Gilles Panizzi sur deux roues

Vous n'avez jamais eu l'occasion de vous préparer sur d'autres surfaces ?

Pas trop. A l’époque, le championnat de France se courait uniquement sur l’asphalte. Et quand j’étais pilote d’usine chez Peugeot, et que je demandais à rouler sur terre, ils ne voulaient pas. Ils me disaient : "Toi, t’es bon pour l’asphalte…" Je l’ai un peu regretté sur le moment mais c’est comme ça.

Avec le recul, que pensez-vous de votre carrière ? 

Je pense que je ne me suis pas trompé en partant avec Peugeot. Sauf que s’ils m’avaient exploité comme Citroën l’a fait avec Loeb, peut être que sur la terre, j’aurais été plus rapide tout de suite. Et j’aurais pu défendre mes chances en championnat du monde. 
Alors que là, Peugeot, m'a vraiment utilisé, notamment pour développer toutes les voitures de la marque, parce que les ingénieurs aimaient travailler avec moi. J’ai souffert de ça. Mais bon c’est du passé, je ne retiens que les bonnes choses. J’étais content de bosser pour cette marque, j’ai vraiment tout fait avec eux et toutes ces victoires, on se les doit mutuellement. 

Participer au développement d'un modèle, ce doit être passionnant…

Oui, j’ai développé à 80 % la Peugeot 207 Super 2000. A partir de 2006, elle a fait un carton dans cette catégorie. Aujourd'hui, la 207 continue à gagner, même contre des voitures plus récentes comme les Skoda Fabia, Fiat Punto ou Ford Fiesta. J’ai aussi participé pendant quatre semaines au lancement mondial de la 208 GTI version client. Si Peugeot a besoin de moi pour développer la 208 R5 (remplaçante de la 207) en course, je serais là…

Aujourd'hui, on peut encore trouver les images de votre "360" sur le rallye de Catalogne, en 2002. Qu'est-ce qu'il vous a pris ce jour-là ?

C’est très anecdotique, mais tout le monde en a parlé parce que jamais personne n’avait fait ça auparavant. J'étais passé très tôt le matin et j'avais vu des milliers de spectateurs se peler sous des couvertures. 
Je voulais faire un truc pour eux ! J’avais suffisamment d’avance pour me permettre un 360 (une rotation de sa voiture à 360 degrés) et un petit coucou. C’est vrai que ça a marqué les esprits. C’était juste un petit signe amical pour tous les gens qui sont sur le bord de la route.

Pour conclure, que pensez-vous de l’évolution du championnat du monde des rallyes (WRC) ?

Il n’a pas été dans le sens que tout le monde espérait. Aujourd’hui le rallye est de plus en plus dur. Il y a des directions qui ont été prises qui n'ont pas été franchement bonnes. Imposer des pneus uniques par exemple, ça a enlevé du piment aux courses. Au début tout le monde a travaillé pour baisser les coûts mais je me demande si ça a marché… 
Loeb et Citroën ont trusté les podiums pendant presque dix ans et malgré ça il faut scruter les petites colonnes des journaux sportifs et être abonné à des chaînes payantes pour suivre les courses.


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