Maré 3e au Rallye du Maroc

Après la Sardaigne en juin, Adrien Maré a récemment participé au rallye du Maroc, où il a terminé 3e en enduro cup. Une étape importante pour celui qui ambitionne de prendre le départ du Dakar 2018.

Après de bons débuts lors du rallye de Sardaigne en juin (22e au général), Adrien Maré a réussi un bon rallye du Maroc, où il est entré dans le top 20 avec un 19e place au scratch et une 3e place en Enduro Cup, sa catégorie. "On a le même parcours et le même kilométrage à faire, avec les mêmes contraintes de navigations que ceux qui ont des motos prévues pour le rallye mais on a un point de ravitaillement supplémentaires. Nos motos sont d'origines en Enduro Cup, et donc non préparées", précise Adrien Maré. 

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Désormais membre du Team Casteu Aventure -"je connais David depuis des années et cela fait qu'il m'avait dit que je pouvais intégrer le Team quand je voulais et il était d'ailleurs très fier de ma 3e place"-, cet enfant du pays bénéficie d'un soutien logistique important, en plus du soutien financier qu'il reçoit de la part de BeYou Monaco, une structure qui aide les talents, ainsi qu'un soutien de Peace and Sport. "Sans eux, ce serait difficile de pouvoir continuer", avoue d'ailleurs Adrien Maré. Car l'objectif Dakar 2018 est bien réel, et sa participation aux rallyes de Sardaigne et du Maroc s'inscrivait dans cette optique-là.

Road-book, chaleur et blocus militaire

Le grand changement après les Bajas venait de la navigation. Alors que le parcours était fléché dans la catégorie où Maré a été sacré champion du monde l'an dernier, il lui fallait cette année se débrouiller avec son road-book et les indications, à temps partiel, du GPS, afin de ne pas rater les "way-point", sorte de points de contrôles obligatoires. "Lire un road-book, le préparer correctement afin qu'il soit rapide, facile et clair à lire, ça je ne l'ai pas encore bien acquis. J'ai tendance à me mettre soit trop de couleurs, soit pas assez, pour m'indiquer les choses importantes qu'il y a sur le parcours." Car en rallye-raid, la navigation est souvent ce qui peut faire la différence. La moindre erreur peut avoir des conséquences, plus ou moins graves, que ce soit sur le temps de course ou l'intégrité physique et la santé des pilotes et de leur monture. 

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Autre différence, la durée des courses. Là où les Bajas se déroulent sur 3 jours, les rallyes-raids de ce type se font sur 5 à 6 jours avec des spéciales pouvant aller jusqu'à 550 km, dans le cas du Maroc. "Il faut bien se préparer, bien s'alimenter et s'hydrater car il fait très chaud pendant la course. Physiquement c'est dur, mais c'est toujours au niveau mental que ça l'est le plus", raconte Adrien Maré. D'autant que sur le rallye du Maroc, la crème de la crème des pilotes est présente. "En général, le top 20 ce sont des pilotes usine qui font le Dakar chaque année, donc y entrer avec une Enduro, j'étais vraiment très content", précise-t-il. 

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Avec 1 200 personnes dans la caravane, il est sans conteste l'un des plus gros rallyes du circuit, si ce n'est le plus grand. Et il est aussi le dernier avant le Dakar. Pas de quoi effrayer notre pilote qui avait décidé de jouer crânement sa chance. "Je visais le top 20 dès le départ. Après le prologue, je suis classé 23 ou 24 et j'ai pu m'apercevoir qu'il y avait un gros niveau. Mais après la première spéciale, je pointe à la 38e place au général et 5e en Enduro, donc j'étais assez déçu", détaille Adrien Maré. Bien décidé à envoyer le lendemain, il part fort et réussi à remonter 15 motards sur les 90 premiers kilomètres. Problème, l'armée bloque le passage au km 90. "Ils nous ont dit qu'ils n'étaient pas au courant de la course et on bloqué tout le monde. On a donc dû faire un nouveau départ depuis cet endroit, mais dans l'ordre du départ initial, donc tout ce que j'avais fait sur ces 90 km n'avait servi à rien", regrette Maré.

Chute et soulagement

Repartant sur les mêmes bases, Adrien chute malheureusement en doublant un quad dans un nuage de poussière. Plus de peur que de mal, mais le pilote y a laissé sa poche d'eau et a donc continué sans eau. "100 km sans une goutte d'eau, dans cette chaleur, c'est très long. Je suis arrivé sur les rotules au point de contrôle suivant. Il y avait ensuite 80 km de dunes et j'ai pu suivre sur les 20 premiers kilomètres une voiture qui était partie devant moi." Résultat, Maré pointait alors à la 29e place au général et surtout à la 3e en Enduro.

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Les deux journées suivantes, celui qui rêve de Dakar pour 2018 a tenu bon et a réussi à maintenir le 4e à bonne distance, et ce malgré une belle bagarre avec un concurrent dans la dernière spéciale. "Le type me dépasse et je décide de lui suivre. On a fait toute la spéciale à deux, on s'est bien tiré la bourre et j'ai réussi à arriver avant lui au final. Mais dans ce genre de moments, on a toujours un peu peur de tomber." 

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Finalement 3e en Enduro et 19e au général, Adrien a relevé "un gros défi d'après David Casteu". De quoi envisager le Challenge Dakar Series sereinement pour l'année prochaine, avant de penser plus sérieusement au Dakar.

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