Le MBA au firmament

L'équipe féminine du Monaco Basket Association (MBA) a remporté à Bercy le 21 avril dernier le premier titre en Coupe de France de son histoire. Retour sur cette aventure qui a marqué tout un club.

Ce titre de championne de France, l'avaient-elles seulement envisagé ? Forcément ! Mais s'en pensaient-elles réellement capables ? Rien n'est moins sûr.

 Et pourtant, un soir d'avril, ce trophée de Coupe de France, c'est bien Olga Tarasenko et ses filles qui l'ont soulevé dans cette immense salle de l'AccorHotels Arena. Au terme d'une rencontre effrénée où les deux équipes ne se sont jamais lâchées au score, le MBA l'a finalement emporté face au Club Basket d'Ifs (NF1) sur le score de 62-65. "Je souhaite à tous les sportifs et à tous les dirigeants de vivre des moments comme celui-là. L'année dernière, nous nous étions arrêtés en huitièmes de finale et nous avions à cœur de faire mieux cette année." Pari réussi pour ce club qui fêtera ses huit ans d'existence à la fin de l'année. Son président, Eric Elena, a bien du mal à réaliser. Il n'est jamais facile de redescendre sur terre lorsqu'on a côtoyé les sommets. Les matches se sont enchaînés, les victoires aussi, avec pour chacune sa particularité. Incroyable, magique, énorme, les adjectifs se multiplient pour essayer de décrire au mieux cette épopée qui a commencé en février dernier pour le MBA. 

 Phi6830b

Un titre qui revient à l'ensemble du club, comme l'évoque la coach, Olga Tarasenko. "On l'a vraiment mérité, les joueuses et tous ceux qui les entourent. Je pense que c'est toute cette atmosphère qui nous permet de nous dépasser et d'accomplir des choses comme ça". Tout est une histoire de passion selon Eric Elena, "quand vous travaillez et que vous aimez ce que vous faites, normalement les résultats suivent. On tire tous dans le même sens. Si on gagne, on le fait ensemble et c'est pareil si on perd. Ce qui fait la force du MBA, c'est la cohésion et la communion qu'il y a entre tous les acteurs."

Préambule festif 

 Phi6907

Avant d'entamer cette folle aventure, les coéquipières d'Alexandra Tchanguoue ont commencé par remporter la Coupe Côte d'Azur. Aucun obstacle de taille ne s'est vraiment dressé sur leur route. "Cette année, il n'y avait que quatre clubs engagés. Nous avons fait un match et la finale ne s'est pas jouée car nos adversaires avaient déclaré forfait", explique le président. Une qualification facilitée donc. Les choses "sérieuses" pouvaient commencer… Enfin presque. Des débuts exotiques pour le MBA qui a rencontré les Tahitiennes de l'AS Aorai en seizièmes de finale. Une équipe qui évolue en Nationale 3, soit un niveau en dessous des protégées d'Eric Elena. "Le gymnase Valgelata de Roquebrune était plein. Il y avait des vahinés et des musiciens. C'était une belle fête car tous les Tahitiens de la région sont venus à Roquebrune", se rappelle Eric Elena. C'est a priori tout ce qu'il y a à retenir de cette journée, puisque les filles d'Olga Tarasenko l'ont emporté sur le score fleuve de 39-80. Le lendemain, pour les huitièmes, elles ont rencontré la formation de Martigues, qu'elles connaissent plutôt bien pour les avoir déjà rencontrées deux fois en championnat. 

A charge de revanche

 Tout au long de la compétition, hormis en finale, les basketteuses de la Principauté ont enchaîné les matches sur deux jours. Le dimanche, l'intensité était montée d'un cran pour les Monégasques qui continuaient sur leur lancée avec un avantage non négligeable sur leur adversaire, comme l'explique la coach franco-russe, Olga Tarasenko. "L'aspect psychologique a été très important sur ce match-là. On était supérieure à elles sur ce point." Et pour cause, par deux fois en championnat, le MBA s'est imposé face aux Martégales. "J'ai des joueuses très sérieuses. Même si nous avions un léger avantage, elles ne négligent jamais leurs adversaires. En plus, Martigues avait aussi bénéficié d'un match facile la veille contre une Nationale 3, donc elles étaient tout aussi en forme que nous." La rencontre s'est soldée par un score très serré, où la formation du Rocher ne l'a emporté que de quatre points (54-50). Prenant ainsi leur revanche sur cette équipe qui les avait éliminé la saison précédente au même stade de la compétition. "Ce n'était pas un très beau match de la part des deux équipes, mais l'important c'est la victoire", conclut Olga Tarasenko. La suite est beaucoup plus intéressante. 

Coup dur 

 Phi7157

Plus aucune N2 à l'horizon. Les Monégasques sont les seules rescapées de cette course au titre. C'est à Orthez (Béarn), que les quarts et les demies ont eu lieu. Et face à elles, deux équipes en lice pour la montée en Ligue, l'Atlantique Basket Pays Rochelais et le BC La Tronche Meylan. "Là, il y avait vraiment quelque chose à tenter. On ne savait vraiment pas si on allait tenir le coup. Deux matches en deux jours contre des équipes comme celles-là, ce n'était pas facile", a admis la coach. Si le MBA a finalement remporté les quarts contre les Squales du Pays Rochelais, il a également perdu gros. "C'était un match vraiment très compliqué. Je perds ma capitaine Morgan Plestane, victime d'une rupture des ligaments croisés. Je perds aussi Elodie Decker qui se fait un petit arrachement osseux. Une rencontre très difficile à gérer contre des joueuses très grandes. A un moment, on mène de 17 points, puis on se fait rattraper. Vraiment dur."  Le genre de match duquel on ne sort pas indemne malgré la victoire (63-61). Dans la souffrance, deux petits points seulement vont permettre à la Principauté de l'emporter. Le lendemain, un gros morceau les attendait, La Tronche Meylan, leader de sa poule en N1… 

Les deux points du bonheur 

Pour Eric Elena, "quand tu es à ce stade de la compétition, tu te dis qu'il ne peut plus t'arriver grand chose." Olga Tarasenko n'est pas de cet avis. "Il fallait vraiment que l'on gagne ce match-là pour le moral de l'équipe. On avait perdu deux joueuses la veille, ce n'était pas possible de s'arrêter à ce moment-là." 

 Phi7241

Et tout avait commencé pour le mieux pour le MBA, comme le raconte le président. "On fait le premier quart-temps sur un nuage avec +20 sur les Iséroises. Puis on se fait rattraper. La fin de match était complètement folle." Olga Tarasenko prend le relais pour nous raconter cette fin de partie qui restera pour longtemps dans les esprits. "On mène de deux points à six secondes de la fin. Il y a une remise en jeu, Alexandra Tchangoue intercepte le ballon et le passe à  Elodie Decker qui part au panier. On sait à ce moment-là que nous avons gagné. Elle lance le ballon au buzzer et mets deux points." Hystérie collective, tous les supporters du MBA descendent sur le parquet. Elle continue : "le président et la vice-présidente sont descendus des tribunes en pleurs. Tout le monde courait partout. Quel moment ! " A partir de là, l'AccorHotels Arena avait ouvert ses portes au MBA. Et c'est dans cet endroit mythique du basket français que le MBA, porté par une armada Rouge et Blanche, a écrit une nouvelle page de son histoire. Avant d'en écrire une autre quelques semaines plus tard en accédant à la Nationale 1.

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos