85e Rallye Monte-Carlo : Ogier en patron

Un rallye et des hommes

A l'image de ceux que l'on peut voir en bord de piste pendant le Grand Prix de Monaco, les commissaires de l'ACM officient également sur le Rallye Monte-Carlo. De leur formation à la mise en application des consignes, voici leurs missions.

Plusieurs corps de personnels sont présents sur une spéciale. Outre les commissaires de route, il y a également des membres de la commission technique, des commissaires de sécurité du public, aussi appelés "hommes en jaune", ainsi que des gendarmes, pompiers, médecins. Une vraie armada qui regroupe environ 300 personnes par spéciale, comme nous le confiait Jean-Luc Vieilleville, responsable sécurité sur le rallye. C'est d'ailleurs lui qui a le pouvoir d'annuler une spéciale s'il estime que toutes les conditions de sécurité ne sont pas réunies, ce qu'il a fait sur l'ES16 cette année. 

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Car la sécurité est l'un des points les plus importants sur la course. Cela commence dès la période de reconnaissance du parcours, plus de 6 mois avant le début de l'épreuve. Une équipe de permanents de l'ACM part ainsi sur les routes afin de définir les spéciales qui seront proposées aux concurrents. Et c'est lors de ces passages routiers que Jean-Luc Vieilleville, en accord avec Christian Tornatore, directeur de l'épreuve, et des membres de la FIA, définissent les endroits considérés comme à risque afin d'y placer ces fameux "hommes en jaune". Ces reconnaissances axées sur la sécurité ont lieu lors de la deuxième quinzaine de septembre. C'est aussi lors de ces périodes que sont définies les zones pour le public, pour les photographes, celles qui seront interdites car considérées comme trop dangereuses ainsi que les moyens humains nécessaires.

Formation et séminaires

Si les responsables sont au courant des choses, il est nécessaire d'assurer une formation à tous ces commissaires. C'est en ce sens que l'ACM organise le CRIC (Circuit Routier d'Instruction des Commissaires) en décembre. Le CRIC, c'est une sorte de répétition grandeur nature de ce qui attend les commissaires de route sur le rallye. Ils vont ainsi pouvoir reprendre leurs automatismes en matière de chronométrage et de sécurité. Le matin était dédié au WRC tandis que l'après-midi de ce dimanche 4 décembre était dévolue au versant "Historique" du rallye. Le top départ avait lieu à 10 h 30, après un point théorique. "C'est important d'en repasser par là", explique Jean-Luc Vieilleville. 

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Avec son acolyte Claude Pellero, nous suivons la matinée de formation dans la voiture estampillée "DC", à savoir direction de course, comme lors de l'épreuve officielle. Le rôle de la DC est de partir sur la piste afin de contrôler que toutes les normes de sécurité sont respectées et que la spéciale peut se dérouler. Elle est suivie des voitures 000, 00 et 0. Cette dernière la fait en conditions de course (pilote et co-pilote casqués et en combinaison). Ces quatre voitures sont les dernières à s'élancer avant les concurrents. 

Lors du tracé réalisé pour l'occasion, tous les postes avaient été recréés entre Monaco et Èze. Pointage du temps avant le départ et à l'arrivée, remplir les carnets de route, arrivée lancé et point stop, tout y était pour que les commissaires de route se remettent dans le bain un mois et demi avant l'épreuve. Si tous ont eu leur répétition grandeur nature, les "hommes en jaune" ont eu eux aussi droit à leur "grand-messe" sécuritaire. Un premier séminaire qui réunissait les chefs et sous-chefs de poste du groupe sécurité du public, en présence de Jacques Berger, directeur sécurité FIA et Michèle Mouton, responsable sécurité sur le WRC. Toutes les règles en la matière ont ainsi été rappelées. Un film leur a également a été projeté sur les choses que l'organisation voulait ou ne voulait pas voir, leur attitude à avoir avec les spectateurs et journalistes. Quelques jours plus tard, une deuxième session a eu lieu, avec tous les commissaires de sécurité du public.

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De la théorie à la réalité

Placés tout au long de la spéciale, qu'ils soient en rouge ou en jaune, voire pour certains en bleu, et parfois même en vert, les commissaires, ou "Marshalls", comme ils sont appelés en anglais dans le cahier des charges édité par la FIA, assurent le bon déroulement du rallye. Et ce de jour comme de nuit. Diplomates, ils veillent aussi au bon placement de chacun, comme avec les spectateurs qui prennent un peu trop leur temps, à l'image du shakedown (séance de mise au point), où certains avaient très envie de rester au plus près du point de départ. Mais aussi avec les médias, qui ne sont pas toujours les plus faciles à gérer. 

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A la marque pour les chronos, au point stop pour faire arrêter le pilote avant son départ, au contrôle des pneus et équipement pour la commission technique, au départ comme à l'arrivée, mais aussi en amont, pour installer les spéciales, tous ces bénévoles passionnés font ce qu'est le rallye. Une épreuve difficile, belle et surtout très humaine. Et dès lors qu'un problème ou un drame survient, comme cela a pu être le cas cette année, cela ne récompense réellement pas les efforts faits par ces hommes et ces femmes qui donnent de leur temps pour un sport qu'ils ont en passion. Car ils sont bel et bien des passionnés, qui œuvrent eux aussi, pour leur discipline. 

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Photos

Le rallye et ses hommes en chiffres

120 agents de police de Monaco
115 policiers en France
1 018 gendarmes
740 pompiers
155 commissaires de route et encadrement
290 commissaires de sécurité du public
38 commissaires de parc
9 inters de sécurité et 22 commissaires radio
22 médecins réanimateurs et 14 infirmiers
1 directeur de la sécurité
1 directeur technique
3 directeurs d'épreuves spéciales
6 chefs adjoints de la sécurité
20 personnes
pour l'implantation des spéciales