma venue.

A-t-il été facile pour vous de prendre la décision de rejoindre l'AS Monaco basket ?

Pour moi, cela n'a pas été difficile. La France est un beau pays, avec une bonne organisation, tout fonctionne bien. Ensuite, il y a l'aspect sportif, avoir de bons joueurs, être dans un club bien organisé, avec de très bonnes infrastructures, des matches intéressants à jouer. Il y a un grand challenge en championnat et nous avons aussi l'Eurocup, donc c'est aussi très intéressant d'un point de vue sportif. Je veux m'améliorer, évoluer et je veux que mes joueurs, mon équipe, s'améliorent aussi pour devenir de plus en plus forts. Je ne suis pas du genre à rester dans mon confort. J'aime le challenge, mais j'avance étape par étape. 

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Qu'est-ce qui vous a poussé à devenir entraîneur ?

J'aime l'esprit d'équipe, la sociologie, la psychologie et le sport en tant qu'art. Car le sport n'est pas juste courir, c'est un vrai art de vie. Ce sport, le basket-ball, est vraiment intéressant. Car plus on le connaît, plus on se rend compte à quel point on ne le connaît pas. Il est complexe, il y a beaucoup de tactique, d'intelligence, nous devons prendre beaucoup de décisions et chaque seconde compte. C'est un sport collectif, donc la coopération et la communication sont importantes. Et cela procure beaucoup d'émotions. Et sans émotion, il n'y a pas de vie. 

Quand avez-vous décidé de vous lancer ?

J'entraîne depuis 22 ans. Je n'avais que 28 ans quand je suis devenu entraîneur principal de l'Union Olimpija (Slovénie). C'était difficile, j'avais des joueurs plus vieux que moi, mais avec une bonne approche, mon amour et ma passion pour le basket, les choses se sont bien passées. Et je remercie Dieu de pouvoir vivre de ma passion, ce qui me rend heureux. Quand je me réveille le matin, j'attends juste de venir à la salle pour l'entraînement avec mes joueurs. 

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Quels sont les entraîneurs qui vous ont inspiré et vous inspirent encore aujourd'hui ?

Mon premier mentor a été Zmago Sagadin (Slovénie), dont j'ai été l'étudiant durant 7 ans, qui m'a notamment appris que la préparation était très importante. Chaque entraînement, chaque match, chaque jour, il faut se préparer et avoir de la discipline. J'aime beaucoup regarder les matches de Zeljko Obradovic (le Serbe du Fenerbahce), qui joue un basket très intelligent. Duško Vujošević (Monténégro), dont j'ai été l'assistant au CSKA Moscou, m'a appris à me focaliser sur les points clés du basket. Bogdan Tanjevic (Monténégro), qui est manager général du Virtus Rome, m'a appris que je devais aimer mes joueurs, mon sport et qu'avec passion et amour, on peut franchir de nombreux obstacles. Avec David Blatt (l'Américain de l'Olympiakos), j'ai vu que la simplicité, jouer simple est un art, même si cela n'est pas facile. Ce sont des coaches et des systèmes différents, mais ils ont tous quelque chose que j'aime. Tous les entraîneurs que j'ai affrontés m'ont aussi apporté quelque chose. Chaque pays a une philosophie de basket dans laquelle je puise, lorsque j'y travaille ou lorsque je rencontre des équipes de ces pays.

Quels sont vos objectifs cette année ?

La saison dernière, j'ai été en contact avec le basket français parce que nous (Banvit Bandirma, son ancien club) avons affronté Nanterre, Strasbourg et Monaco en Champions League. C'est un championnat très fort. Si l'on veut remporter quelque chose, il faudra montrer de l'envie, avoir la soif de vaincre. Mais il y aura beaucoup d'équipes comme nous. Nous allons donc devoir travailler intelligemment et avancer étape par étape. C'est ma philosophie. Parce que quand on promet trop de choses, on finit toujours par décevoir les autres. Je veux qu'il y ait une bonne atmosphère dans l'équipe, avec une bonne alchimie. Et surtout, pour accomplir de belles choses, il faut rêver. Mais pour accomplir ses rêves, en premier lieu, il faut se réveiller. Je ne veux pas paraître arrogant ou sous-estimer les autres, mais comme je l'ai dit, j'ai de grandes ambitions, je rêve beaucoup (sourire). Si nous sommes meilleurs de match en match, les résultats suivront tout seul. Cependant, parfois, dans la vie, vous donnez votre maximum et faites de votre mieux, mais les astres ne sont pas alignés, donc je peux juste espérer et travailler afin que l'on joue un bon basketball, intelligent et beau à regarder. 

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Vous bénéficiez d'un effectif qui a peu bougé, avec quelques renforts importants. Est-ce important pour vous de vous appuyer sur une base solide ?

On doit construire. Et chaque année, si vous détruisez tout, vous ne pouvez pas construire. Donc il faut avoir de bonnes fondations. Si nous avons cela, nous pourrons faire ce que nous voulons. Je suis heureux parce que nous avons des garçons avec Gerald Robinson, Yakuba Ouattara, Amara Sy et tous ceux qui ont travaillé ensemble la saison dernière. Nous avons aussi pris d'autres joueurs, qui apportent une nouvelle énergie. Je pense que la vie est comme le yin et le yang. Energie nouvelle et énergie ancienne. Et si on arrive à mixer ces énergies, nous pourrons faire de belles choses. Si on veut améliorer les choses, il faut aussi s'appuyer sur le passé.

A quoi vous attendez-vous en Eurocup, compétition que vous avez déjà connue ?

Nous allons croiser beaucoup d'équipes qui étaient en Euroligue l'an dernier, donc je pense que cette saison l'Eurocup est très relevée et sera plus difficile. Nous allons donc faire de notre mieux pour jouer un bon basket et être compétitifs dans cette compétition. On se battra pour se qualifier et sortir de notre groupe. Ce ne sera pas facile, mais il faut rêver et y croire. Car sans rêve, on ne travaille pas pour les atteindre. 

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