Diego Vebobe : "Mon avenir, il est à Golfe-Juan"

Durant près d'une décennie, il a porté haut et fort les couleurs de la Principauté. Les chemins de Diego Vebobe et de l'ASM Basket se sont séparés cet été. Le 26 septembre prochain, c'est sous les couleurs de l'Azuréa Golfe-Juan en Nationale 2 que l'ancien capitaine de la Roca Team fera ses débuts face à l'Ouest Lyonnais Basket.

Il y a quelques semaines, l'annonce de son départ peu après le sacre de son équipe, et après huit ans de bons et loyaux services, faisait des vagues dans le monde du basket azuréen. Désormais, l'avenir de Diego Vebobe se jouera à l'Azuréa Golfe-Juan. Un nouveau club pas si nouveau pour le basketteur, puisqu'il y a fait ses premières armes entre 2004 et 2007. Rencontre.

L'annonce de votre départ de Monaco, peu après le titre de champion de France de Pro B et l'accession en Pro A, a surpris beaucoup de monde... 

Ce n’était pas un choix. J’espérais vraiment faire l’année en plus. J'avais essayé de m’y préparer au cas où, parce qu’on ne sait jamais dans le sport, et surtout avec la direction en place. J’ai subi mais je l’ai accepté.

Votre départ a surpris, vous étiez le plus ancien, le capitaine...

J’espérais que cela aiderait pour mon cas, mais ils n’ont pas fait dans le sentiment, ni dans l’image. Ils estimaient qu’ils n’avaient besoin que de joueurs qui avaient déjà évolué en Pro A, ce qui n’est pas mon cas.

Vous avez commencé à Golfe-Juan, c’est un retour aux sources ?

Je boucle la boucle ! Je suis très content d’y retourner car ce sont eux qui m’ont donné ma première opportunité professionnelle. C’est un club que j’adore, un club famille, où je vais prendre du plaisir à amener mes enfants. C’est un club où il est très agréable d’évoluer. Pas de pression. Nous avons des objectifs mais qui sont à l’échelle du club, ni trop élevés ni trop bas. Et, nous irons le plus loin possible cette année.

C’est Golfe-Juan qui est venu vous chercher ?

Sur la Côte d’Azur, tout le monde pensait que j’allais rester à Monaco. Je n'avais pas de contacts. J’avais demandé à la direction une réponse rapide pour pouvoir voir qu’elles étaient mes options. Ca a un peu tardé…Dès que j’ai su, j’ai appelé le coach de Golfe-Juan, que je connais bien. C’est moi qui les ai appelé. Ils n’avaient pas forcément de place, ce n’était pas forcément prévu pour eux, mais ils m’ont accueilli à bras ouverts.

Vous n’étiez pas tenté de partir ailleurs ?

J’ai fait un choix de vie au tout début de ma carrière. Après une petite désillusion professionnelle, j’ai choisi de faire une reconversion professionnelle, avec pour objectif d’allier travail et basket. Ce qui est arrivé à Monaco, ce n’était pas prévu ! Je me suis rendu compte que je pouvais évoluer à des niveaux supérieurs, tout en gardant les pieds sur terre sur mon choix de vie. 

Maintenant que tout s'est arrêté, je n’avais pas forcément envie de reprendre la route, de déplacer ma famille, et de chercher un club ailleurs en France. Je repars sur les bases qui sont les miennes. Si j’avais fini cette aventure monégasque à 25 - 26 ans, je pense que j’aurais eu l’ambition de me dire « j’ai envie de continuer l’aventure professionnelle, je vais chercher un club en Pro B ou ailleurs ». Maintenant, je préfère me réinstaller professionnellement tout en jouant, mais pour le plaisir, au niveau semi-professionnel.

Vous avez toujours voulu devenir basketteur ?

Je suis issu d’une famille de basketteurs, la question ne s’est jamais posée ! J’ai toujours joué. J'ai été en espoir à Antibes. A 16 - 17 ans, j’aspirais à une carrière professionnelle, alors je suis parti aux Etats-Unis quatre ans. Quand je suis revenu, j’ai fait la préparation avec Antibes. J'ai eu une grosse blessure à ce moment là, et le club a décidé de pas me garder. Cela m’a fait un électrochoc. C’est une année où je n’ai pas joué. J’ai réfléchi, j’ai pesé mes options:"Est-ce que je donne tout sur une piste ou est-ce que je me prépare éventuellement à autre chose ? "

J’ai choisi de me reconvertir avant même d’avoir commencé une quelconque carrière. Je suis reparti à l’école, pour un BTS professions immobilières et je faisais du basket à côté dans un club ambitieux, Golfe-Juan, pendant quelques années, avant d'être recruté à Monaco. Et cela a pris après le chemin qu’on connaît. Pour moi, cet échec, au final, a été bénéfique car j’ai eu une carrière totalement atypique, une carrière à l’envers. Je pense que j’ai pris beaucoup de plaisir parce que c’était différent. Peut-être qu’aujourd’hui, si j’avais été pro depuis 21 -22 ans, je serais blasé. Ce n’est pas le cas. J’ai découvert la Pro B avec des yeux d’enfants à 32 ans. Je n’ai pas eu la petite cerise sur le gâteau avec la Pro A… mais je l’ai accepté.

Est-ce qu’il y a un moment particulier dans votre carrière qui vous a marqué ?

L'année en N2, avec Monaco, lorsque nous sommes allés en Martinique, pour une finale de coupe de France. C’était un voyage particulier pour moi, car je suis Martiniquais. C’était également la première année de Jean-Michel Sénégal. Pour moi, ce fut vraiment une année magnifique, marquante humainement.

Ensuite, il y a les accessions. Que ce soit en N1, ou en Pro B et la dernière, en Pro A. Ce sont des moments magiques dans une carrière. Je suis quand même très heureux de finir sur une accession en Pro A. Sur une magnifique saison, sportivement, après ce fut très compliqué en interne. Ce départ, je ne le considère pas comme un échec. Je finis sur un titre et j’ai aidé le club à monter au plus haut niveau possible. Pour moi, ce n’est que du bonheur. 

Comment avez-vous vécu ces derniers moments, jusqu’à la victoire ?

Avec le Hyères-Toulon-Var Basket, ça a été une longue bataille à distance. On avait pris un peu de retard dès le mois de janvier... mais on a grappillé, grappillé, grappillé... doucement mais sûrement. Nous sommes allés gagner chez eux. Cela nous a mis sur le bon tempo. Ensuite, nous avons été solides jusqu'à la fin de championnat. On a été impressionnants au niveau de la régularité. C’était une course fatigante, mentalement et physiquement. Mais on a réussi, c’était vraiment un grand soulagement lorsque l'on a gagné à St Quentin et qu’on a su que c’était bon… 

Vous étiez le capitaine de l'équipe, que représente ce rôle pour vous? 

On est impliqué, quoi qu’il se passe, même si on n’est pas sur le terrain. Il faut aider les gars qui sont un peu la tête ailleurs, rebooster le groupe sur les moments difficiles, gérer les crises en interne...C’est un boulot à plein temps (rires). Il faut être là pour tout le monde. C’est comme être chef d’entreprise, il faut être réactif sur tous les points.

Quel est votre ressenti sur l’équipe de Monaco ?

C’est un bon groupe de gars, que ce soit les Américains ou les Français. On a vécu quelque chose ensemble. Cela reste à vie. J’espère vraiment qu’ils vont pouvoir monter tout en haut, et porter le club et la Principauté sur les premières places de la Pro A. Et l’année d’après, pourquoi pas, la coupe d’Europe. Ce serait magique.

Comment voyez-vous votre avenir?

Mon avenir, il est à Golfe-Juan, en N2, sur le côté sportif. Je veux prendre beaucoup de plaisir à jouer, notamment avec les anciens de Monaco qui sont arrivés au club il y a quelques années. Après, côté professionnel, j’ai repris le travail. Les deux dernières années, je l’avais un peu mis de côté à cause du temps par manque de temps.

L’accession à la N1 est un but pour votre nouveau club? 

Nous on va jouer pour gagner, c’est sûr. On verra qu’elles seront les directives. S’ils sont financièrement assez costauds pour évoluer en N1, car cela implique un changement de budget. Il y a beaucoup de voyages, de trajets…C’est vraiment un club qui a cette identité familiale et qui tient à la garder. Mais si on arrive à monter en N1, je ne pense pas qu’ils refuseront le challenge. 

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