Gilles Panizzi sur deux roues

Gilles Panizzi, c’est sept victoires en championnat du monde des rallyes, deux titres de champion de France et vingt-deux ans de carrière dont une grosse moitié passée au plus haut niveau chez Peugeot. Retiré depuis plusieurs années, l'ancien pilote a récemment ouvert une boutique de vélos en principauté. C'est là que nous l'avons rencontré pour parler… deux et quatre roues.

Vous êtes natif de Roquebrune Cap-Martin et résident Monégasque, on vous sent attaché à cette région…

Je suis toujours parti pour mon devoir professionnel, j’ai eu la chance de voyager aux quatre coins du monde, de découvrir des endroits magnifiques. Mais quand je reviens chez moi, je suis heureux de retrouver ma région. C’est trop beau ici, tu as la mer, le soleil, les montagnes…

Vous avez couru votre dernier rallye en 2008. Comment avez-vous géré l'après-carrière ?

Une carrière sportive, c’est un monde de rêve, tu es sur ton petit nuage. Des gens réfléchissent et travaillent pour toi dans l’ombre. Tu vas dans les plus beaux hôtels, tu conduis une voiture de course, tu as de grosses sensations, tu es adulé… Pour être honnête, c’était très difficile au début. Quand tu arrêtes, il te manque quelque chose, il te manque l’adrénaline. Pendant un an, un an et demi, tout ce que je faisais avait un goût amer. Je me suis réfugié dans d’autres sports, j'ai fait du vélo, du golf.

Depuis quelques mois, vous semblez être passé à autre chose. Comment avez-vous eu l'idée d'ouvrir un magasin de cycles ?

Je prends des décisions assez rapidement, mais toujours mûrement réfléchies. Ouvrir un magasin de vélo, ça faisait un petit moment que j’y pensais. Aujourd’hui, je continue à vivre mon rêve. Parce que le vélo, c’est comme l’automobile, c’est une passion.
Je ne voulais pas ouvrir un magasin pour me dire : "Je mets des vélos dedans et basta…" Ce magasin, je l’ai imaginé. Je le fais à ma façon, à mon image, je présente mes produits comme dans un showroom parce que j’estime que c’est une belle discipline.

Et le rallye, les gens vous en parlent encore ?

Oui oui, mais ça ne me dérange pas. Ce que j’ai fait hier, ça a été un rêve pendant 22 ans de ma vie. Et si je devais avoir une autre vie, j’essaierais de refaire la même chose. Je pourrais en parler tout l’après-midi !

Eh bien allons-y… Comment êtes-vous venu au rallye ?

Quand j’allais à l’école, cartable sur le dos, je croisais Jean-Pierre Nicolas qui passait en Alpine devant moi. Je voyais ce machin débouler en direction du Turini, de la Madone… Ça me faisait tourner la tête. Avant, les rallyes, c’était vraiment une mode...
Dans la région, il ne se passait pas deux mois sans qu’on ait une course. Je me déplaçais à droite à gauche, sur le San Remo, le Tour de Corse, le Grasse Alpin, le rallye d’Antibes. J'ai vite pris le virus !

Vous étiez le seul à avoir votre frère pour copilote. Comment cela se passait sur les routes entre vous ?

Se connaître comme deux frères, ça aide forcément dans certaines situations. Nous étions complémentaires, chacun connaissait son travail dans la voiture. Hervé arrivait à percevoir mon état d’esprit et donc mon rythme dans les spéciales. Il savait me calmer ou m’encourager.

On vous appelait le "Tarmac Master". Pouvez-vous nous en dire plus sur l'origine de ce surnom ?

J’ai appris à conduire sur le goudron. Derrière chez moi, 95% des routes sont asphaltées, on n’a pas de pistes, on n’a pas de terre. Les Scandinaves, eux sont bons sur la glace et la terre. Quatre ou cinq mois dans l'année, ils ont de la neige. Et quand elle fond, en dessous c’est de la terre. Lorsqu’ils viennent faire le Tour de Corse, le rallye aux 10 000 virages, ils ne comprennent pas comment on fait pour aller si vite sur ces routes hyper agressives.

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