Ogier d'un cheveu

La lutte aura été intense entre Sébastien Ogier et Thierry Neuville, mais c'est bel et bien le Gapençais qui s'est imposé. Sa 7e victoire sur le Monte-Carl' (1 en IRC, 6 en WRC) lance parfaitement son retour chez la marque aux chevrons, à qui il a également offert sa 100e victoire.

Des larmes. Des larmes de joie coulent sur le visage de Sébastien Ogier. Il faut dire que la lutte a été intense sur ce 87e Rallye Monte-Carlo. Avec 4 petits dixièmes d'avance sur Thierry Neuville avant la power stage, le Gapençais a dû batailler ferme pour s'imposer. "Je ne suis pas sûr que dans l'histoire du rallye, il y ait eu une lutte si acharnée", expliquait d'ailleurs celui qui s'est imposé pour la 7e fois alors qu'il venait de recevoir la coupe sur le podium. Une victoire annonciatrice d'une saison palpitante. 

Palpitante car Sébastien Ogier, après deux ans sur un Team privé (M-Sport), a retrouvé un poste de pilote chez un constructeur, Citroën Racing, l'équipe de ses débuts. Parce que Thierry Neuville semble bien parti pour contester la suprématie de l'ancien moniteur de ski. Parce qu'il ne sera pas seul, Ott Tanak ayant montré à tout le monde qu'il faudrait encore compter sur lui cette année. Soit le même trio que la saison dernière. Et à voir la déception de Thierry Neuville sur le podium, le quadruple vice-champion du monde compte bien stopper l'hégémonie d'Ogier. Mais cela attendra. En attendant, le Gapençais repart avec la place de leader et un 7e succès (1 en IRC, 6 en WRC) sur "son" rallye.

Un vendredi décisif

Et pourtant. Tout n'a pas été simple pour Ogier et Ingrassia. A bord de leur C3 WRC, les champions du monde en titre ont dû livrer une bataille ininterrompue, de quoi donner un peu plus de saveur à leur victoire. "La bagarre a été si intense que ça rend forcément la victoire plus belle et je pense qu'il aurait été difficile d'avoir un rallye plus serré que celui-ci", glissait d'ailleurs Sébastien Ogier, une fois revenu sur le port de Monaco. Les leaders se sont succédé tout au long des spéciales. Ou plutôt, jusqu'à la 7e. Car c'est là que celui qu'on pourrait aisément surnommer "Monsieur Monte-Carlo" a pris les rênes de la courses. Pour ne plus les lâcher. Avant ça ? 

Ogier S Ingrassia J  Fra  Citroen C3  Wrc N 1 Rmc 2019  Oc  019

Un chassé-croisé entre Ott Tanak, très offensif, et Thierry Neuville. Le Belge de chez Hyundai, à bord de sa i20WRC, a fait un quasi sans-faute entre le Champsaur et la Principauté. Un quasi, car il en a tout de même commis une petite. Lors de l'ES6 (Valdrome-Sigottier), où Neuville a perdu une quinzaine de secondes. S'il a par la suite réussi à combler son retard, revenant ainsi à 4 dixièmes avant la Power Stage, le Belge n'a pas été en mesure de surclasser Ogier, ce dernier terminant avec 2 secondes et 2 dixièmes d'avance. 

Soit le plus petit écart de l'histoire du Rallye Monte-Carlo (auparavant, 6 secondes entre Darniche et Waldegaard en 1979, pour les éditions en championnat du monde). De quoi, également, lui offrir la victoire sur une 4e voiture différente (deuxième pilote à réussir cela après Walter Röhrl). La lutte entre les deux hommes promet ainsi d'être incroyable tout au long de la saison. Une lutte qui verra aussi Ott Tanak venir jouer les trouble-fête. Auteur de 7 temps scratch sur l'ensemble du rallye, l'Estonien s'est montré très rapide, même s'il termine finalement à plus de 2 minutes des deux premiers.  

Loeb-Elena, presque dans le bon tempo

Le 87e Monte-Carlo marquait aussi le retour de Sébastien Loeb et Daniel Elena, absents depuis 2015. Ils roulaient, à l'époque, encore pour Citroën et avaient tapé un rocher, les empêchant de jouer la gagne jusqu'au bout (8e place finale). Cette année, nouvel équipement, nouvelle équipe pour l'infatigable duo. Le Rallye Monte-Carlo marquait effectivement leurs débuts officiels chez Hyundai. Une nouvelle voiture qu'ils n'ont découvert qu'à quelques heures du rallye, les deux comparses étant sur le Dakar auparavant (3e place finale). Après une petite journée d'essais et le temps des reconnaissances, les voilà donc repartis sur les routes du WRC (pour six manches au moins). 

Loeb S Elena D  Fra Mco  Hyundai I20 Wrc N 19 Rmc 2019  Oc  016

Et, comme nous l'a confié Daniel Elena, le podium aurait pu être jouable. "On a été trop défensifs avec notre choix de pneus pour jeudi soir, mais de nuit, avec une nouvelle voiture, dans ces conditions, il ne fallait pas non plus prendre trop de risques." Dommage, car le podium était à portée de pédale, dimanche. Loeb et Elena y ont d'ailleurs été jusqu'à dimanche matin, mais Ott Tanak était trop rapide. Quatrièmes pour leur retour à la maison, le résultat est plus que positif. "Le but est de faire marquer des points à Hyundai pour le championnat du monde constructeur, et ce que je retiens, c'est qu'ils leaders après ce premier rallye de l'année", glissait malicieusement Daniel Elena avant d'aller prendre un peu de repos bien mérité.

2019, année de nouveautés

Un rallye ultra serré, des retours, l'édition 2019 du Monte-Carl' a aussi eu son lot de nouveautés. A commencer par le parcours, renouvelé à plus de 40% par rapport à l'an dernier. Un parcours qui avait pour point de départ Gap, contrairement aux années précédentes où cela se faisait depuis la place du Casino à Monaco. Mais les fans de la Principauté ont tout de même eu le plaisir de vivre l'arrivée chez eux, sur le port (au lieu de la place du Palais les autres années). 

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Tout comme ils avaient pu suivre le départ depuis des écrans géants, situés justement sur le lieu même qui allait accueillir l'arrivée 4 jours plus tard. Petite surprise pour les pilotes, les deux premières spéciales de cette édition (ES1 : La Bréole - Sélonnet; ES2 : Avançon-Notre-Dame du Laus) étaient 100% inédites. Malgré ces quelques nouveautés, l'issue, elle, n'a pas changé, avec un Sébastien qui gagne à la fin. Et permet ainsi à Ogier (1 victoire en IRC, 6 en WRC) de se rapprocher du record de Loeb (7 victoires en WRC).

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