"Une année en enfer"

Pour leur 5e saison dans le championnat de Nationale 2 (4e division), les basketteuses de l'AS Monaco luttent pour se maintenir. Une tâche compliquée, d'autant que l'effectif n'est pas épargné par les blessures.

Jean-Pierre Perez, l'entraîneur des féminines de l'ASM Basket, vit "une année hyper difficile", à laquelle il ne s'attendait assurément pas cet été lorsqu'il a constitué son groupe. Un groupe de 12 joueuses, toutes capables de jouer la montée en Nationale 1 qu'il visait cette année après cinq saisons en 4e division. Mais tout s'est écroulé avant même que la saison 2018-2019 n'ait eu le temps de commencer.

"En août, une joueuse cadre nous a annoncé qu'elle attendait un heureux évènement, du coup cela a faussé le recrutement", explique Jean-Pierre Perez. Ce fut la première indisponibilité d'une longue liste puisque Madinina Lacombe, la femme de Paul Lacombe (joueur de la Roca Team) est elle aussi enceinte et a stoppé le basket à Noël. "Il faut ajouter en plus une avalanche de blessées. C'est le cas de Marylène Guerra, qui n'a plus joué depuis le premier match amical le 1er septembre. Son état ne s'est pas amélioré donc elle a pris la décision d'arrêter sa carrière." 

A cela s'ajoutent de "petites" blessures (déchirures ou élongations), empêchant les asémistes de fouler les parquets pendant 1 ou 2 mois. Sur les 12 basketteuses pressenties pour jouer en NF2, Jean-Pierre Perez n'a "jamais pu avoir son effectif au complet."

Tout se jouera à la maison

Malgré la trêve, les soucis s'accumulent pour l'entraîneur monégasque, qui regrette l'indisponibilité de "Marine Peglion, out depuis 3 semaines. Laetitia Blettery, une jeune espoir, est arrêtée depuis 15 jours et va se faire opérer des ligaments croisés. Sa saison est donc terminée."  Pour faire face à toutes ces indisponibilités, le coach appelle quelques espoirs, âgés de 16 à 18 ans, en plus du peu d'expérimentées encore sur pied. Dans ces conditions, il est "difficile de rivaliser avec les adversaires."

Après treize journées de championnat, l'AS Monaco est donc 10e (sur 12), juste au-dessus de la ligne de flottaison. Dos au mur, l'équipe compte seulement quatre victoires depuis le début de la saison. Les deux prochains matches s'annoncent donc cruciaux pour les Monégasques, qui devront impérativement battre les deux relégables, Carqueiranne (9 février) et le Cavigal (2 mars) pour entretenir l'espoir. 

"Ensuite, il faut aller chercher des points face aux mieux classées, ce n'est pas impossible." Avec six matches à domicile (sur neuf restants), "le maintien se jouera à la maison" pour Jean-Pierre Perez. Les asémistes ont d'ailleurs réalisé leur meilleure partie en 2018/2019 au gymnase scolaire, face au leader Caluire (défaite 55-51). "Avec 13 victoires, elles sont invaincues. On est une des seules formations à leur avoir posé des problèmes. En fin de match, nous avions des balles de gagne avec huit lancers francs et on n'en rentre que deux. Nous n'en avons pas profité et nous avons perdu à la dernière minute."

Améliorer la précision à 3 points

Pour reproduire le même genre de performance, les filles s'entraînent sans relâche et le staff étudie le jeu des futurs adversaires. "Je prends l'exemple de Martigues (match le 23 février). On va chercher à comprendre pourquoi elles ont pris tel nombre de points contre cette équipe, on peut voir quels sont leurs atouts et leurs points faibles." Cette méthode permet aux Monégasques de travailler pour contrer les points forts des concurrents. 

La clé du maintien passe aussi par la réussite aux shoots à 3 points. Maéva Blanchi, "une ailière habituellement adroite, est en panne cette saison". Il en va de même pour Elena Hamiani, transférée de Villeneuve d'Ascq cet été. Pour son entraîneur, "elle doit prendre confiance pour enchaîner." Et pour faire face à ce problème d'efficacité, la compensation doit se faire dans la raquette. 

Arrivée à l'intersaison, Ivona Jerkovic (ex-Partizan Belgrade) "a fait le boulot" même si cela n'a pas suffi. "On est dominant en taille à l'intérieur avec Ivona (2,00 m) et Andrea Vincze (1,94 m). On doit avoir un jeu plus physique pour compenser notre manque d'adresse et obtenir des fautes sur la ligne de lancer franc", analyse Jean-Pierre Perez. Les lancers francs, une arme pour l'équipe de la Principauté. Avec 82% de réussite, les LF ont permis aux Monégasques de marquer de précieux points dans certaines parties. "Quand des joueuses comme Sharon Bouvet et Elena Hamiani se présentent, on est quasiment sûr d'avoir 100% de paniers marqués."

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