Dossier

Les espoirs d'Antibes aux portes du monde pro

Les Sharks, qui connaissent une saison très compliquée en Pro A, trouvent un peu de réconfort en observant les performances de leurs jeunes espoirs. Dans un championnat où ils affrontent les mêmes adversaires que leurs aînés, les Antibois sont quatrièmes. Mais au-delà des victoires, Christian Corderas, le responsable du centre de formation, a pour mission de guider ses meilleurs éléments vers le monde pro.

Deux fois par jour, ils foulent le parquet de l'Azur Arena Antibes. Avec l'envie d'y retourner, de jouer devant des tribunes garnies, d'affoler les compteurs en Pro A. Ou tout simplement de se frayer un chemin dans un monde qui n'est pas encore le leur. A la fois si près et si loin…

Cette année, le centre de formation de l'Olympique d'Antibes Juan-les-Pins (ou des Sharks, c'est selon) compte douze membres. Tous ne briseront pas le plafond de verre qui les sépare de l'élite, c'est une évidence.

"En moyenne, il n'y a qu'un seul jeune qui devient pro. Là, on est déjà au-delà de ça puisque Timothé Luwawu et Tristan Toneguzzo ont un contrat. Le dernier palier est difficile à franchir, notamment à cause de la dimension physique et de l'intensité de jeu, qui est nettement supérieure en Pro A", détaille Christian Corderas, le responsable de la formation.

"On ne laisse personne dans la nature"

La marche est haute, donc. Mais les Sharks semblent disposer d'une génération talentueuse, au sein de laquelle "quatre-cinq élements ont le potentiel pour aller plus haut. Je crois vraiment en mes joueurs", martèle Christian Corderas.

Pas question toutefois de leur faire prendre des vessies pour des lanternes. "Quand il le faut, je suis capable de dire à certains joueurs que ça ne vaut pas la peine de continuer. Il ne faut pas qu'ils délaissent leurs études."

Le partenariat établi depuis plusieurs années entre l'OAJLP et le lycée Audiberti permet à la fois de disposer de larges créneaux d'entraînement et d'obtenir un taux de réussite élevé au Bac. La bonne méthode pour préparer un avenir qui ne passera pas forcément par le basket, même si des voies "parallèles" existent. 

"On ne laisse jamais un jeune dans la nature. S'il veut encore évoluer à un niveau intéressant, comme la Nationale 2, on peut établir des contacts avec des coaches qu'on connaît", assure Christian Corderas.

"Jouer pour leurs stats ? Ils n'ont pas intérêt…"

Dans un contexte où la concurrence est très importante, on demande au technicien si certains n'ont pas la tentation de tirer la couverture à eux. "Jouer pour leurs stats ? Ils n'ont pas intérêt… Le week-end, on travaille pour le collectif. C'est la chose que je leur répète le plus souvent. De toute manière, je partage le temps de jeu pour que tout le monde ait un effort intense à faire sur le terrain avant de sortir."

L'actuelle quatrième place en championnat espoir Pro A ? Elle satisfait tout le monde, d'autant plus que les Sharks ne s'attendaient pas forcément à jouer les premiers rôles. Elle permet surtout de travailler dans la confiance et avec une motivation accrue.

En fin de saison, Antibes peut espérer participer au Trophée du futur, qui rassemblera les sept meilleurs clubs de la saison régulière, plus Bourg-en-Bresse, l'organisateur de la compétition.

"C'est plutôt bien parti. Si on y arrive, on reverra nos objectifs initiaux. Mais on n'a pas tellement de marge. D'ailleurs notre point-average est négative (1 444 points marqués, 1 456 concédés, ndlr). On a obtenu beaucoup de victoires à l'arrachée et quand on a perdu, on a bien perdu (notamment 89-68 contre Nancy et 88-61 contre Gravelines, le leader)…"

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