Veni, Vidi, Vici

Cela devient une habitude, agréable certes, pour Sébastien Ogier. Vainqueur pour la 6e fois (une en IRC et cinq en WRC) de sa carrière du Rallye Monte-Carlo, il a surtout signé son 5e succès consécutif sur l'étape ouvreuse du Championnat du Monde des Rallyes. Une première dans l'histoire qui le hisse encore un peu plus dans le panthéon des pilotes, d'autant qu'il devient le 3e à l'emporter en ayant été en tête de bout en bout.

Qui pourra le battre ? En ce qui concerne le Rallye Monte-Carlo, la question pourra se poser encore au moins jusqu'à l'année prochaine. Car Sébastien Ogier semble bel et bien intouchable lorsqu'il s'agit de la première étape du Championnat du Monde. Et ce, même quand les éléments s'en mêlent et décident de proposer des conditions on ne peut plus difficiles. Mais la donne est alors la même pour tous, et le talent fait bien souvent le reste. La réussite aussi. Celle du champion encore plus. Car dans cette nouvelle victoire de Sébastien Ogier, la 6e en tout, et la 5e consécutive, il y a un peu de tout ça. 

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Du talent, beaucoup, mais aussi un peu de réussite. Et comme tout, cela se provoque. Même si certaines spéciales auraient pu lui coûter un temps précieux, le Gapençais a toujours su la jouer fine pour maintenir son avance et mettre à profit les précieuses secondes glanées dès les premiers kilomètres au soir du départ. Indétrônable sur ses terres, le Français rejoint ainsi le cercle très fermé des pilotes vainqueurs ayant passé tout le rallye en tête, où seuls figuraient Sandro Munari (1975) et Sébastien Loeb (2005 et 2007). 

Devant dès le départ

C'est avec le numéro "1" floqué sur sa Ford Fiesta WRC que Sébastien Ogier a passé le portique de départ jeudi place du Casino. Champion du monde en titre, l'ancien de Volkswagen n'envisageait d'ailleurs rien d'autre que la victoire finale. Un moyen d'affirmer à nouveau ses ambitions, Ford apportant désormais son soutien total au team M-Sport. Alors qu'il l'avait dominé l'an dernier, Ogier ne se classait finalement que 7e du shakedown. Cette ultime épreuve permettant les derniers réglages avant la première spéciale, sans conséquence sur le classement, a surtout montré que certains adversaires du natif du Champsaur seraient bien présents, à l'image d'Ott Tänak, nouveau venu chez Toyota (M-Sport l'an dernier). 

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Mais revenons place du Casino. Comme le veut la tradition, les pilotes ont posé pour la photo officielle devant les marches du monument du jeu monégasque. Auparavant, quelques VIP ont pu prendre place dans le baquet du co-pilote pour découvrir quelques sensations fortes, à l'image de Christophe Jallet, défenseur de l'OGC Nice et de l'équipe de France, ou encore Christian Tornatore, commissaire général de l'ACM. A la nuit tombée, le ballet des bolides de WRC a pu débuter. Ogier, premier de cordée a donc pris l'envol en tête de peloton, direction l'ES 1 (épreuve spéciale), Thoard-Sisteron. Placée en ES 13 et dans l'autre sens l'an dernier, cette première spéciale a livré quelques surprises. Ce qui était aussi le but recherché par l'ACM qui avait renouvelé le parcours 2018 à plus de 50%. 

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Si Ogier a d'entrée pris les devants, la donne aurait pu être toute autre, la faute à un vilain tête-à-queue dès cette ES1 où le verglas avait décidé de prendre ses quartiers. Thierry Neuville, 2e du Championnat du Monde l'an dernier, et meilleur temps du shakedown la veille, s'est vu rappeler une nouvelle fois la difficulté du Montecarl', perdant 4 minutes après avoir fini dans un mur de neige. 

Deux jours difficiles

La météo, ce facteur si déterminant sur le Monte-Carlo, n'allait d'ailleurs pas manquer de se rappeler au bon souvenir des pilotes. "Ce sont sans doute les pires conditions que j'ai pu connaître dans toute ma carrière." Sébastien Ogier, natif de la région, sait sans aucun doute mieux que quiconque de quoi il parle. Et c'est notamment sur l'ES 9 que le quintuple champion du monde a vécu cela. "L'une des pires spéciales de ma carrière ! C'était dingue ! Il y avait énormément de neige fondue, c'était vraiment super difficile. Il fallait aller lentement partout, je crois que j'ai vu des traces partir dans tous les sens devant moi", pouvait-on ainsi lire sur son compte twitter. Pourtant, en signant le 2e meilleur temps derrière Mikkelsen, il a surtout réussi à repousser Ott Tänak à plus d'une minute à ce moment-là. Car tout au long du vendredi, l'Estonien avait rendu la vie du Gapençais relativement difficile. 

Ogier S Ingrassia J  Fra  Ford Fiesta Rs Wrc N 1 Rmc 2018  Jl  0042

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