Dossier

Les Sharks d'Antibes en Pro A

Cela faisait onze ans que le club et ses supporters attendaient ça. Cinquièmes de la saison régulière en Pro B, les Antibois ont enchaîné les prouesses en playoffs. Sacrés champions de France, les Sharks vont renouer avec l'élite du basket français, dont ils ont longtemps fait partie. Une nouvelle ère s'ouvre pour le président Eric Somme et ses hommes.

Antibes, place forte du basket français. Antibes et ses duels bouillants contre Pau ou Limoges. Antibes et ses joueurs légendaires… À force d'entendre les anciens deviser encore et toujours à propos des heures de gloire de l'Olympique d'Antibes, les moins de 20 ans ont dû finir par se demander si tout cela avait bien existé un jour et si les anciens ne devenaient pas un peu gâteux. 

Des banderoles étaient bien là pour rappeler ce passé prestigieux. Mais pendant plus d'une décennie, il a fallu ronger son frein dans l'anonymat de la Pro B, et même de la N1 durant une saison. 

Aujourd'hui, la période noire semble toucher à sa fin. En 2013-2014, les Sharks d'Antibes (le nouveau nom du club, depuis le rachat par le Belge Éric Somme, déjà propriétaire du Spirou Charleroi) évolueront parmi l'élite, qui plus est dans une salle flambant neuve de plus de 5 000 places (lire pages suivantes).

Un hiver épouvantable

Quelques mois plus tôt, une telle issue semblait pour le moins inenvisageable. Taillée pour jouer les premiers rôles, la formation antiboise avait pris un départ conforme à ses aspirations (avec sept victoires lors des dix premiers matches), avant de baisser peu à peu de régime. 

Au cœur de l'hiver, les blanc et bleu sombraient corps et biens, enregistrant seulement deux succès pour huit défaites entre la 18e et la 27e journée. Une triste série qui aura été fatale à Alain Weisz. Arrivé de Hyères-Toulon en début de saison, l'ancien sélectionneur des Bleus n'avait pas su trouver les mots pour remettre sur pied un collectif qui a parfois péché par excès de confiance.

Son assistant, Julien Espinosa (qui avait déjà dirigé l'équipe première lors de la saison 2011-2012), était chargé de reprendre le flambeau, épaulé par le directeur sportif, Jacques Stas. "J'ai pour habitude de travailler sur du long terme avec mes entraîneurs. Mais on était dans une spirale négative, il fallait provoquer un choc psychologique. Julien a fait du très bon travail, avec l'aide de Jacques", indiquait Éric Somme sur les ondes de Radio Azur.

Une dernière ligne droite épatante

Sous la houlette d'Espinosa, le train blanc et bleu s'est remis en ordre de marche. Un effort néanmoins insuffisant pour arracher l'accession lors de la phase régulière. Cinquièmes avec un bilan de 21 victoires pour 13 défaites, les Antibois gagnaient le droit de disputer les playoffs, pour la première fois depuis leur "séjour" en Pro B. 

Emmenés par les Américains Anthony Hilliard et surtout Tim Blue (19 points, 7 rebonds, 54 % de réussite et 21,4 d'évaluation en moyenne), les Sharks ont retrouvé du mordant. 

"Venir ici, c'était un gros défi, d'autant plus qu'on avait affirmé clairement nos ambitions. Quand j'ai vu qu'on avait du mal à se qualifier pour les playoffs, je me suis dit que j'aurais mieux fait de fermer ma gueule", glissait le président. 

Ses joueurs, eux, n'arrêteront plus de hausser le ton dans la dernière ligne droite. Battus lors des quarts de finale aller par Boulogne-sur-Mer (99-91), les Antibois ont réussi à renverser la vapeur en gagnant dans leur antique salle Foch (94-73), avant de remporter la belle dans le Nord, au terme d'un match épique et deux prolongations (95-98). 

Quelque chose était en train de naître. Pau-Lacq-Orthez, en tête de la saison régulière avec 77 % de victoires, allait le constater à ses dépens. Dans leur Palais des sports, là où ils avaient gagné tous leurs matches de championnat, les Béarnais étaient débordés par la frénésie azuréenne (83-78). Quelques jours plus tard sur la Côte, le tarif était sensiblement le même (83-79).

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