Les voyants au vert pour le eRallye

Le 3e eRallye Monte-Carlo s'est tenu du 24 au 28 octobre. Une édition débutée à Nevers et achevée sur les hauteurs monégasques qui a vu la victoire d'un pilote habitué de l'épreuve, Alexandre Stricher, accompagné cette année de Hugo Lara.

Nous progressons chaque année, mais ce n'est jamais terminé. C'est aussi ça l'Automobile Club de Monaco. Nous créons et nous essayons d'améliorer les choses." Christian Tornatore, Commissaire général de l'ACM, sait de quoi il parle. Et en matière de compétitions automobiles, le club aussi. Le 28 octobre, c'est autour d'un repas convivial que s'est achevée la troisième édition du eRallye Monte-Carlo. 

38 Stricher A Lara H Toyota Mirai E Rmc 2018  Acm Jl  30

Une édition remportée par Alexandre Stricher et Hugo Lara mais qui a vu le couronnement de Didier Malga et Anne-Valérie Bonnel (2e sur l'étape monégasque), vainqueurs de la Coupe eRallye de régularité du Championnat électrique et nouvelle énergie de la Fédération Internationale de l'Automobile (FIA). Une édition où les nouveautés ont été au programme, et où la difficulté a été revue à la hausse. 

Un parcours renouvelé

Christian Tornatore nous le confiait l'an dernier, alors que l'ultime étape n'avait pas encore rendu son verdict, "on sait que les concurrents sont bons, leur matériel aussi, donc ça nous conforte dans l'idée de durcir le rallye." Et visiblement, le directeur de l'épreuve a tenu parole pour la version 2018. "On a un peu raccourci le parcours cette année, mais on l'a durci, parce qu'on l'a concentré. Il était peut-être un peu plus sélectif que lors des précédentes éditions, il a beaucoup intéressé les concurrents et de fait, il a permis de voir ressortir les habitués de la régularité. Car chez nous, il y a ceux qui sont habitués et ceux qui découvrent.

5 Moson P Delran J  Fra  Bmw I3 R Rmc 2018  Acm Jl  40

Une remarque qui se vérifie aisément si l'on jette un œil au classement. Les vainqueurs de cette année, comme les deux autres équipages qui complètent le podium, dont Jacques et Serge Pastor (3es) ont déjà tous quelques heures de régularité au compteur. Et une expérience sur le Monte-Carlo, puisque huit équipages du top 10 étaient déjà là l'an dernier, certains étant même de la première édition en 2016. Et ceux-là ont dû trouver du changement, puisque, dès le départ, la donne a évolué. Exit le château de Fontainebleau, bonjour le Palais Ducal de Nevers. En s'élançant depuis la Nièvre le 24 à 14 h 30 précises, pour la première voiture, les concurrents ont ensuite rejoint le célèbre circuit de Magny-Cours, pour une zone de régularité (ZR) sur circuit. 

2 Malga D Bonnel Av  Fra  Tesla S E Rmc 2018  Acm Jl  3

Parmi les départements traversés, les équipages ont vogué, entre autres, à travers la Drôme, mais aussi les Hautes-Alpes, avec une nuit passée à Laragne-Montéglin, qui a accueilli pour la première fois le parc fermé, et constituait l'ultime stop avant de rejoindre la Principauté et sa nuit du Turini. Malgré les petites surprises réservées sur la route (quelques ZR tirées du rallye WRC et de l'historique), les concurrents ont su se montrer performants. Si leurs qualités ne sont pas remises en cause, l'apport technologique, important, les aide grandement. Et pourrait bien être revu à l'avenir. 

3 Mlynaczyck F Marques C  Fra  Jaguar I Pace E Rmc 2018  Acm Jl  3

"On va peut-être supprimer les aides à la conduite, comme ce sera le cas sur le rallye historique. On voit dès la première épreuve les concurrents se positionner les uns par rapport aux autres. Ça vient du matériel, mais aussi de l'expérience. Ce qui fait qu'on se pose la question de savoir si on va continuer d'autoriser tout service ajouté dans la voiture. Parce que c'est trop facile, dans le sens où il leur suffit de suivre une cadence, grâce à un cadenceur, et il n'y a plus cette interaction copilote / pilote, remplacée par l'interaction machine / copilote. Avec les appareils connectés, c'est compliqué à gérer. Mais si on veut une uniformité au départ, il faudrait supprimer toute aide à la conduite et au copilotage", détaille Christian Tornatore.

Pas de révolution majeure à venir

Malgré ce constat, qui pourrait donc amener quelques modifications à venir dans la réglementation, le eRallye Monte-Carlo ne devrait pas connaître de profonds bouleversements l'année prochaine. "On doit rester dans le même schéma, le seul problème c'est la mise en place des parcs de recharge. Il faut pouvoir recharger 45-50 voitures en simultané. Il faut qu'on construise à chaque fois ce parc de recharge. C'est du temps, de la main d'œuvre, beaucoup de matériel à transporter, puis le démonter pour le remonter ensuite. Le camion hydrogène peut recharger 8 voitures, on est donc limité quelque part.

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Une contrainte technique qui a cependant été en partie compensée grâce au réseau "eborn", un total de 400 bornes de recharges pour véhicules électriques et hybrides et né de l'association des syndicats d'énergie du Sud-Est (Ardèche, Drôme, Isère, Haute-Savoie et Hautes-Alpes). "On a aussi progressé grâce à eux, c'est un plus supplémentaire, mais ce n'est jamais fini et on cherche toujours à faire mieux." Malgré ces contraintes, le nombre de concurrents a une nouvelle fois augmenté (40 au départ, contre 37 l'an dernier) et aurait pu être plus important, comme l'explique le Commissaire général de l'ACM. 

4 Prusak A Benchetrit T  Pol Fra  Toyota Mirai Ermc 2018  Acm Jl  03

"On est en augmentation sur la participation, donc c'est bon signe. On aurait dû en avoir plus mais l'administration française en a décidé autrement car ils mettent beaucoup de temps à homologuer la Honda hydrogène. Mais cela montre que les constructeurs s'intéressent aux voitures propres." Autant dire que le eRallye a encore de belles heures devant lui.

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